tageblatt, 31/10/2007:
Le démantèlement des installations nucléaires nord-coréennes marquera le début du renoncement total de Pyongyang à ses ambitions atomiques, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie sud-coréenne. "C'est la première étape vers l'abandon du nucléaire par la Corée du Nord", a déclaré Song Min-Soon à des journalistes. "Une fois le démantèlement accompli, il faudrait à la Corée du Nord un temps considérable pour faire redémarrer ses installations", a-t-il ajouté. "Quand vous envoyez une voiture à la casse, il faut d'abord l'arrêter, couper le moteur et ensuite en retirer les matières les plus dangereuses avant la désosser", a ajouté M. Song. Le début du démantèlement pourrait intervenir dès jeudi, date d'arrivée prévue en Corée du Nord d'une équipe américaine d'experts, avait affirmé lundi une source officielle sud-coréenne. Le 13 février à Pékin, à l'issue de pourparlers multilatéraux, Pyongyang s'était engagé à désactiver son complexe nucléaire de Yongbyon. Epine dorsale du programme nucléaire militaire du Nord où est traité le plutonium, Yongbyon a effectivement été désactivé fin juillet, mais les partenaires de la Corée du Nord (Corée du Sud, Chine, Etats-Unis, Japon, Russie) souhaitent maintenant s'assurer de son démantèlement complet et vérifiable. Aux termes d'un autre accord obtenu fin septembre lors d'une nouvelle session de négociations à Pékin, le gouvernement nord-coréen s'est engagé à démanteler d'ici au 31 décembre les trois installations de Yongbyon, dont un réacteur expérimental de cinq mégawatts, et à fournir une liste complète de son programme atomique. Les Etats-Unis doivent diriger ces activités de démantèlement et les financer en partie. Pyongyang, qui a fait exploser sa première bombe atomique en octobre 2006, recevra en contrepartie une aide énergétique équivalant à un million de tonnes de fioul, dont quelque 100.000 tonnes ont déjà été livrées par la Corée du Sud et la Chine.
TOKYO (1/10/07) -
La Corée du Nord pourrait démanteler ses installations
nucléaires avant la fin de cette année en vertu
d'un projet d'accord conçu dans le cadre des négociations
à six sur son programme nucléaire, rapportent lundi
des médias japonais. Ces pourparlers entre les deux Corées,
les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie ont pris fin dimanche
pour laisser le temps aux négociateurs de mettre au point
avec leurs gouvernements un communiqué commun contenant
des indications sur la prochaine phase du plan de dénucléarisation.
En vertu du projet d'accord, la Corée du Nord démantèlerait
trois installations de son complexe nucléaire de Yongbyon
et déclarerait ses programmes nucléaires - notamment
ses projets d'enrichissement de l'uranium - avant la fin de l'année,
rapportent des journaux. La demande de la Corée du Nord,
qui souhaite être retirée de la liste noire américaine
des pays soutenant le terrorisme, est également mentionnée
dans le document sans calendrier précis, précisent
les journaux. Wu Dawei, le chef de la délégation
chinoise, a fait savoir dimanche que les pourparlers seraient
suspendus pendant deux jours mais qu'après ce délai
le document devrait être rendu public.
PEKIN (30 septembre 2007) - Les pourparlers à six sur le nucléaire
nord-coréen se sont achevés dimanche sans l'accord
attendu, les délégations choisissant plutôt
d'envoyer pour approbation à leurs gouvernements respectifs
un projet d'accord sur la fermeture des programmes nucléaires
de Pyongyang.
Les quatre jours de pourparlers à six (Chine, Etats-Unis,
Russie, Japon et les deux Corée), entamés dans l'optimisme
après l'annonce par la Corée du Nord qu'elle acceptait
de démanteler ses programmes d'ici la fin de l'année,
auraient notamment dû déboucher sur la définition
des étapes du plan d'action en vu de ce démantèlement.
Mais les délégués ont suspendu les pourparlers,
la Chine, pays hôte, expliquant que les discussions pourraient
reprendre dans 48 heures, en fonction des décisions des
gouvernements sur le projet de texte.
Ce dernier "met au point un plan d'action en étapes
jusqu'à la fin de l'année", a précisé
le Secrétaire d'Etat adjoint Christopher Hill avant de
repartir pour New York. Selon lui, la précision dans les
détails mis sur la table rendaient nécessaire son
retour à Washington pour consultations.
Malgré l'absence d'accord définitif pour le moment,
les délégués ont parlé d'avancée,
le négociateur sud-coréen Chun Yung-woo saluant
"l'esprit de compromis" des parties et "en particulier,
la Corée du Nord qui a fait beaucoup de concessions".
Pyongyang a notamment réitéré son engagement
à avoir démantelé ses programmes nucélaires
d'ici le 31 décembre, et accepté qu'aucune contrepartie
en aide ne soit livrée d'ici là, a précisé
Chun.
Le Monde, 29/6/07:
Les inspecteurs de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) se sont déclarés,
vendredi 29 juin, "satisfaits" de leur visite
à Yongbyong, le principal complexe nucléaire nord-coréen
en opération. Le directeur général adjoint
de l'AIEA et chef de la délégation, Olli Heinonen,
a indiqué que les inspecteurs avaient été
autorisés à visiter "tous les endroits"
du site de Yongbyon qu'"ils voulaient voir" et
a qualifié d'"excellente" la coopération
de la Corée du Nord.
"Nous sommes allés à l'usine de fabrication
de combustible, au laboratoire radiochimique ce qu'ils appellent
l'usine de retraitement , puis au réacteur de 50 mégawatts
en construction et enfin au réacteur de 5 mégawatts",
a détaillé M. Heinonen. Ces installations
"sont en fonctionnement. Nous n'en sommes pas encore au
point de la fermeture, cela reste encore à venir".
LA VISITE DE L'AIEA : UN PREMIER PAS
Invités par le régime communiste, afin de discuter
de la fermeture du réacteur de Yongbyong qui produit du
plutonium, cette visite des inspecteurs de l'AIEA constitue le
premier déplacement en Corée du Nord de l'AIEA depuis
décembre 2002, date à laquelle ils avaient été
expulsés par les autorités de Pyongyang.
Le réacteur de Yonbgyong, qui date de l'ère soviétique,
doit, dans un premier temps, être fermé, puis être
complètement désactivé en même temps
que l'ensemble des programmes nucléaires du Nord, conformément
à l'accord multilatéral, signé le 13 février
à Pékin, par lequel la Corée du Nord s'est
engagée à se dénucléariser.
PEKIN (26 juin 2007) -
Des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) sont arrivés mardi en Corée du Nord,
après près de cinq ans d'absence, pour discuter
de la fermeture du principal complexe nucléaire du pays
communiste, première étape d'un accord sur sa dénucléarisation,
a rapporté l'agence Chine Nouvelle.
La délégation de l'AIEA est arrivée à
Pyongyang, indique une courte dépêche de Chine Nouvelle
datée de la capitale nord-coréenne.
La visite de l'AIEA constitue le premier déplacement d'inspecteurs
depuis décembre 2002, date à laquelle ils avaient
été chassés par Pyongyang.
Les inspecteurs ont été invités par le régime
communiste afin de discuter de la fermeture de son principal complexe
nucléaire, celui de Yongbyon (nord). Cette mesure représente
la première étape d'un accord multilatéral
signé le 13 février à Pékin par lequel
la Corée du Nord s'est engagée à se dénucléariser.
Pyongyang a réitéré lundi son engagement
à mettre en oeuvre cet accord en vertu duquel elle s'engage
à démanteler son programme contre une aide énergétique
et la perspective d'une normalisation des relations avec les Etats-Unis.
Autre signe de détente, le gouvernement sud-coréen
a annoncé mardi la reprise de ses livraisons de riz à
sa voisine du Nord, gelées depuis près un an dans
l'attente du respect par Pyongyang d'un accord sur sa dénucléarisation.
"La première livraison de 3.000 tonnes de riz partira
samedi en direction de du port nord-coréen de Nampo",
a déclaré à des journalistes le ministre
sud-coréen de l'Unification Lee Jae-Joung.
Au total, la Corée du Sud s'est engagée à
fournir 400.000 tonnes de riz d'une valeur de 152 millions de
dollars.
La dictature nord-coréenne, à l'économie
exsangue, repose en grande partie sur l'aide alimentaire, de Pékin
et de Séoul en premier lieu, pour nourrir ses 23 millions
d'habitants. L'ONU évalue à environ un cinquième
de ses besoins le déficit alimentaire de la Corée
du Nord pour cette année.
Séoul avait suspendu ses livraisons annuelles de riz après
les tirs d'essai de missiles nord-coréens en juillet 2006.
Le régime communiste avait également procédé
à son premier essai nucléaire le 9 octobre 2006.
Depuis, la Corée du Sud posait comme condition à
la reprise de l'aide régulière le respect par le
Nord de ses engagements à se dénucléariser,
pris le 13 février à l'issue de pourparlers multilatéraux
à Pékin.
14 avr 2007- La crise entourant le programme nucléaire nord-coréen semble bien loin d'être résolue. Pyongyang a en effet laissé expirer un premier délai qui lui était imparti pour entamer le démantèlement de son programme nucléaire. Selon un accord conclu à six (les deux Corées, les États-Unis, le Japon, la Russie et la Chine) le 13 février dernier à Pékin, la Corée du Nord devait fermer son réacteur nucléaire de Yongbyon dans les 60 jours. Le délai venant à échéance le 14 avril à minuit. Pour démanteler son réacteur, Pyongyang exigeait au préalable le déblocage de 25 millions d'avoirs qui avaient été gelés à la Banco Delta Asia de Macao. Les États-Unis avaient bloqué ces fonds en 2005 en raison de soupçons de blanchiment d'argent à l'égard du régime communiste. Devant l'expiration du délai, les États-Unis ont immédiatement réagi. Ils ont exhorté Pyongyang à « demander immédiatement » la venue d'inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique et d'entamer la fermeture de son site. En ce qui concerne les 25 millions d'avoirs bloqués, les États-Unis assurent qu'ils sont désormais disponibles et qu'il revient simplement à Pyongyang d'agir de bonne foi pour y avoir accès. Selon le négociateur américain sur le nucléaire, Christopher Hill, Pyongyang doit faire davantage d'efforts afin de parvenir à résoudre le conflit et la première étape commence par le démantèlement de son réacteur de Yongbyon. La Chine a quant à elle voulu se faire plus rassurante. Samedi, les autorités chinoises ont affirmé que la fermeture du site nucléaire n'était qu'une question de jours, tout au plus. Les responsables américains ont indiqué être prêts à accorder un délai supplémentaire de quelques jours à Pyongyang, mais ont pris soin de préciser que leur patience avait des limites et que le régime de Kim Jong-Il devait se montrer beaucoup plus coopératif. M. Hill a ajouté que si le réacteur était fermé et que des inspecteurs de l'ONU étaient invités à contrôler les installations, les négociations à six pourraient reprendre avant la fin du mois. Les deux Corées, les États-Unis, la Chine, le Japon et la Russie discutent du programme nucléaire de Pyongyang depuis 2003. Les derniers pourparlers se sont déroulés le mois dernier. Ils ont débouché sur une impasse en raison du blocage sur les fonds gelés à Macao.
Radio-Canada, 11/4/07:
Pyongyang affirme qu'elle prendra des mesures
pour fermer son principal réacteur nucléaire dans
les 24 heures suivant le moment où elle recevra les fonds
qui ont été bloqués pendant 18 mois dans
une banque de Macao.
C'est ce qu'a déclaré aux journalistes un responsable
américain de retour de Corée du Nord. Le gouverneur
du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, a toutefois précisé
qu'il serait très difficile de respecter le délai
de deux mois, qui expire samedi, pour commencer à mettre
le réacteur hors service.
En février, Pyongyang avait posé comme condition
préalable à la fermeture de Yongbyon le déblocage
de 25 millions, gelés dans la Banco Delta Asia à
Macao, à la suite d'accusations de blanchiment d'argent
lancées par les États-Unis.
Selon M. Richardson, la prochaine étape sera la notification
par la banque que les fonds peuvent être récupérés
par leur propriétaire, ce qui devrait se faire au plus
tard jeudi. Par la suite, dès vendredi donc, Pyongyang
pourrait inviter les inspecteurs de l'AIEA. « Sous
24 heures, a-t-il ajouté, la Corée du Nord invitera
donc l'Agence internationale de l'énergie atomique à
Pyongyang et les inspecteurs à déterminer le processus
de fermeture du réacteur de Yongbyon. »
Rappelons que les inspecteurs de l'AIEA avaient été
expulsés de Corée du Nord en 2002. Leur retour s'inscrit
dans le cadre de l'accord du 13 février, aux termes duquel
la Corée du Nord s'est engagée à renoncer
à ses programmes militaires nucléaires en échange
d'une importante aide.
De son côté, le négociateur américain
Christopher Hill, en visite à Séoul, a estimé
que la balle était maintenant dans le camp de la dictature
communiste.
Le Figaro, 22 mars 2007:
Le négociateur nord-coréen
a claqué la porte ce matin. Les Etats-Unis assurent que
la discussion n'est pas interrompue.
Après quatre jours d'impasse, les pourparlers multipartites
sur la dénucléarisation de la Corée du Nord
ont à nouveau déraillé. «Les parties
sont convenues de la suspension et reprendront les discussions
à la première occasion pour continuer à discuter
et à formuler un plan d'action pour la prochaine phase»,
indique un communiqué diffusé par Pékin,
hôte des pourparlers. De son côté, le négociateur
américain, Christopher Hill s'est voulu rassurant. «Nous
sommes fermement convaincus que nous progressons comme prévu
par rapport au calendrier des deux mois», a affirmé
le représentant américain.
Transfert dans les jours à venir
Malgré les avancées que laissait présager
cette session ouverte depuis lundi, les négociations ont
achoppé sur le dossier des 25 millions de dollars de fonds
nord-coréens détenus par la Banco Delta Asia (BDA)
à Macao et qui avaient été gelés par
les Etats-Unis, dans le cadre de sanctions financières.
La semaine dernière, le Trésor américain
avait pourtant fait un premier pas en ouvrant la voie à
la levée de ces sanctions, conformément à
l'accord du 13 février en vertu duquel Pyongyang doit recevoir
une assistance économique et énergétique
en l'échange du début du démantèlement
de son programme nucléaire.
Mais le transfert des fonds semblant connaître des
difficultés, le négociateur nord-coréen Kim
Kye Gwan a refusé de participer aux sessions plénières
tant que Pyongyang n'a pas reçu comme promis ses 25 millions
de dollars. Il a donc décidé de faire ses valises
et de quitter Pékin. Christopher Hill a assuré que
le transfert des fonds serait effectué dans les jours à
venir.
Libération, 14 mars 2007:
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradeï, estime que Pyongyang est disposé à appliquer l'accord de désarmement nucléaire conclu le 13 février. Washington a ouvert la voie à la levée des sanctions financières.
Le régime nord coréen a assuré
être "totalement engagé" par l'accord sur
la fermeture de ses installations nucléaires, a indiqué
mercredi le numéro un de l'Agence de l'énergie atomique
des Nations unies, Mohamed ElBaradei, à l'issue de sa première
visite en Corée du Nord.
Cette première visite de Mohamed ElBaradei depuis sa nomination
à la tête de l'agence, en 1997, faisait suite à
l'accord conclu le 13 février à Pékin entre
la Corée du Nord d'une part, la Chine, le Japon, la Corée
du Sud, la Russie et les Etats-Unis d'autre part, par lequel Pyongyang
s'engage à fermer ses installations nucléaires en
échange de livraisons de fioul lourd, et accepte le principe
du retour des inspecteurs de l'AIEA expulsés en 2002.
"La Corée du Nord a mentionné qu'ils attendaient
la levée des sanctions concernant la Banque de Macao pour
mettre en oeuvre leur promesse de permettre aux inspecteurs de
contrôler et vérifier la fermeture de l'installation
de Yongbyon", a également déclaré Elbaradei
aux journalistes lors d'une conférence de presse dans un
grand hôtel de la capitale chinoise.
Le site de Yongbyon, à 90 km environ de la capitale Pyongyang,
est responsable du traitement du plutonium en vue de la fabrication
des armes atomiques du Nord.
Dans la foulée, Washington a ouvert mercredi la voie
à la levée de sanctions financières visant
la Corée du Nord. Le Trésor américain a pris
des mesures en apparence sévères envers des fonds
nord-coréens gelés dans une banque de Macao, la
Banco Delta Asia (BDA), mais qui permettront in fine aux Nord-Coréens
de récupérer une partie des avoirs.
Il reste un mois à toutes les parties pour la mise en oeuvre
de leurs engagements.
PEKIN (13 février 2007) - La Corée du Nord s'est engagée mardi à commencer à démanteler son arsenal atomique, notamment son principal réacteur nucléaire, en échange d'une aide énergétique, selon un accord signé aux pourparlers de Pékin, a annoncé un responsable sud-coréen. La Corée du Nord recevra une aide énergétique équivalant à un million de tonnes de pétrole si elle respecte l'engagement pris mardi, a-t-on ajouté de même source. Les Etats-Unis ont de leur côté accepté de commencer dans les deux mois à retirer la Corée du Nord de la liste des Etats soutenant le terrorisme et à lever les sanctions commerciales, dans le cadre de cet accord.
Le Figaro,12 février 2007:
La Corée du Nord démantèlera
son principal réacteur nucléaire. En échange,
Washington ne considèrera plus Pyongyang comme un État
terroriste.
Cette fois, c'est officiel. Les Etats-Unis, les deux Corées,
la Russie, la Chine et le Japon sont parvenus à s'entendre
mardi sur un texte "en sept points" qui prévoit
la fermeture des installations nucléaires nord-coréennes
en échange d'aides économiques et de garanties en
matière de sécurité. "Les négociateurs
en chef sont parvenus à un accord sur un document conjoint",
a déclaré un responsable gouvernemental sud-coréen
impliqué dans les négociations, réussissant
à éviter un nouvel enlisement du processus lancé
en 2003.
Dans ce "texte final" présenté aux capitales
des six délégations réunies à Pékin,
la Corée du Nord s'est engagée à entamer
le démantèlement son arsenal atomique, "notamment
son principal réacteur nucléaire", a annoncé
un responsable sud-coréen.
Nouveaux pourparlers en mars
Si elle respecte son contrat, la Corée du Nord recevra
une aide énergétique équivalant à
un million de tonnes de pétrole : 50 000 si elle ferme
son réacteur de Yongbyon dans les deux mois et les 950
000 autres dès qu'elle aura désactivé celui-ci.
Face à ces avancées, les Etats-Unis ont accepté
de retirer dans les deux mois la Corée du Nord de la liste
des Etats soutenant le terrorisme et de lever ses sanctions commerciales.
La prochaine session des pourparlers à six sur le nucléaire
nord-coréen aura lieu le 19 mars à Pékin,
a déclaré un négociateur chinois.
TOKYO (4 février 2007) - Le chef des négociateurs nord-coréens
aux "pourparlers à six" sur les programmes nucléaires
de Pyongyang a déclaré à d'anciens responsables
américains que la Corée du Nord voulait obtenir
plus d'un demi-million de tonnes de carburant par an en échange
d'une suspension de son réacteur atomique, écrit
le journal japonais Asahi Shimbun.
Une telle demande dépasserait le montant de l'aide énergétique
que la Corée du Nord avait reçue en vertu d'un accord
de 1994 avec Washington, devenu caduc en raison de la crise nucléaire
actuelle qui a commencé en 2002.
Selon le Asahi Shimbun, le vice-ministre nord-coréen des
Affaires étrangères Kim Kye-gwan a exposé
la position de Pyongyang lorsqu'il a rencontré un ex-responsable
du département d'Etat, Joel Witt, et un expert nucléaire
américain, David Albright, au cours des derniers jours
à Pyongyang.
Kim et d'autres responsables nord-coréens ont assuré
que leur pays arrêterait le réacteur de Yongbyon
s'il obtenait une aide énergétique équivalant
à plus de 500.000 tonnes de carburant par an, ajoute l'Asahi,
citant les deux Américains.
Les autorités nord-coréennes ont également
demandé à Washington de lever ses sanctions financières
contre leur pays et de retirer la Corée du Nord de la liste
américaine des nations "soutenant le terrorisme",
écrit le journal nippon.
Il est probable que Kim ait présenté ces demandes
à son homologue américain Christopher Hill lors
de leur rencontre à Berlin en janvier, mais il a pu décider
de les réitérer pour chercher à obtenir des
concessions lors des pourparlers à six, qui doivent reprendre
jeudi prochain à Pékin.
MOSCOU (31/01/2007) - La
Russie a haussé le ton mercredi à l'égard
de la Corée du Nord, estimant que le programme nucléaire
de Pyongyang "menace" ses "intérêts"
et mettant en garde le régime stalinien contre un nouvel
essai nucléaire.
"L'absence d'armes nucléaires dans la péninsule
coréenne est dans notre intérêt et l'un des
pays de la péninsule déclare qu'il est devenu +un
Etat nucléaire+. Il en résulte que nos intérêts
sont menacés", a déclaré l'émissaire
russe aux pourparlers à Six sur ce dossier, Alexandre Lossioukov,
à l'agence russe Interfax.
"Un deuxième essai conduira à une réaction
très négative de la communauté internationale
et sans doute à l'adoption de mesures plus sévères.
Je ne sais pas si nos collègues nord-coréens ont
besoin de cela", a-t-il ajouté avant de nouveaux pourparlers
à Six (Chine, Etats-Unis, Japon, Russie, et les deux Corées)
le 8 février à Pékin.
La dernière session de négociations multilatérales
a eu lieu en décembre dans la capitale chinoise sans donner
de résultats.
Ces négociations visent depuis août 2003 à
convaincre Pyongyang de renoncer à son arsenal nucléaire.
Leur urgence s'est accrue après l'explosion, le 9 octobre
2006, de la première bombe atomique nord-coréenne.
M. Lossioukov a souligné que ce premier essai nucléaire
nord-coréen avait "compliqué la situation dans
la région et fait reculer le processus des négociations
à Six".
Selon des médias sud-coréens, Pyongyang devrait
être appelé à donner un calendrier précis
pour geler ou démanteler des installations nucléaires.
En échange, les Etats-Unis seraient prêts à
des concessions, voire à discuter d'un traité de
paix avec les Coréens du Nord.
Jusqu'ici, Moscou avait paru plus soucieux de ménager Pyongyang
face notamment aux Etats-Unis, demandant une levée des
sanctions financières américaines contre la Corée
du Nord pour relancer les négociations et appelant à
ne pas acculer la Corée du Nord tout comme l'Iran.
En octobre, la résolution du Conseil de sécurité
de l'ONU imposant des sanctions économiques et commerciales
à la Corée du Nord avait due être adoucie
plusieurs fois pour tenir compte de réticences de la Russie
et de la Chine, proche alliée de Pyongyang.
Le 22 décembre, le chef de la diplomatie russe Sergueï
Lavrov appelait encore à négocier "patiemment"
pour persuader la Corée du Nord d'abandonner son arsenal
atomique.
Pour Anatoli Diakov, directeur du Centre d'études sur les
questions de désarmement à Moscou, "on pouvait
s'attendre" à une telle évolution de la position
russe.
"Si la Corée du Nord poursuit son programme nucléaire,
cela poussera la région vers le déchaînement.
Le Japon sera le suivant, puis Taïwan, et ainsi de suite.
La Russie comme la Chine sont inquiètes", estime-t-il.
Selon lui toutefois, "ce n'est pas la Russie qui joue le
premier rôle dans les pourparlers à Six, ce sont
les Etats-Unis et la Chine qui a des leviers de pression sur la
Corée de Nord".
Viktor Kremeniouk, vice-directeur de l'Institut USA-Canada à
Moscou, estime pour sa part que "l'Iran est plus important
actuellement" pour la Russie au plan géostratégique
que la Corée du Nord et que Moscou "n'est pas en mesure
de soutenir deux +délinquants+ à la fois".
"Plus forte est notre envie de soutenir l'Iran, plus nous
cédons en direction de la Corée du Nord", affirme
M. Kremeniouk, qui se veut optimiste pour les négociations
du 8 février. "La position de Russie a évolué.
Cela peut pousser la Corée du Nord vers une entente. Ils
voient que personne ne se battra pour les protéger",
ajoute-t-il.
19 janvier 2007:
Confusion et informations contradictoires sur le nucléaire
nord-coréen
Washington, 4 janvier 2007 - La Corée du Nord semble se préparer à effectuer un deuxième essai nucléaire, affirme jeudi la chaîne de télévision américaine ABC News, qui cite des responsables américains du Pentagone. «Nous pensons qu'ils se préparent à conduire un essai sans préavis», aurait déclaré à ABC un haut responsable américain du Pentagone. Ce responsable a souligné que le renseignement collecté ne permettaient pas de dire que la Corée du Nord allait procéder à un autre essai, mais a indiqué que les préparations en cours étaient semblables à celles entreprises lors du premier essai réalisé par Pyongang le 9 octobre 2006.
PEKIN (20 décembre 2006) - Les Etats-Unis et la Corée du Nord s'apprêtent
à entamer leur deuxième jour de négociations
en tête-à-tête mercredi pendant lesquelles
les deux pays devraient aborder la question du programme d'armement
nucléaire et celle des crimes financiers présumés
nord-coréens qui avaient fait trébucher les négociations
internationales sur le désarmement en novembre 2005.
Le délégué américain, Christopher
Hill, devait renconter mercredi matin son homologue nord-coréen
Kim Kye Gwan pour des pourparlers bilatéraux avant la réunion,
dans l'après-midi, des délégations des six
pays participants pour parler du démantèlement du
programme nucléaire nord-coréen.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Li
Zhaoxing devait participer aux discussions de mercredi après-midi.
Pendant ce temps, les experts financiers américains et
nord-coréens devraient se rencontrer en marge des négociations
à six pour parler spécifiquement des sanctions financières.
D'après le délégué américain
Christopher Hill, la première rencontre bilatérale
entre Etats-Unis et Corée du Nord mardi après-midi
n'a débouché sur aucune avancée significative.
Il a déclaré mercredi matin n'être ni pessimiste
ni optimiste sur d'éventuels progrès dans la négociation.
"Je ne sais pas jusqu'où nous allons aller ni combien
de temps ça va prendre", a-t-il dit. "Il faut
que les discussions d'aujourd'hui soient substantielles".
Le négociateur sud-coréen en charge du dossier nucléaire,
Chun Yung-woo a indiqué mercredi matin qu'il existe toujours
"une certaine divergence d'opinions entre les deux Corée.
"Aujourd'hui nous espérons commencer de vraies discussions
sur la façon de combler le fossé qui nous sépare",
a-t-il déclaré.
PEKIN (18 décembre 2006) - Treize mois après avoir été suspendus
en raison de l'absence de la Corée du Nord, les pourparlers
sur le programme nucléaire nord-coréen ont repris
lundi à Pékin, alors qu'entre-temps, Pyongyang a
procédé à son premier essai nucléaire
réussi.
Le chef de la délégation chinoise Wu Dawei a ouvert
officiellement les discussions à la maison des invités
d'Etat de Pékin, appelant les négociateurs à
discuter de l'application de l'accord de septembre 2005, selon
lequel la Corée du Nord doit démanteler son armement
nucléaire en échange de garanties en matière
de sécurité et d'aides.
"Cette session est importante pour construire sur les progrès
passés et ouvrir la voie pour l'avenir", a déclaré
M. Wu. "Nous espérons qu'au travers d'efforts concertés
des deux parties, nous seront capables de produire des résultats
positifs lors de cette session."
La Corée du Nord a accepté de revenir à la
table des négociations, plus d'un an après l'avoir
quitté en signe de protestation contre les sanctions financières
prises par les Etats-Unis à son encontre.
Cette question financière devrait être au programme
d'entretiens extérieurs aux discussions à six, mais
les négociateurs des cinq autres pays (Chine, Corée
du Sud, Etats-Unis, Japon, Russie) entendent obtenir des avancées
concrètes de la part de Pyongyang.
"Après avoir entendu les discours d'ouverture de chaque
pays, particulièrement celui de la Corée du Nord,
nous seront capables de dire quelle direction prenne ces discussions
à six", a pour sa part affirmé l'envoyé
spécial sud-coréen, Chun Yung-woo.
TOKYO (22 novembre 2006) - Le vice-ministre des Affaires étrangères
nord-coréen a déclaré que son pays n'avait
pas l'intention d'abandonner ses armes nucléaires s'il
reprend les discussions à six sur son programme nucléaire,
a rapporté la télévision japonaise NHK.
La haut-diplomate nord-coréen Kang Sok Ju, qui s'exprimait
devant un groupe de journalistes alors qu'il se rendait à
Pékin depuis la Russie, a en revanche demandé la
levée des sanctions financières imposées
par les Etats-Unis contre son pays.
La télévision NHK a cité des propos de M.
Kang, expliquant que la Corée du Nord n'avait pas effectué
des essais d'armes nucléaires pour les abandonner ensuite.
Le 9 octobre, la Corée du Nord a procédé
à son premier essai nucléaire réussi, s'attirant
la condamnation de la communauté internationale et des
sanctions. Les autres parties des discussions à six s'attachent
actuellement à organiser leur reprise.
Libération, 21 novembre 2006:
Kim Dae-jung, ex-président sud-coréen, prône
le dialoque entre Washington et Pyongyang sur le nucléaire
: «Séoul est opposé à toute action
militaire»
TOKYO (17/11/06) - L'ancien
chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU, le Suédois
Hans Blix, a estimé vendredi que l'essai nucléaire
réalisé par la Corée du Nord n'a probablement
pas eu les résultats escomptés mais que les experts
du régime communiste finiront par parfaire leur technologie.
Pour Blix, la plupart des spécialistes s'accordent pour
dire que cet essai n'a connu qu'un succès partiel en raison
de sa petite taille apparente mais, ajoute-t-il, la communauté
internationale ne doit pas pour autant "se montrer complaisante
à ce sujet".
"Parce que s'ils n'ont pas réussi cette fois-ci, la
question à se poser est de savoir combien de temps il leur
faudra pour s'améliorer", a souligné Hans Blix
avant d'ajouter que l'essai nucléaire du 9 octobre dernier
constituait "une démonstration suffisante".
PEKIN (8 novembre 2006) - A dix jours d'une rencontre entre les présidents
Hu Jintao et George W. Bush, Chinois et Américains ont
préparé mercredi à Pékin la reprise
des négociations multipartites qui visent désespérément
depuis trois ans à convaincre la Corée du Nord de
renoncer à l'arme atomique.
Après des étapes à Tokyo et à Séoul,
les secrétaires d'Etat adjoints, Nicholas Burns, numéro
trois de la diplomatie américaine, et Robert Joseph, ont
eu une série d'entretiens mercredi avec des responsables
chinois, dont le ministre des Affaires étrangères,
Li Zhaoxing. "Nous attachons de l'importance aux discussions
sur la manière dont nous pouvons désamorcer le problème
des ambitions nucléaires de la Corée du Nord et
travailler ensemble pour aboutir à la dénucléarisation
de la péninsule coréenne", a déclaré
M. Burns au début d'une rencontre avec le ministre adjoint
des Affaires étrangères Dai Bingguo. "A cet
égard, j'attends beaucoup de la rencontre la semaine prochaine
entre le président Hu Jintao et le président (George
W.) Bush à Hanoï", a-t-il souligné.
Pékin a annoncé mardi que M. Hu verrait son homologue
américain pour des discussions bilatérales en marge
du sommet annuel du forum Asie-Pacifique (Apec) à Hanoï,
les 18 et 19 novembre. Officiellement, les deux hauts responsables
du Département d'Etat participaient mercredi à la
troisième session du "dialogue stratégique"
entre la Chine et les Etats-Unis, initié en 2004. Mais
le dossier nucléaire nord-coréen est désormais
au premier rang des sujets bilatéraux depuis l'annonce,
fin octobre, à la suite d'une intercession de Pékin,
que Pyongyang était prêt à reprendre les discussions
suspendues depuis un an, impliquant les deux Corées, les
Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie.
Le Conseil de sécurité de l'ONU, dont les Etats-Unis
et la Chine sont membres permanents, avait voté des sanctions
le 14 octobre en représailles à l'explosion de la
première bombe atomique nord-coréenne, le 9 octobre.
Selon Séoul, les discussions vont reprendre d'ici la fin
du mois, voire le mois prochain, dans la capitale chinoise. Après
l'annonce que les Coréens du Nord étaient prêts
à revenir à la table des négociations, le
président Bush avait salué le rôle de Pékin,
indiquant avoir trouvé sur ce dossier "un intérêt
commun à pouvoir collaborer". "Et plus nous serons
capables de collaborer, plus il est probable que le futur président
(américain) sera en mesure de maintenir la paix en Asie",
avait-il dit.
Mercredi, le Trésor américain a indiqué qu'il
allait poursuivre les discussions avec Pyongyang sur le gel d'avoirs
financiers se trouvant sur des comptes nord-coréens dans
une banque de Macao.
La semaine dernière, la Corée du Nord a posé
comme condition à son retour aux discussions que le problème
de ces sanctions financières imposées notamment
pour blanchiment d'argent par le Trésor américain
en 2005 soit "discuté et réglé".
François BOUGON
Le Monde, 22/10/06:
Une semaine après la résolution
de l'ONU sanctionnant son essai nucléaire, la Corée
du Nord poursuit son chantage atomique et serait prête à
renoncer à une deuxième explosion à condition
que les les Etats-Unis cessent de la "harceler"
et lèvent leurs sanctions financières. Selon l'agence
sud-coréenne Yonhap, citant des sources diplomatiques anonymes
à Séoul, le numéro un nord-coréen,
Kim Jong-il, aurait pris cet engagement conditionnel la semaine
dernière, lors d'un entretien avec l'émissaire chinois
Tang Jiaxuan, en mission de bons office à Pyongyang après
l'essai nucléaire du 9 octobre. "Lors de sa rencontre
avec Tang, Kim a affirmé que la Corée du Nord ne
procèderait pas à un deuxième essai, sauf
si les Etats-Unis harcèlent le Nord", selon une
source diplomatique anonyme à Séoul. "Kim
a également promis que son pays reviendrait à la
table des pourparlers à Six dans un futur proche à
condition que les Etats-Unis s'engagent à lever leurs sanctions
financières après l'ouverture des discussions",
selon la même source. Ces pourparlers impliquant les Etats-Unis,
la Russie, le Japon et les deux Corées visent, en vain
depuis trois ans, à convaincre Pyongyang de renoncer au
nucléaire. Ils sont boycottés par le Nord depuis
près d'un an. Vendredi, Yonhap avait déjà
rapporté des déclarations similaires émanant
de diplomates à Pékin et selon lesquels Kim Jong-il
n'aurait pas l'intention de conduire un deuxième essai.
Scepticisme de Washington
Ces signes apparents de compromis ont été accueillis
avec le plus grand scepticisme par la secrétaire d'Etat
américaine, Condoleezza Rice, qui a bouclé par Moscou,
samedi, une tournée asiatique destinée à
resserrer les rangs face à la Corée du Nord. Refusant
de croire à un tournant après une médiation
chinoise, Mme Rice a exprimé, samedi, des doutes sur la
volonté du régime nord-coréen de s'en tenir
à un seul essai nucléaire, arguant que le passé
de la Corée communiste est peu encourageant en matière
de promesses. Les Etats-Unis gardent en mémoire les reculades
du Nord lors de la dernière session des pourparlers à
Six, en septembre 2005. Après avoir d'abord accepté
d'abandonner ses programmes nucléaires en échange
d'aide internationale et de garanties de sécurité,
la Corée du Nord était revenue sur ses promesses
deux mois plus tard, invoquant les sanctions financières
américaines à son encontre. "Les Coréens
du Nord voudraient voir une escalade des tensions plutôt
qu'une mise en oeuvre effective de la résolution qui pourrait
avoir un réel effet sur leurs activités",
avait jugé, samedi, Mme Rice, dans l'avion qui l'amenait
de Pékin à Moscou.
TOKYO (22/10/06) - Le
leader nord-coréen Kim Jong Il a affirmé à
un émissaire chinois que son régime ne prévoyait
pas dans l'immédiat de nouvel essai nucléaire mais
qu'un éventuel deuxième test dépendait de
l'attitude des Etats-Unis envers son pays, rapporte dimanche l'agence
japonaise Kyodo.
Kim Jong Il a tenu ces propos au conseiller d'Etat chinois Tang
Jiaxuan lors de sa récente visite à Pyongyang, rapporte
depuis Pékin Kyodo, qui cite des sources ayant requis l'anonymat.
Tang Jiaxuan avait été dépêché
par son gouvernement pour s'entretenir avec Kim Jong Il de la
crise née de l'essai nucléaire nord-coréen
du 9 octobre.
Selon Kyodo, Kim Jong Il a affirmé à Tang Jiaxuan
qu'il ne prévoyait pas de nouvel essai dans l'immédiat,
mais qu'il serait contraint de réagir si les Etats-Unis
continuaient à faire pression sur son pays.
Il a également expliqué au conseiller d'Etat chinois
que les sanctions financières imposées depuis septembre
2005 par Washington étaient un obstacle au retour de la
Corée du Nord aux pourparlers à six pays (deux Corée,
Etats-Unis, Russie, Japon, Chine). Pyongyang, qui s'est retiré
de ses négociations sur son programme nucléaire
en novembre 2005, pourrait revenir à la table de discussions
si la Maison Blanche levait ces sanctions, a-t-il ajouté,
toujours selon Kyodo.
Le ministère chinois des Affaires étrangères
n'a fait aucun commentaire concernant ces informations.
Plus tôt dimanche, Kyodo avait rapporté que le gouvernement
chinois avait expliqué aux autres pays concernés
par les négociations à six qu'il avait conclu, sur
la base de la visite de Tang Jiaxuan à Pyongyang, que le
régime de Kim Jong Il n'avait pour le moment aucune intention
de procéder à un nouveau test.
Kim Jong Il aurait également assuré à Pékin
que son gouvernement était prêt à adhérer
à un traité de dénucléarisation de
la péninsule coréenne signé en 1992 entre
Séoul et Pyongyang.
Le NouvelObs, 18/10/06:
Pyongyang préparerait un nouvel essai nucléaire
WASHINGTON (18 octobre 2006) - La Corée du Nord a pour la première fois évoqué la possibilité d'un nouvel essai nucléaire, après l'explosion de sa première bombe atomique le 9 octobre, par l'intermédiaire d'un haut responsable interrogé mercredi par la chaîne américaine ABC. Interviewé sur une émission d'ABC, le numéro deux du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, Li Gun, a répondu qu'un deuxième essai serait tout à fait "normal". "Même s'il y a un (deuxième) essai nucléaire, c'est normal. Pas besoin donc de trop s'en préoccuper. Je pense que l'essai en soi serait normal", a-t-il déclaré.
17/10/06 - La
toute puissante armée nord-coréenne, et en particulier
les plus "faucons" de ses généraux, a
poussé le chef du régime stalinien Kim Jong-il à
mettre à exécution sa menace d'essai nucléaire,
estiment des analystes.
Pour Nam Sung-wook, professeur à l'Université de
Corée, à Séoul, trois généraux
comptant parmi les plus radicaux ont été les moteurs
de l'essai revendiqué le 9 octobre par Pyongyang: Pak Jae-gyong,
Hyon Chol-hae et Lee Myong-su.
"Le trio, qui suit Kim comme son ombre, a été
sans aucun doute derrière la décision de procéder
à un essai nucléaire", estime-t-il.
Les généraux Pak et Hyon sont de hauts responsables
du "politburo" de l'Armée populaire de Corée
(APL) tandis que le général Lee est le numéro
un de son bureau opérationnel.
Le communiqué annonçant un essai nucléaire
"couronné de succès" a été
délibérément rédigé afin de
plaire à l'armée. Le corps militaire compte 1,2
million de soldats sur un pays de 23 millions d'habitants, et
représente la priorité numéro un dans le
pays, en vertu de la politique dite "Songun" ("L'armée
d'abord").
L'essai nucléaire "marque un événement
historique car il encourage vivement et satisfait immensément
l'Armée populaire coréenne et le peuple qui souhaitaient
disposer d'une capacité de défense puissante et
indépendante", était-il écrit dans la
déclaration du 9 octobre.
"Seule une poignée de personnes" ont été
impliquées dans la réalisation de l'essai, souligne
Koh Yu-hwan, professeur à l'Université Dongkuk de
Séoul.
"Kim, qui détient les pouvoirs absolus, a semblé
prendre fait et cause pour le raisonnement militaire radical selon
lequel, si la Corée du Nord cède, ne serait-ce qu'une
fois, aux Etats-Unis, elle cèdera toujours", estime-t-il.
"Le leader nord-coréen a pu avoir des difficultés
à contredire la politique Songun, qu'il a lui-même
établie, face aux pressions des radicaux", ajoute
l'expert.
Cette ligne dure ne laisse que peu de marge de manoeuvre aux diplomates
nord-coréens, souligne M. Koh.
Elle donne également une force certaine à Kim Jong-il,
estime le cabinet-conseil hongkongais International Risk, dans
un rapport rendu public la semaine dernière.
Kim Jong-il "a déployé des efforts sans compter
afin de renforcer son pouvoir au sein de l'armée",
selon le texte, qui souligne que les militaires sont bien équipés
et bien nourris en dépit d'une économie exsangue.
"La politique dure adoptée par Pyongyang porte la
signature des généraux opposés à l'abandon
de la capacité nucléaire militaire", estime
International Risk.
L'essai nucléaire "laisse à penser que la patience
des généraux à l'égard de la diplomatie
s'est épuisée et qu'ils veulent dorénavant
se doter de capacités en matière nucléaire
et de missiles tout en faisant en sorte qu'elles soient opérationnelles
aussi vite que possible".
"Cela signifiera probablement qu'il y aura d'autres essais
nucléaires et de missiles, et peut-être plus fréquemment,
dans les prochains mois", ajoute le cabinet.
VIENNE (16 octobre 2006) - L'Agence internationale de l'énergie atomique
n'a pas acquis de certitude quant à la réalité
de l'essai nucléaire annoncé la semaine dernière
par la Corée du Nord.
"Je ne pense pas qui quiconque sur terre, à l'exception
des Nord-Coréens, sache à ce stade quelle quantité
de matériaux a été utilisée pour cette
explosion", a précisé lundi Olli Heinonen,
directeur général adjoint de l'AIEA.
Heinonen, qui a évoqué une "possible explosion
nucléaire", a ajouté que le site où
s'était produite cette déflagration avait été
sans doute localisé mais n'a pas voulu en dire davantage.
Seul le retour d'inspecteurs de l'AIEA en Corée du Nord
permettrait de lever les incertitudes, a-t-il ajouté.
Vendredi, un responsable américain a révélé
que des analyses du renseignement avaient démontré
la présence de radioactivité dans des échantillons
d'air prélevés près du site présumé
où les Nord-Coréens affirment avoir fait exploser
le 9 octobre leur première bombe atomique.
Mais la puissance limitée
de l'explosion, peut-être le signe d'un échec de
l'essai, conduit experts indépendants
et spécialistes du renseignement à se demander s'il
sera possible de vérifier un jour l'annonce de Pyongyang.
PEKIN (13/10/06) -
Le système chinois de surveillance n'a décelé
aucune radiation aéroportée après l'essai
nucléaire annoncé par la Corée du Nord, a
annoncé vendredi un responsable de ce système de
surveillance.
Ce responsable de l'Administration de la protection de l'environnement.
"Nous avons effectué une surveillance de l'atmosphère
et n'avons découvert jusqu'à présent aucune
radiation au-dessus du territoire chinois", a dit ce responsable
qui a requis l'anonymat.
Ce responsable a refusé de donner des précisions
sur la procédure de surveillance et de contrôle.
Depuis l'annonce de cet essai par Pyongyang, lundi, les experts
et les différents gouvernements ont été dans
l'incapacité de le confirmer. Des avions japonais ont prélevé
des échantillons de l'air mais n'ont décelé
aucune radiation. Les données sismiques indiquent qu'il
y a eu effectivement une explosion sur le site présumé
de cet essai mais ne concluent pas que cette explosion soit une
détonation nucléaire.
L'internaute, 13/10/06:
L'explosion de Corée du Nord, explosifs classiques ou essai
nucléaire raté
Libération, 11 octobre 2006:
Bronca diplomatique, mais flop technique ?
L'essai nucléaire nord-coréen de lundi apparaît
de plus en plus comme un demi-échec militaire. Ce qui intrigue les experts, c'est
la faiblesse de l'explosion telle qu'elle a été
mesurée par les capteurs sismiques. Or une explosion de
faible puissance peut signifier que l'essai ne s'est pas déroulé
comme prévu. La plupart des Etats nucléaires, dont
la France, ont connu en leur temps de tels déboires.
«Si l'on veut réaliser
un tir pour impressionner la communauté internationale,
il faut qu'il soit comparable à Hiroshima», avance un spécialiste du nucléaire. Soit
environ 15 kilotonnes (1). Or le Commissariat à l'énergie
atomique (CEA) estime le tir de lundi «de l'ordre de
la demi-kilotonne», les Américains parlent
de «moins de 1 kilotonne» et les Sud-Coréens
de «0,8 kilotonne». Ces chiffres sont
toutefois contredits par la Russie (5 à 15 kt) et par des
géophysiciens norvégiens (entre 1 et 10 kt). L'hypothèse
que la Corée du Nord ait testé une bombe de faible
puissance, une «mininuke», n'est prise
au sérieux par personne dans la communauté stratégique.
Même si ces armes existent depuis les années 60,
elles sont plus complexes à fabriquer que des bombes plus
puissantes, de l'ordre de la dizaine de kilotonnes.
Modeste. Le niveau technique atteint par le régime
de Pyongyang reste sans doute modeste. Cet été encore,
ses tirs de missiles balistiques n'avaient pas été
un succès. Conformément à son idéologie
autarcique, la Corée du Nord mène en effet un programme
nucléaire de manière essentiellement nationale.
Le régime communiste s'y est engagé au milieu des
années 60. L'URSS avait alors fourni un réacteur
de recherches, implanté à Yongbyang, tout en formant
les scientifiques et les ingénieurs nord-coréens.
Mais ni l'URSS ni la Chine n'ont jamais transféré
le savoir-faire nécessaire à la construction d'une
bombe atomique. Depuis la relance du programme, vers 1985, la
Corée du Nord est soupçonnée d'avoir coopéré
avec le Pakistan et l'Iran. Dans ses Mémoires, le président
pakistanais vient de révéler que son pays avait
illégalement fourni à la Corée du Nord des
centrifugeuses P2 nécessaires à l'enrichissement
de l'uranium. Avec l'Iran, «la coopération porte
essentiellement sur les missiles balistiques, mais il est impossible
d'exclure des échanges d'informations», estime
Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique.
Ambiguïté. L'Agence internationale
de l'énergie atomique est convaincue que la Corée
du Nord a produit suffisamment de plutonium et d'uranium enrichi
pour fabriquer des armes. Mais, hier encore, un léger doute
subsistait sur la nature de l'explosion de lundi. Atomique ou
pas ? «Nous n'avons pas encore levé l'ambiguïté», reconnaît
le porte-parole du CEA Xavier Clément. L'explosion a provoqué
une secousse d'une magnitude de 3,6 à 3,8 sur l'échelle
de Richter, qui correspond à une explosion inférieure
à 1 kilotonne. «Nous sommes à la limite
de la capacité de détection» du système
de surveillance, poursuit Xavier Clément. Si l'hypothèse
d'une explosion classique ne peut pas être exclue, il aurait
alors fallu un explosif équivalent à 500 tonnes
de TNT. «Nous serions là face à des volumes
d'environ 300 mètres cubes», indique un
spécialiste. Une telle masse n'aurait sans doute pas échappé
à la vigilance des satellites espions américains.
(1) 1 kilotonne équivaut à 1 000 tonnes de TNT.
Jean-Dominique MERCHET
Le Figaro, 11 octobre 2006:
Le régime communiste interprètera
toute sanction supplémentaire comme une "déclaration
de guerre". Le Japon a décidé de nouvelles
mesures de retorsions, tandis que la Corée du Sud a suspendu
une partie de son aide humanitaire. Les débats au sein
du Conseil de sécurité de l'Onu se poursuivent à
New York.
La Corée du Nord continue de défier la communauté
internationale. «Si des sanctions généralisées
sont appliquées, nous interprèterons cela comme
une déclaration de guerre», prévient Pyongyang,
qui menace de prendre des «contre-mesures», après
avoir annoncé lundi, avoir procédé à
un essai nucléaire.
Le Japon a décidé de durcir ses sanctions contre
le pays. Il va interdire toutes les importations en provenance
de Corée du Nord, fermer ses ports à tous les navires
nord-coréens et durcir les restrictions qui frappent déjà
les ressortissants nord-coréens souhaitant entrer au pays
du Soleil levant.
La Corée du Sud a, de son côté, averti qu'elle
soutiendrait «des sanctions financières» mais
s'opposerait à «des sanctions militaires».
Par mesure de représailles, Séoul a déjà
suspendu une partie de son aide humanitaire sur laquelle repose
largement le régime stalinien pour nourrir ses 23 millions
d'habitants.
Dès mardi, Pékin, fidèle allié du
régime communiste nord-coréen, s'était déclaré
disposé à soutenir des mesures «punitives»
contre son allié, à condition qu'elles soient «appropriées».
Fausse alerte
La Commission européenne en revanche, a appelé à
maintenir l'aide humanitaire à la Corée du Nord
pour «éviter de faire souffrir plus encore»
la population de ce pays. Le coordinateur humanitaire des Nations
unies, Jan Egeland, a renchéri en indiquant que les sanctions
envisagées devaient épargner l'aide versée
à la population.
Les débats au sein du Conseil de sécurité
de l'ONU sur la possibilité de sanctions contre Pyongyang
se poursuivaient mercredi, à New York.
Mercredi, une fausse alerte a laissé craindre un nouvel
essai. La télévision publique japonaise NHK, citant
des «sources gouvernementales» anonymes, a fait état
d'une secousse tellurique. Mais celle-ci était d'origine
naturelle. La Corée du Sud, la Chine, les Etats-Unis et
des autorités japonaises ont depuis confirmé qu'il
n'y avait pas eu de nouveau test.
Doutes et incertitude
Les doutes se multiplient sur la réalité du premier
essai. Dans une interview à CNN, la secrétaire d'Etat
américaine, Condoleezza Rice, a déclaré que
les Etats-Unis cherchaient encore à savoir ce qui s'était
passé lundi en Corée du Nord, mais que le pays avait
franchi «une ligne importante» avec son annonce. Mardi
le porte-parole de la Maison-Blanche a même envisagé
ne jamais «pouvoir déterminer complètement»
la réalité des essais nucléaires. Une information
relayée par le Commissariat à l'énergie atomique
qui a mis en avant la difficulté d'analyser les données
de l'explosion, «dont la faiblesse de l'énergie correspond
à un tir qui n'était pas à la hauteur de
ce qu'attendait celui qui l'a réalisé».
En France, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie
a également estimé, dans la matinée de mercredi
: «En tout état de cause, s'il s'agissait d'une explosion
nucléaire, il s'agirait d'une explosion ratée».
La Russie est le seul pays à avoir reconnu hier «de
facto» la Corée du Nord comme 9ème puissance
nucléaire.
La Tribune de Genève, 10 octobre 2006:
Rien n'est jamais acquis. Telle pourrait être la triste morale de cette histoire. On croyait définitivement révolu le temps de la grande peur nucléaire. Le traité de non-prolifération avait réglé une fois pour toutes la question en 1968. Et donc, forcément, le club des puissances capables de fabriquer la bombe atomique devait rester très fermé. Il se limitait aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Auxquels il fallait ajouter, malheureusement, trois pays qui ont toujours refusé de signer le TNP: Israël, l'Inde et le Pakistan. Mais enfin, bon, la menace semblait circonscrite.
Et boum! Voilà que la Corée du Nord s'invite dans le club en procédant à son premier test nucléaire souterrain. Pyongyang a la bombe. Il va falloir s'y faire. Et ne plus s'adresser sur le même ton à ce régime honni. Surtout, la question nucléaire se pose à présent en des termes tout à fait nouveaux pour des démocraties voisines, comme la Corée du Sud et le Japon. De quoi pousser Tokyo à reconsidérer son renoncement à l'arme atomique?
Et puis, il y a l'Iran. Le régime des mollahs va suivre de très près la gestion internationale de la crise nucléaire nord-coréenne. C'est un précédent qui, on s'en doute, intéresse au plus haut point la République islamique. Il sera difficile de refuser à Téhéran ce que l'on aura admis ou toléré de Pyongyang. Toute faiblesse du Conseil de sécurité de l'ONU sera mise à profit avec talent, comme savent le faire les fins diplomates persans.
Là également, on peut s'attendre à ce que les autres puissances régionales se demandent tôt ou tard s'il ne conviendrait pas de développer à leur tour un programme nucléaire. Car contrairement à une idée reçue, ce n'est pas Israël puissance nucléaire inavouée qui serait menacé d'abord par la bombe iranienne, mais bien l'Arabie saoudite, rivale de toujours, où vit d'ailleurs une minorité chiite très déconsidérée.
Allons plus loin encore. A ce stade, l'Egypte accepterait-elle de rester en retrait, d'abandonner ainsi le leadership du monde musulman au royaume wahhabite et à la république chiite ? Il est permis d'en douter
On l'aura compris, la prolifération nucléaire, par définition, tend à faire tache d'huile. Saura-t-on découvrir à temps la subtile chimie diplomatique capable de geler cette funeste progression ? Toute la question est là.
Andrés Allemand
SEOUL (10 octobre
2006) - Pyongyang pourrait tirer un
missile nucléaire à moins que Washington ne prenne
des mesures susceptibles de résoudre le différend
qui les oppose, a averti un responsable nord-coréen cité
par l'agence de presse sud-coréenne Yonhap. "Nous
espérons que la situation sera résolue avant que,
par un incident malheureux, nous ne tirions un missile nucléaire",
a déclaré lundi ce responsable nord-coréen
dont l'identité n'est pas précisée dans la
dépêche datée de Pékin. "Cela
dépend de la façon dont les Etats-Unis réagiront".
"L'essai nucléaire est une expression de notre intention
de faire face aux Etats-Unis à la table des négociations",
a encore déclaré le responsable nord-coréen.
"Ce que nous voulons, c'est la sécurité",
a-t-il ajouté.
SEOUL (10 octobre 2006) - La Corée du Nord est prête à mener de nouveaux essais nucléaires "en fonction de l'évolution de la situation" mais pourrait retourner à la table des négociations en échange de concessions américaines, rapporte l'agence de presse Yonhap qui cite un responsable nord-coréen. "Nous sommes toujours prêts à abandonner les programmes nucléaires et à reprendre les pourparlers à six", déclare cette source nord-coréenne autorisée citée dans une dépêche datée de Pékin. "Nous pouvons le faire à n'importe quel moment, mais seulement si les Etats-Unis prennent des mesures correspondantes", ajoute-t-elle.
Edicom, 10 octobre 2006:
Nucléaire nord-coréen: Les permissions des soldats
chinois annulées
SEOUL (10 octobre 2006) - La Chine semble avoir perdu ses réticences
quant à des sanctions sévères contre la Corée
du Nord qui a annoncé avoir mené un essai nucléaire,
a déclaré mardi l'émissaire sud-coréen
Chun Young-woo de retour de Pékin. "La Chine semble
avoir une position différente de celle qu'elle avait précédemment
sur une résolution tombant sous le chapitre 7", a
affirmé Chun Young-woo à l'Associated Press.
Le chapitre 7 de la Charte des Nations unies, qui traite explicitement
des menaces à la paix et à la sécurité
dans le monde, donne le pouvoir au Conseil de sécurité
d'imposer des mesures allant de la rupture des relations diplomatiques
aux sanctions économiques et militaires, et même
à l'action militaire.
Après s'être entretenu pendant deux jours avec divers
responsables chinois, l'émissaire sud-coréen a estimé
que Pékin emploierait "tous les moyens disponibles
pour empêcher la Corée du Nord d'aggraver davantage
la situation et pour la ramener vers des efforts diplomatiques".
Il a cependant ajouté que Pékin avait réaffirmé
son engagement pour une solution diplomatique.
En tant que membre permanent du Conseil de sécurité,
la Chine dispose d'un droit de veto au conseil de sécurité
de l'ONU. Pékin est le plus proche allié de Pyongyang
mais a fermement condamné l'essai nucléaire annoncé
lundi.
Le Monde (avec AFP):
Le président George W. Bush a déclaré
que les Etats-Unis tâchaient toujours de confirmer que Pyongyang
avait bien procédé à un essai nucléaire.
Un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, a souligné
qu'il était "trop
tôt" pour dire si l'explosion détectée
avait été causée par un engin nucléaire. "Nous étudions l'information que nous
avons au niveau gouvernemental. Comme a dit le président,
nous n'avons pas été en mesure de la confirmer",
a ajouté ce porte-parole.
Et un responsable américain
a déclaré, sous le couvert de l'anonymat, qu'étant
donné l'intensité relativement faible de l'explosion,
Washington devait faire preuve de prudence. "Je ne pense
pas qu'on puisse exclure la possibilité qu'il s'agisse
d'un bluff" du leader nord-coréen Kim Jong-il,
a-t-il dit. En effet, la plupart des essais nucléaires
sont réalisés avec des charges puissantes, de 10
à 60 kilotonnes.
Explosion de sa première bombe atomique:
La Corée du Nord défie le monde
"L'essai nord-coréen renforce
par ailleurs les craintes d'une course à l'arme atomique
en Asie. Le vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères,
Yu Myung-hwan, a estimé que cela pourrait fournir au Japon
un «prétexte» pour passer au nucléaire
et avoir un effet de dominos chez les voisins asiatiques, y compris
la Corée du Sud et Taïwan, pourtant réticents.
En outre, des pays comme les Etats-Unis, l'Inde ou la Chine pourraient
être incités à reprendre les essais nucléaires,
avec les risques accrus de prolifération que cela suppose."
PARIS (9 octobre 2006) - La ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie a déclaré lundi que l'explosion de la bombe testée par la Corée du Nord était d'une puissance d'environ une "demi-kilotonne", sans pouvoir dire si elle était nucléaire. Le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) nous a "communiqué qu'il s'agit d'une explosion d'une puissance d'environ une demi-kilotonne, ce qui n'est pas une explosion extrêmement puissante, ou alors, cela montre qu'il y aura eu un échec", a-t-elle expliqué lors du 3e Forum stratégique franco-allemand à l'Institut français des relations internationales (IFRI). La ministre a cependant noté qu'il était difficile de savoir si cet essai nucléaire était bien "une réalité ou pas". "Quoi qu'il en soit, il est évident que nous condamnons cet essai", a-t-elle dit. Les avis divergent sur l'ampleur de l'explosion. Pyongyang a affirmé qu'elle était relativement faible, mais la Russie a noté que sa puissance était évaluée entre cinq et 15 kilotonnes.
Le Temps (Suisse), 10 octobre 2006:
Quel type de bombe ?
"La Corée du Nord n'a diffusé aucune indication
sur le type de bombe utilisée. Selon les services de renseignement
sud-coréens, Pyongyang
disposerait de 40 kilos de plutonium, de quoi fabriquer sept bombes
atomiques. Ces mêmes services estimaient
que Pyongyang pourrait effectuer d'autres essais alors que des
mouvements suspects étaient à nouveau signaler sur
le site."
Libération, 9 octobre 2006:
Le tir de la nuit dernière est le 2420e essai nucléaire dans le monde. En 2001, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques avait publié un rapport sur la question, chiffrant alors à 2419 le nombre d'essais depuis 1945. Le total de ces tirs équivaudrait à 530 mégatonnes, l'équivalent de 530 millions de tonnes de TNT ! Le premier essai a eu lieu le 16 juillet 1945 aux Etats-Unis dans le cadre du projet Manhattan, qui devait déboucher sur les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki. Le dernier en date - avant cette nuit - était l'essai pakistanais du 30 mai 1998. Les Etats-Unis ont procédé à 1 127 essais (dont 219 dans l'atmosphère), l'URSS à 969 (dont 219 atmosphériques), la France à 210 (dont 50 atmosphériques), le Royaume-Uni à 57 (dont 33 atmosphériques), la Chine à 44 (dont 22 atmosphériques), l'Inde et le Pakistan, chacun à 6. Il est probable que l'Afrique du sud, à l'époque de l'apartheid, ait procédé à un test nucléaire dans l'océan indien en 1979, peut-être en collaboration avec Israël. L'Etat hébreu est en tout cas le seul pays doté de l'arme nucléaire à ne pas avoir procédé à ses propres essais.
J.-D. M.
LONDRES (9 octobre 2006) - Après leur premier essai nucléaire souterrain,
les scientifiques nord-coréens vont devoir réussir
à comprimer leur bombe atomique dans un cône de 1,5
mètre de haut pour pouvoir doter leurs missiles d'ogives
à charge nucléaire.
L'entreprise est délicate, mais certains experts estiment
qu'elle ne devrait pas demander trop de temps à condition
que les chercheurs de Pyongyang disposent du savoir-faire nécessaire.
"Il faut qu'ils réduisent le poids de la bombe jusqu'à
500 ou 700 kg, ce que je pense parfaitement possible compte tenu
du savoir disponible aujourd'hui. Elle ferait alors 1m50 de haut,
en forme conique, avec un diamètre à la base de
80 cm à un mètre", résume Duncan Lennox,
de la revue spécialisée Jane's Strategic Weapons
Systems.
Une telle ogive nucléaire pourrait être installée
sur l'un des missiles dont la Corée du Nord dispose dans
son arsenal, tel que le Scud C. Pour Duncan Lennox, opter pour
ce missile d'une portée de 500 km serait particulièrement
judicieux pour les Nord-Coréens "s'ils veulent faire
particulièrement peur à la Corée du Sud".
Le "Rodong", opérationnel dans un rayon d'action
de 1.400 km, placerait tout le territoire sud-coréen et
la plupart du Japon sous la menace du feu nucléaire nord-coréen.
Le "Taepodong-2" pourrait être un autre vecteur
possible. En juillet, la Corée du Nord a testé ce
missile qui a volé une quarantaine de secondes avant sa
destruction. Séoul considère que cet essai est un
échec, mais certains experts se demandent si les Nord-Coréens
ne l'ont volontairement détruit en vol après avoir
acquis les certitudes dont ils avaient besoin sur ses capacités.
Une charge nucléaire peut également être projetée
depuis un avion bombardier. Mais les spécialistes des questions
de défense jugent peu probable que le régime nord-coréen
retienne cette option, moins rapide et plus exposée aux
systèmes de défense qu'un missile.
LE MARCHÉ NOIR D'A.Q. KHAN
Expert en questions de défense au Royal United Services
Institute de Londres, Lee Willett souligne toutefois que l'adaptation
d'une ogive nucléaire à un missile classique est
un processus complexe.
"Il ne suffit pas de prendre un missile conventionnel et
de le coiffer d'une ogive nucléaire. C'est une arme fondamentalement
différente", dit-il, expliquant que "les ogives
nucléaires ont un poids différent et requièrent
des systèmes de guidage différents de ceux dont
est équipé un missile conventionnel".
L'une des inconnues de l'équation nord-coréenne
réside dans la réalité de l'aide obtenue
par Pyongyang auprès du Pakistanais A. Q. Khan, le "père"
de la bombe atomique pakistanaise tombé en disgrâce
pour avoir créé un véritable "marché
noir" du nucléaire où s'échangeaient
matériaux et technologies.
"A mon sens, ce savoir peut être obtenu sur le marché
noir et je pense que Khan a fourni aux Nord-Coréens ce
dont ils avaient besoin", avance Duncan Lennox, du Jane's
Strategic Weapons Systems.
Radio France, 9 octobre 2006:
L'essai nucléaire nord-coréen probablement effectué
dans un tunnel
SEOUL (9 octobre 2006) - Des ondes sismiques provenant du nord-est de la Corée du Nord ont été provoquées par une explosion artificielle, ont indiqué lundi des scientifiques, corroborant ainsi l'information selon laquelle Pyongyang a bien procédé à un essai nucléaire. Chi Heon-cheol, chef du Centre de recherche sismique de Daejeon, en Corée du Sud, a indiqué qu'une activité sismique avait été détectée à 10H36 du matin (01H36 GMT) à environ 15,4 kilomètres au nord ouest de Hwadaeri, dans la province de Hamgyong. "La particularité de ces ondes sismiques indiquent qu'il s'agissait d'une explosion artificielle, et non d'un tremblement de terre", a indiqué le responsable aux journalistes. La secousse a été mesurée à 3,6 sur l'échelle ouverte de Richter, soit l'équivalent de l'explosion de 800 tonnes de dynamite, a-t-il expliqué. L'Institut national de géophysique américain (USGS) a pour sa part indiqué lundi que la secousse sismique avait été d'une magnitude de 4,2 sur cette même échelle.
Libération, 4 octobre 2006:
Tokyo de notre correspondant
Hier, la Corée du Nord a annoncé qu'elle allait
mener dans les jours à venir rien de moins qu'un test nucléaire,
très probablement souterrain. La nouvelle a aussitôt
suscité de vives réactions, surtout au Japon. A
peine entré en fonctions, Shinzo Abe, le nouveau Premier
ministre japonais, attendu à Pékin et à Séoul
ce week-end, subit son baptême du feu.
A en croire le communiqué laconique du ministère
des Affaires étrangères nord-coréen, c'est
«l'hostilité» des Etats-Unis à
son encontre qui obligerait la Corée du Nord à renforcer
ce qu'elle appelle sa «capacité d'autodéfense».
«La menace extrême des Etats-Unis de déclencher
une guerre nucléaire, les sanctions et les pressions contraignent
[Pyongyang] à procéder à un essai nucléaire
comme contre-mesure d'autodéfense.»
Technologie. La Corée du Nord rappelle
au passage qu'elle est devenue, en février 2005, une puissance
atomique. Les experts s'accordent à reconnaître qu'elle
possède assez de plutonium pour avoir mis au point au moins
deux, voire peut-être jusqu'à onze têtes nucléaires.
Le régime nord-coréen précise que cette «possession
suppose la conduite d'un essai nucléaire». Dont
elle posséderait aussi la technologie.
Dissuasion. Enième coup de poker d'un régime
aux abois, qui aura tout juste assez de riz pour passer l'hiver
? Ou dissuasion tout court ? Un porte-parole du ministère
des Affaires étrangères japonais estimait hier très
plausible un premier essai nucléaire nord-coréen.
«Auparavant, a-t-il souligné, la Corée
du Nord a souvent annoncé au préalable ce à
quoi elle allait procéder.» Kim Jong-il
pourrait d'ailleurs être tenté d'appuyer sur le bouton
rouge à la veille des prochaines élections américaines,
en novembre. En testant la bombe atomique, il ridiculiserait un
peu plus George W. Bush qui l'avait inscrit, aux côtés
de l'Irak et de l'Iran, dans son «axe du mal».
Pour Tokyo, tout test nucléaire serait «totalement
inacceptable» et «impardonnable.» Taro
Aso, le ministre des Affaires étrangères nippon,
a qualifié l'annonce de «menace à la paix
[dans la région]». «Le Japon et la communauté
internationale ne toléreront aucun test nucléaire», a
ajouté le Premier ministre japonais. La Corée du
Sud a réagi avec plus de retenue, affirmant qu'elle allait
surveiller de près ? via des moyens satellites ? la préparation
éventuelle d'un test nucléaire chez son voisin.
Mais un porte-parole du président sud-coréen, Roh
Moo-hyun ? qui prône une dénucléarisation
de la péninsule coréenne ?, a précisé
qu'en cas de test «la situation deviendrait aussitôt
diamétralement différente». De leur
côté, les Etats-Unis ont demandé au Conseil
de sécurité de l'ONU d'agir fermement pour empêcher
cet essai. Dès aujourd'hui, il devrait se pencher sur ce
dossier brûlant.
Hauts risques. Le 5 juillet, la Corée du Nord
avait déjà défié ses voisins en testant
sept missiles balistiques, dont un engin de longue portée,
le Taepodong-2, capable en théorie d'atteindre la côte
ouest des Etats-Unis. La Corée du Nord, pensait-on alors,
espérait convaincre les Etats-Unis de mettre fin à
l'embargo qui l'étrangle. Le Conseil de sécurité
a au contraire voté une résolution unanime et des
sanctions à son encontre. Mais la Corée du Nord
n'a pas battu en retraite. D'autant que la Chine n'a pas coupé
ses lignes d'approvisionnement énergétique avec
son vassal et protégé nord-coréen. En procédant
à un test nucléaire, Pyongyang franchirait un pas
supplémentaire, à hauts risques.
Michel TEMMAN
NEW YORK (26 septembre) - Un haut responsable nord-coréen a affirmé mardi que le programme nucléaire de son pays était destiné à "l'auto-défense" et vivement attaqué les Etats-Unis pour avoir utilisé non-prolifération et terrorisme comme "prétextes" pour envahir des pays souverains. Dans un discours à l'Assemblée générale des Nations unies, le vice-ministre nord-coréen des affaires étrangères, Choe Su-hon, a affirmé que "la possession d'une force de dissuasion, uniquement à des fins d'auto-défense, est entièrement conforme aux intérêts des pays de la région en matière de paix et de sécurité". Il a par ailleurs affirmé que Pyongyang ne pourrait reprendre les pourparlers à six (Chine, les deux Corée, Etats-Unis, Japon, Russie) sur la cessation de son programme nucléaire, tant qu'il serait sous le coup de sanctions économiques américaines. "Les manoeuvres militaires aventureuses des Etats-Unis comme les exercices militaires ou le blocus économique de la République démocratique de Corée (Nord) continuent d'être tolérées, alors que les tirs de missiles de routine de notre armée aux fins d'auto-défense sont condamnées comme +menaces à la paix et à la sécurité internationale+", a-t-il ajouté. Pyongyang avait annoncé en février 2005 qu'il avait des armes nucléaires mais aucun test de ces armes n'a été détecté. En juillet, la Corée du Nord avait défié la communauté internationale en testant sept missiles balistiques, dont un engin de longue portée, le Taepodong-2, qu'on estime capable d'atteindre la côte ouest des Etats-Unis. Le Conseil de sécurité des Nations unies, où siège la Chine, sa seule alliée, avait répondu en condamnant cet acte à l'unanimité et en lui imposant des sanctions. Dans son discours, M. Choe a également condamné ce qu'il a appelé "les actes unilatéraux et arrogants" de Washington qui deviennent "de plus en plus désinvoltes au point de mépriser le principe du respect de l'égalité des Etats souverains, fondement de la Charte des Nations unies, provoquant ainsi une sérieuse inquiétude de la société internationale". "Encore pires sont les invasions d'Etats souverains commises ouvertement ou encouragées sous le prétexte de la non-prolifération et de l'antiterrorisme, débouchant sur des massacres de gens innocents et la destruction de la paix et de la sécurité internationale", a-t-il ajouté.
4 septembre 2006 -
Le secrétaire d'État adjoint américain aux
Affaires asiatiques, Christopher Hill, est arrivé lundi
à Tokyo, première étape d'une tournée
régionale consacrée à la crise nord-coréenne,
et a aussitôt mis en garde Pyongyang contre un essai nucléaire.
«Je pense que tous les gouvernements du monde ont clairement
fait savoir qu'il s'agirait d'un événement malvenu,
et que la République démocratique populaire de Corée
(RDPC, nom officiel de la Corée du Nord) devrait vraiment
réfléchir longuement et intensément avant
de se livrer à une telle provocation», a déclaré
M. Hill à la presse. L'avenir pour la Corée du Nord
«n'est pas dans ces essais, mais dans le retour à
la table des négociations», a-t-il ajouté.
M. Hill devait rester au Japon jusqu'à mardi et se rendre
ensuite en Chine et en Corée du Sud. Sa visite en Asie
intervient alors que certains médias évoquent un
possible essai nucléaire nord-coréen. Le principal
négociateur américain sur le dossier nucléaire
nord-coréen s'était déjà rendu dans
la région en juillet, juste après les tirs d'essais
par Pyongyang de missiles balistiques qui avaient indigné
la communauté internationale. La Corée du Nord a
affirmé en février 2005 qu'elle possédait
des armes nucléaires, mais elle n'a jusqu'à présent
jamais procédé à un test. En septembre 2005,
Pyongyang avait accepté en principe de renoncer à
son programme nucléaire militaire en échange d'aide
internationale. Mais il s'était rétracté
et avait claqué la porte des négociations deux mois
plus tard, pour protester contre des sanctions financières
imposées par Washington. Le régime communiste refuse
depuis de revenir à la table des pourparlers multipartites
sur son programme nucléaire, qui regroupent également
la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, la Russie
et le Japon. La Corée du Nord «n'est pas aussi enthousiaste
que nous pour suivre la voie diplomatique. C'est évidemment
un très gros problème pour les négociations
à six», a commenté M. Hill. «Il n'y
a aucune raison que la RDPC reste en dehors du processus diplomatique.
Mon gouvernement est très engagé dans ces négociations»,
a-t-il conclu.
RTL (Belgique), 1/9/2006:
La Corée du Nord pourrait procéder
à un essai nucléaire faute d'une reprise rapide
des négociations multipartites sur ses programmes atomiques,
avertit un haut responsable sud-coréen. "On est tenté
de penser que le Nord ne prendrait pas le risque de conduire un
essai nucléaire qui aurait des conséquences désastreuses.
Mais il a une façon différente d'appréhender
les choses et pourrait y procéder en guise de démonstration
de force et pour pousser les Etats-Unis à agir", a
déclaré Chun Yung-Woo, chef de la délégation
sud-coréenne aux pourparlers à six (les deux Corées,
la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie) qui cherchent
en vain depuis trois ans à faire renoncer Pyongyang à
son programme nucléaire militaire.
Les Etats-Unis ont gelé en septembre 2005 les avoirs d'entreprises
nord-coréennes et d'entités soupçonnées
de servir de vitrine de blanchiment au profit du Nord pour financer
son programme nucléaire. Le régime communiste fait
de la levée de ces sanctions le préalable à
son retour à la table des négociations.
Le 5 juillet le régime stalinien avait procédé
au lancement sans préavis de sept missiles balistiques,
dont un "Taepodong-2" d'une portée pouvant aller
jusqu'à 6.700 km. Tous ces projectiles ont terminé
leur course dans la mer du Japon. Les craintes sur un éventuel
essai nucléaire du Nord ont été renforcées
par les récentes informations de la chaîne américaine
ABC selon lesquelles il pourrait préparer un test nucléaire
souterrain.
Le Soir, 16 juillet 2006:
Les Etats-Unis et la Chine ont appelé
la Corée du Nord à reprendre les négociations
sur son programme nucléaire, Washington estimant que Pyongyang
n'avait pas d'autre choix après avoir été
condamné unanimement à l'ONU pour ses essais de
missiles.
Le président chinois Hu Jintao a rencontré son homologue
américain George W. Bush en marge du G8 de Saint-Pétersbourg
au lendemain du vote d'une résolution du Conseil de sécurité
obtenue au terme de onze jours de discussions. Les deux parties
ont décidé de poursuivre leurs efforts pour promouvoir
les négociations à six pays sur le nucléaire
nord-coréen pour qu'au bout du compte l'ensemble de la
péninsule coréenne puisse être dénucléarisée
de manière pacifique par le dialogue et la négociation,
a-t-il expliqué.
M. Bush a de son coté remercié le président
Hu, dont le pays est le plus proche allié de Pyongyang,
pour le vote de la résolution qui impose des sanctions
ciblées. Washington avait accepté un adoucissement
du texte pour éviter un veto chinois. Les négociations
sur le programme nucléaire nord-coréen, lancées
en 2003 à Pékin, sont suspendues depuis septembre
dernier à la suite d'un refus de Pyongyang de revenir discuter.
Elles réunissent les deux Etats coréens, les Etats-Unis,
la Chine, la Russie et le Japon mais n'ont jusqu'à présent
abouti à aucun résultat concret significatif.
Un compromis rassurant
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice
a estimé de son coté que la condamnation de la Corée
du Nord au Conseil de sécurité allait forcer Pyongyang
à abandonner son boycottage. C'est une résolution
remarquable, et avec un vote affirmatif des Chinois, s'est
réjouie Mme Rice. Désormais, nous avons vraiment
une coalition, a-t-elle ajouté. C'est pourquoi,
je crois vraiment que la Corée du Nord n'aura pas d'autre
choix que le retour à la table des négociations.
Le Conseil de sécurité exige que la Corée
du Nord suspende toutes les activités liées à
son programme de missiles balistiques et demande aux Etats d'empêcher
des transactions en matière de missiles ou de technologies
liées. Cette résolution a été immédiatement
rejetée par Pyongyang.
Le régime communiste nord-coréen avait fait monter
considérablement la tension dans la région après
une série de tirs d'essai de sept missiles, dont un engin
capable d'atteindre des territoires américains, le 5 juillet.
Le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi, dont le pays était
à la pointe du combat pour obtenir une ferme condamnation
de Pyongyang, s'est réjoui du vote de New York. Le Conseil
de sécurité (...) a envoyé un message fort,
a-t-il souligné.
Dan Bartlett, un conseiller du président américain,
a estimé que la résolution du Conseil de sécurité
permettrait de prendre des mesures encore plus contraignantes
si Pyongyang continuait à ignorer les appels de la communauté
internationale. M. Bartlett a souligné que les Etats-Unis
n'étaient pas déçus d'avoir eu à diminuer
la portée de la résolution pour s'assurer le soutien
de la Chine. Nous sommes satisfaits de ce compromis débouchant
sur un vote unanime, a-t-il dit. La résolution nous
met définitivement sur la voie que nous préférons,
a estimé le responsable américain, expliquant qu'elle
était une base pour de futures négociations avec
la Corée du Nord.
Le NouvelObs, 6/7/06:
Voici les éditoriaux consacrés par les quotidiens
du jeudi 6 juillet à la crise diplomatique provoquée
les tirs de missiles effectués par la Corée du Nord.
NEW YORK (6/7/06) -
La Corée du Nord a promis jeudi de nouveaux tirs de missiles
et menacé de prendre des mesures de rétorsion "vigoureuses"
en cas de sanctions de l'Onu, où les Etats-Unis cherchent
à obtenir une réponse unie à Pyongyang.
"Le lancement réussi de missiles (contribue) à
renforcer nos capacités de légitime défense",
a déclaré le ministère nord-coréen
des Affaires étrangères. "Nos forces armées
vont poursuivre leurs tirs d'essai de missiles" pour "renforcer
notre pouvoir de dissuasion en légitime défense",
a-t-il ajouté.
"Si des sanctions sont imposées, toutes les mesures
de rétorsion seront prises", a renchéri Han
Song-ryol, numéro deux de l'ambassade de Corée du
Nord auprès de l'Onu.
Le Conseil de sécurité examine depuis mercredi la
façon d'accorder ses membres permanents sur la réplique
à donner, après les réticences de Moscou
et Pékin quant à la forme d'un texte et d'éventuelles
sanctions.
Jeudi, les experts des Quinze ont débattu pour le 2e jour
consécutif du projet de résolution japonais, qui
condamne les sept tirs de mercredi, appelle la Corée du
Nord à reprendre les négociations sur son programme
nucléaire et la menace de mesures punitives. Ils se sont
quittés au bout de deux heures, chaque partie campant sur
ses positions.
Suscitant les critiques d'une vaste partie de la communauté
internationale, la Corée du Nord a procédé
mercredi aux tirs d'essai de sept missiles, dont un Taepodong-2
d'une portée allant jusqu'à 6.700 km, suffisante
pour toucher l'Alaska. Pyongyang s'est déclaré puissance
nucléaire l'an dernier. Les missiles se sont tous abîmés
en Mer du Japon, le Taepodong-2 ayant terminé son vol au
bout d'une quarantaine de secondes.
"La diplomatie prend du temps, particulièrement lorsqu'il
y a plusieurs partenaires", a reconnu à Washington
le président américain George W. Bush, ajoutant
que le "problème ne sera pas réglé du
jour au lendemain". Il a ajouté qu'il privilégiait
une solution diplomatique à la crise, soulignant la nécessité
d'"une seule voix" pour celle-ci.
Pour l'ambassadeur américain à l'Onu, John Bolton,
"il est important que le Conseil de sécurité
s'exprime sous le chapitre VII (de la charte de l'Onu) afin de
produire une résolution contraignante".
Mais Moscou a clairement dit son opposition à des sanctions.
"Les tentatives d'invoquer immédiatement quelques
menaces ne mèneront qu'à des menaces en retour de
la Corée du Nord", a déclaré le chef
de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, tandis que le président
Vladimir Poutine appelait au "compromis".
"La pratique nous enseigne que le dialogue et la consultation
sont des moyens efficaces de régler les problèmes",
a aussi affirmé à Pékin le ministère
chinois des Affaires étrangères.
Après des discussions téléphoniques jeudi
avec les dirigeants chinois, japonais, russe et sud-coréen,
le président Bush s'est toutefois déclaré
"satisfait de la réponse (...) des dirigeants. Ils
sont, comme moi, préoccupés", a-t-il dit.
Pékin a annoncé l'envoi la semaine prochaine à
Pyongyang de son négociateur en chef pour le dossier nucléaire
nord-coréen, en sus du vice-Premier ministre Hui Liangyu
dont la visite était déjà prévue.
Le secrétaire d'Etat adjoint américain aux Affaires
asiatiques, Christopher Hill, doit entamer vendredi à Pékin
une tournée en Asie qui l'emmenera aussi à Séoul
et Tokyo. Il doit également se rendre à Moscou.
Selon les services de renseignements sud-coréens, la Corée
du Nord va procéder au tir d'essai d'un deuxième
missile à longue portée Taepodong-2 une fois réglés
les problèmes techniques qui ont fait échouer le
premier test.
Courrier International, 22 juin 2006:
La crainte d'un tir d'essai de missile intercontinental nord-coréen augmente la tension dans la région Asie-Pacifique, alors que les Etats-Unis ont mis en alerte leur bouclier antimissile. La presse internationale s'inquiète de l'aggravation de la crise.
Pyongyang avait procédé en 1998 à un tir d'essai de missile Taepodong-1
"Si la Corée du Nord persiste dans ses préparatifs de tir d'un missile Taepodong-2, les Etats-Unis devraient immédiatement montrer leur intention d'attaquer et détruire le missile avant son lancement." Dans un éditorial publié par le Washington Post, Ashton B. Carter, sous-secrétaire à la Défense sous Clinton, et William J. Perry, ancien ministre de la Défense américain, affichent leur inquiétude concernant un tir d'essai imminent par Pyongyang d'un missile balistique intercontinental non armé, mais capable de contenir une charge nucléaire. Avec une portée de 6 700 kilomètres, le Taepodong-2 pourrait atteindre le continent américain.
Depuis quelques jours, l'éventualité d'un tel tir a renouvelé la situation de crise dans la péninsule coréenne et la région Asie-Pacifique. De sources américaines, le missile est déjà installé sur son pas de tir et les techniciens nords-coréens terminent son ravitaillement en carburant. Outre les multiples mises en garde américaines, japonaises et sud-coréennes et la préoccupation exprimée par les voisins chinois, Washington a procédé le 20 juin au positionnement de navires militaires au large de la Corée du Nord et a mis en alerte son nouveau système de défense antimissile.
A cet égard, le Los Angeles Times exprime ouvertement certains doutes quant à la fiabilité du bouclier américain. "L'administration Bush a dépensé près de 43 milliards de dollars en cinq ans pour son système de défense antimissile, mais, alors que la Corée du Nord s'apprête à lancer son missile le plus perfectionné, les évaluations officielles et les rapports d'enquête inspirent peu de confiance quant à la pièce centrale du programme américain. Onze intercepteurs basés au sol, en Alaska et en Californie, la pierre angulaire du nouveau système américain, n'ont réussi aucun test en près de quatre années. Ils ont montré des défaillances dont les spécialistes ont, au moins en partie, rejeté la responsabilité sur George W. Bush, qui, en 2002, a ordonné leur mise en situation opérationnelle avant même la réussite de l'ensemble des tests", rappelle le grand quotidien californien, qui affirme, dans son éditorial, que Los Angeles pourrait être touchée par le Taepodong-2.
Pyongyang avait procédé en 1998 à un tir d'essai de missile Taepodong-1 d'une portée de 1 400 kilomètres et qui avait survolé le Japon. Le régime nord-coréen avait ensuite appliqué un moratoire sur des essais de tirs.
"Mais aujourd'hui, il existe une différence importante. La Corée du Nord se vante ouvertement de sa dissuasion nucléaire. Depuis 2003, elle a obtenu le plutonium nécessaire à la fabrication de six à huit bombes et se hâte d'en obtenir davantage dans son réacteur de Yongbyon. Les négociations à six [les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie] visant à contenir les armes de destruction massive nord-coréennes ont échoué", soulignent les deux experts américains dans le Washington Post.
Certains mettent en doute la capacité des Nords-Coréens à atteindre une telle portée avec un missile. Selon un expert militaire russe, cité par les Izvestia, "les Nord-Coréens ont fabriqué leur engin en utilisant un moyen primitif : nos missiles SCUD équipés de réservoirs de carburant supplémentaires. La portée augmente, mais on ne peut pas utiliser cette technique indéfiniment. D'autres matériaux et technologies sont nécessaires. En fin de compte, la portée n'est pas tout, la précision compte autant." Et le quotidien moscovite d'ajouter que la Corée du Nord a obtenu ces nouvelles technologies, "plutôt en provenance d'Iran ou du Pakistan, qui développent aussi activement leurs programmes de missiles".
Carter et Perry développent pour leur part un véritable plan d'action militaire des Etats-Unis anticipant le tir d'essai nord-coréen. Les deux hommes, qui ont participé en leur temps à la politique américaine en Corée du Nord, prônent "l'utilisation d'un missile de croisière lancé d'un sous-marin. L'explosion serait semblable à celle qui a tué le chef terroriste Al-Zarqaoui en Irak. Mais son effet sur le missile Taepodong serait dévastateur."
En définitive, la crise actuelle suscite nombre de commentaires pour la reprise d'urgence de négociations internationales. C'est l'avis du Los Angeles Times, qui note que "Kim Jong-il, le dangereux et excentrique dirigeant de Corée du Nord, renforce l'importance d'une approche multilatérale de la crise sur la péninsule coréenne".
"Nul ne sait si Pyongyang va procéder à un tir ou non. Mais moi, j'espère qu'ils vont effectuer ce test", annonce dans un commentaire publié par Asia Times, Ralph Cossa. Cet expert, président du Forum Asie-Pacifique basé à Honolulu, une antenne du Centre d'études internationales et stratégiques (CSIS) de Washington, défend un point de vue pour le moins déconcertant. "J'ai envie de dire : 'Feu !' à Pyongyang. Qui sait, cela pourrait donner aux autres membres des négociations à six la détermination nécessaire pour enfin hausser le ton avec la Corée du Nord et faire avancer le processus de dénucléarisation, aujourd'hui gelé."
Philippe Randrianarimanana
Le NouvelObs, 21/6/06:
Corées: la tension monte d'un cran
TOKYO (8 mars 2006) - La Corée du Nord ne retournera pas aux pourparlers à six sur son programme nucléaire tant que les Etats-Unis poursuivront leur campagne financière contre Pyongyang, a déclaré Ri Gun, un dirigeant nord-coréen, selon l'agence Kyodo. "Compte-tenu de ces pressions, nous ne pouvons retourner aux pourparlers à six", a-t-il dit. Les six pays aux négociations sont les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie. Les Etats-Unis accusent la Corée du Nord d'être impliquée dans la contrefaçon de dollars, le blanchiment d'argent et le trafic de drogue, des activités qui seraient destinées à financer son programme d'armement nucléaire. La Corée du Nord dément être impliquée dans ces activités illégales. La Corée du Nord, les Etats-Unis et la Chine ont eu plusieurs contacts bilatéraux pour tenter de résoudre ce différend qui fait obstacle à la reprise des négociations. La dernière série de discussions sur le dossier nucléaire a eu lieu en novembre.
WASHINGTON, 16 février 2006 - Les Etats-Unis ont rejeté jeudi les dernières
menaces proférées contre eux par la Corée
du Nord et écarté la levée de leurs sanctions
financières contre Pyongyang, comme préalable à
la reprise des négociations multilatérales sur le
nucléaire nord-coréen.
La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a déclaré
lors d'une audition au Congrès que les Etats-Unis maintiendraient
leurs sanctions en représailles contre la production de
faux dollars par Pyongyang, même si c'est au détriment
des négociations à six sur le nucléaire,
qui sont interrompues depuis plusieurs mois. Les participants
à ces pourparlers sont les Etats-Unis, les deux Corées,
la Chine, la Russie et le Japon.
"Les Etats-Unis doivent maintenir (la pression) avec ou sans
négociations à six", a déclaré
Mme Rice devant la commission budgétaire du Sénat.
La Corée du Nord fait de la levée de ces sanctions
financières le préalable à son retour à
la table des négociations multipartites qui tentent depuis
plus de deux ans de la convaincre de renoncer à l'arme
atomique.
Mme Rice a affirmé que les Etats-Unis étaient prêts
à reprendre les négociations et a appelé
la Chine, le principal fournisseur d'aide à la Corée
du Nord, de convaincre les dirigeants de Pyongyang à revenir
à la table de négociations.
Jeudi, la Corée du Nord a célébré
le 64e anniversaire de son "Cher Leader" Kim Jong-il,
par une nouvelle charge contre les "agresseurs" américains
qui seront "écrasés jusqu'au dernier homme"
en cas d'attaque.
"La crise nucléaire ne pourra jamais être résolue,
aussi longtemps que les Etats-Unis continuent de mener une politique
anachronique hostile contre" la Corée du Nord, a déclaré
Yang Hyong-sop, vice-président du praesidium de l'Assemblée
populaire suprême, Parlement nord-coréen.
5 décembre 2005 - La Corée du nord a menacé mardi ne pas
participer à de nouveaux pourparlers sur le nucléaire,
si les Etats-Unis ne lèvent pas les sanctions financières
la visant, a indiqué mardi l'organe de presse officiel
nord-coréen Rodong Sinmun.
"Il est impossible de reprendre les pourparlers à
six après les sanctions aussi provocantes des Etats-Unis
contre la République populaire démocratique de Corée",
a affirmé le quotidien cité par l'agence de presse
nord-coréenne KCNA.
En octobre, les Etats-Unis ont placé sur leur liste noire
huit sociétés nord-coréennes accusées
de blanchiment d'argent et de contrefaçon de devises qui
seraient destinées à financer la course à
l'armement atomique.
Le Monde, 14/11/2005:
Le ministre de l'unification sud-coréen,
Chung Dong-young, a indiqué lundi que la Corée du
Nord a proposé un plan en cinq étapes pour supprimer
progressivement son programme nucléaire militaire, lors
des discussions multilatérales qui se sont achevées
par un échec, vendredi, à Pékin.
Selon ce plan, Pyongyang s'engagerait à ne pas effectuer
d'essai nucléaire et à cesser tout transfert de
technologie et toute production de nouvelles armes nucléaires.
En outre, l'Etat stalinien s'engage à autoriser des inspections
de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)
et à réintégrer le traité de non-prolifération
nucléaire (TNP), qu'il avait quitté en 2003.
CHANTAGE AUX ÉTATS-UNIS
Les six pays participant aux négociations de Pékin
(Chine, Etats-Unis, les deux Corées, Japon et Russie) avaient
approuvé un texte dans lequel la Corée du Nord acceptait
le principe de renoncer à ses programmes nucléaires,
de manière vérifiable, en échange d'une aide
en matière d'énergie et des garanties de sécurité.
Mais la Corée du Nord, qui essaie d'obtenir la fourniture
d'un réacteur à eau légère avant de
procéder à un éventuel démantèlement
de ses installations, a fait monter les enchères vendredi,
affirmant qu'elle ne pouvait prendre aucun engagement tant que
les Etats-Unis maintiendraient des sanctions financières
à l'égard des firmes nord-coréennes.
Les six pays, qui tentent de rédiger une "feuille
de route" pour la mise en oeuvre des engagements pris le
19 septembre, doivent se retrouver à une date encore indéterminée.
SEOUL (27 octobre 2005) - La Corée du Nord prévient qu'un retrait militaire américain de Corée du Sud est nécessaire à la conclusion d'un accord au sujet de son programme nucléaire. Les négociations multilatérales sur le programme nucléaire de Pyongyang doivent reprendre début novembre. Environ 32.500 militaires américains stationnent en Corée du Sud et le régime communiste nord-coréen les considère comme une menace à son égard. Les médias officiels nord-coréens rapportent que les pourparlers à six n'aboutiront à des progrès qu'avec un retrait militaire américain de Corée du Sud. "Les solutions à la question nucléaire sur la péninsule coréenne, à la question de la sécurité et à la question de la réunification de la Corée dépendent du règlement de la question fondamentale, qui est le retrait des militaires américains de Corée du Sud", est-il écrit dans le journal Minju Joson. D'après ce journal, les forces américaines sont "comme un cancer" empêchant la paix et la réunification de la péninsule.
MOSCOU (26 octobre 2005) - Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé mercredi que le prochain cycle de négociations à six sur le programme nucléaire nord-coréen pourrait commencer le 7 novembre. "Selon les informations dont nous disposons, la possibilité d'entamer le cinquième cycle de pourparlers à six dans une semaine, le 7 novembre, est envisagée", a-t-on appris par voie de communiqué. La reprise de ces discussions le mois prochain était largement attendue mais aucune date n'avait été avancée jusqu'alors. Autour de la table sont réunis la Russie, la Corée du Nord, les Etats-Unis, la Corée du Sud, la Chine et le Japon.
RFI, 25/10/2005:
En septembre, dans la déclaration commune publiée à l'issue des pourparlers à six de Pékin, la Corée du Nord s'était engagée à renoncer à son programme nucléaire militaire. Mais les négociateurs avaient soigneusement évité de prendre position sur l'autre volet de cette affaire: l'exportation de technologies sensibles par le régime nord-coréen. Pyongyang est en effet soupçonné de prolifération dans deux domaines: la technologie de fabrication de missiles et la vente de matériel radioactif.
Comme le régime nord-coréen n'a pas l'intention d'arrêter cette prolifération, les Etats-Unis ont décidé de mettre en place une série de mesures qualifiées par la Maison Blanche de «défensives». La principale est la demande adressée à la Chine, à la Russie et aux pays d'Asie centrale d'interdire le survol de leur territoire par des avions nord-coréens qui pourraient transporter du matériel proliférant. Pour contenir la Corée du Nord, Washington veut également accélérer la mise en place de systèmes de détection dans la plupart des aéroports de la région. Les Américains soupçonnent Pyongyang de s'approvisionner en armes sensibles dans les anciennes républiques soviétiques. Enfin, les Etats-Unis veulent faire cesser certaines pratiques illicites dont sont accusés les Nord-coréens, notamment le trafic de drogue et le trafic de fausse monnaie, deux sources de revenus indispensables pour le financement de leur programme nucléaire.
Ces mesures visent aussi à renforcer
la position américaine lors des pourparlers de Pékin
dont la prochaine session doit se tenir début novembre.
Selon le sous-secrétaire d'Etat américain Robert
Joseph, «elles sont destinées à défendre
les intérêts des Etats-Unis et de leurs alliés».
Mais les alliés des Etats-Unis dans la région sont
divisés sur cette question. La Corée du Sud a déjà
averti que ces mesures défensives «peuvent provoquer
la colère de Pyongyang et bloquer les négociations».
La Russie ne soutient pas, elle non plus, les pressions américaines
contre le régime de Kim Jong-il. La seule puissance régionale
qui approuve la démarche de Washington est le Japon dont
le territoire, il est vrai, se trouve à portée des
tirs de missiles nord-coréens.
Any Bourrier
Le Monde, 21/10/05:
Le président chinois, Hu Jintao, doit
se rendre la semaine prochaine en Corée du Nord pour un
sommet avec le numéro un nord-coréen, Kim Jong-il,
ont annoncé vendredi les médias officiels chinois.
Sa première visite à Pyongyang depuis son accession
au pouvoir en 2002 aura lieu du 28 au 30 octobre, soit un mois
environ avant la reprise prévue, à Pékin,
des pourparlers multilatéraux sur le programme nucléaire
nord-coréen. La Chine reste le plus proche allié
de la dictature nord-coréenne, pays le plus isolé
au monde.
Un engagement solide vers le TNP
Le 19 septembre, les six pays impliqués dans les négociations
sur le nucléaire nord-coréen (Etats-Unis, les deux
Corées, Chine, Japon et Russie) sont parvenus à
signer une déclaration commune, dans laquelle Pyongyang
s'engage à renoncer à son programme nucléaire
militaire et à rejoindre le traité de non-prolifération
nucléaire (TNP) en échange d'un espoir de pouvoir
utiliser un jour l'énergie nucléaire à des
fins civiles. Les six pays se sont donné rendez-vous début
novembre, après que la Corée du Nord accepte
de revenir "sans condition" à la
table des pourparlers multilatéraux sur son programme nucléaire.
De retour vendredi d'une mission de bons offices à Pyongyang, un gouverneur américain a indiqué que la Corée du Nord voulait inviter le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei. "Les Nord-Coréens ont réaffirmé leur engagement d'adhérer au traité de non-prolifération et à l'AIEA", a déclaré Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique, lors d'une conférence de presse à Tokyo. " Ils ont aussi indiqué qu'ils inviteraient [en Corée du Nord], au moment approprié, des dirigeants de l'AIEA, y compris Mohamed ElBaradei", a poursuivi le gouverneur démocrate qui entretient des contacts privilégiés avec les Nord-Coréens.
06/10/05 - Le
Congrès américain a exprimé jeudi son scepticisme
sur l'accord de principe conclu récemment avec la Corée
du Nord sur l'abandon de son programme nucléaire militaire,
et averti qu'il ne donnerait pas automatiquement son feu vert
à l'octroi d'une aide énergétique à
Pyongyang. Les parlementaires ont insisté sur la nécessité
d'un accord "béton", pour s'assurer que Pyongyang
ne reniera pas ses engagements comme dans le passé. "Un
accord en bonne et due forme devra être sans la moindre
échappatoire pour éviter que l'on ne fasse cadeau
de la poule aux oeufs d'or en échange de nouvelles promesses
vides de Pyongyang", a déclaré le président
de la commission des Relations internationales de la Chambre des
représentants, le républicain Henry Hyde. La commission
menait jeudi des auditions sur l'accord obtenu le mois dernier
dans les pourpalers à Six se déroulant à
Pékin (les deux Corées, Etats-Unis, Chine, Japon,
Russie) et par lequel la Corée du Nord a accepté
en principe l'abandon de ses programmes d'armes nucléaires
en échange de garanties de sécurité, de la
fin de son isolement diplomatique et de l'octroi d'assistance
notamment énergétique. Mais dès l'accord
paraphé, la Corée du Nord avait annoncé que
le démantèlement de son programme nucléaire
militaire ne commencerait qu'après avoir reçu des
réacteurs nucléaires à eau légère
américains pour pouvoir produire de l'électricité.
Les Etats-Unis ont souligné que l'accord de principe signé
récemment était sans ambigüité, et qu'un
démantèlement vérifiable du nucléaire
nord-coréen en constituait la première étape.
M. Hyde a souligné qu'il ne fallait pas s'attendre à
ce qu'une assistance énergétique à la Corée
du Nord passe comme une lettre à la poste au Congrès
alors que les Etats-Unis sont confrontés chez eux aux destructions
massives provoquées par le cyclone Katrina et au prix record
de l'essence. "Fournir encore du fuel à Pyongyang
alors que le prix de l'essence atteint maintenant en moyenne trois
dollars aux Etats-Unis, fera attraper un coup de sang à
beaucoup de monde", a-t-il dit. De son côté,
le principal démocrate siégant à la commission,
Tom Lantos, a averti que le Congrès n'aurait ni la patience
ni la volonté de tolérer longtemps des tactiques
dilatoires de négociations, lorsque les pourparlers à
Six reprendront le mois prochain à Pékin.
Libération, jeudi 29 septembre 2005:
Malgré les succès d'annonce, la prolifération nucléaire a de beaux jours devant elle. C'est ce que confirme l'accord bancal intervenu le 19 septembre entre la Corée du Nord et les cinq pays (Etats-Unis, Chine, Japon, Russie et Corée du Sud) qui négocient depuis près de trois ans avec Pyongyang dans l'espoir de convaincre cet Etat stalinien de renoncer aux armes nucléaires. Selon ce texte, rédigé en grande partie par la diplomatie chinoise, la Corée du Nord s'engage à «abandonner ses armes nucléaires et ses programmes nucléaires existants», à respecter «à une date rapprochée» le traité de non-prolifération nucléaire (TNT) et à reconnaître l'autorité de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) des Nations unies. En échange, les Etats-Unis promettent une normalisation de leurs relations avec Pyongyang (s'engagent à ne pas attaquer militairement le pays) et l'ouverture de discussions, «au moment approprié», sur la livraison d'un réacteur nucléaire à eau légère (donc, non proliférant) à la Corée du Nord.
L'affaire était trop belle pour être vraie. L'encre de
l'accord était à peine sèche, que la Corée du Nord faisait savoir que «les Etats-Unis ne devaient pas rêver» et qu'elle n'abandonnerait ses armes et ses programmes nucléaires qu'après avoir reçu, non pas un, mais deux réacteurs nucléaires à eau légère. Revendication en contradiction totale avec la déclaration de Pékin, qui prévoit comme début du processus la fin des activités nucléaires militaires nord-coréennes, le retour de Pyongyang au TNP, donc celui des inspecteurs de l'AIEA. Le revirement nord-coréen a entraîné cette réflexion désabusée de Christopher Hill, le négociateur américain : «La vie est trop courte pour surréagir à chaque déclaration de Pyongyang. Cette dernière n'est pas bienvenue mais elle n'est pas non plus inattendue.»
Conclusion provisoire de l'épisode : le jeu du chat et
de la souris auquel se livrent les Etats-Unis et la Corée du Nord depuis que cette dernière est soupçonnée d'avoir violé les accords conclus en 1994 avec l'administration Clinton, va se poursuivre le mois prochain si Kim Jong-il daigne envoyer ses représentants à la nouvelle réunion des Six. Le dictateur nord-coréen peut d'autant plus compter sur le soutien discret de la Chine et de la Corée du Sud (qui ne veulent à aucun prix d'une intervention militaire américaine), que Bush se débat toujours dans le bourbier irakien et dans les difficultés intérieures. Ce qui explique l'attitude moins intransigeante adoptée par Condoleezza Rice depuis qu'elle a pris la direction du département d'Etat et envoyé aux Nations unies le bouillant John Bolton, dont dépendaient auparavant les négociations avec Pyongyang.
Il est plus que probable que le nouveau réalisme américain sera interprété comme un signe de faiblesse par Kim Jong-il et comme une incitation à verrouiller encore plus son pays. Ne vient-il pas de mettre fin à l'aide que lui fournit le Programme alimentaire mondial et dont bénéficie plus du quart de la population ? Elle sera remplacée par des aides chinoise et sud-coréenne, Pékin et Séoul étant moins regardant que l'Agence des Nations unies quant à l'équité des distributions alimentaires.
Les choses ne vont guère mieux en ce qui concerne les programmes nucléaires iraniens. La médiation européenne ayant échoué, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont accepté la vieille demande américaine de saisine du Conseil de sécurité aux fins de sanctionner Téhéran pour ses violations supposées du TNP. Là aussi la partie a dû être remise à plus tard du fait de l'opposition de la Russie et de la Chine. La première est engagée dans un partenariat nucléaire civil avec Téhéran. La seconde est «tenue» par ses besoins en pétrole iranien dont elle a multiplié les achats depuis quelques années. Résultat : si le principe d'une saisie du Conseil de sécurité a bien été retenu par le conseil d'administration de l'AIEA, il faudra un nouveau vote pour que la décision soit confirmée et appliquée. D'ici là et pour y échapper, Téhéran va utiliser ouvertement l'arme du gaz et du pétrole ; plus discrètement, celle de son influence sur les chiites irakiens. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, n'avait pas manqué d'enfoncer le clou dès sa prise de fonction en déclarant que «les liens économiques ne sont pas étrangers aux liens politiques». Le secrétaire du puissant Conseil suprême de la sécurité nationale, Ali Larijani, a été encore plus précis lorsqu'il a affirmé récemment : «Certains pays ayant des intérêts économiques, en particulier pétroliers, ne font pas preuve d'un esprit de responsabilité ; le Conseil suprême est décidé à traiter leur participation dans des projets énergétiques en conséquence.» Le message visait particulièrement le Royaume-Uni et la France, Royal Dutch Shell et Total attendant confirmation d'importants contrats iraniens. L'Inde est également dans le collimateur de Téhéran : bien qu'ayant conclu un contrat prévoyant l'achat pendant vingt-cinq ans, d'importantes quantités de gaz liquéfié iranien, elle a voté la première résolution de l'AIEA. D'où cette déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, pour dissuader New Delhi de récidiver : «Ce que les Indiens ont fait est très étrange et nous en sommes très mécontents.»
Jacques AMALRIC
SEOUL (21/09/2005) - Deux
jours après s'être engagée, lundi, à
abandonner l'ensemble de ses programmes nucléaires, la
Corée du Nord a accusé mercredi les Etats-Unis de
la désarmer pour mieux l'"écraser" ensuite
à l'aide d'armes nucléaires.
"L'intention ultime des Etats-Unis (...) est claire comme
le jour. En un mot, ils entendent nous désarmer puis nous
écraser jusqu'à la mort avec des armes nucléaires",
selon un éditorial relayé par l'agence de presse
officielle nord-coréenne KCNA.
Lundi, la Corée du Nord s'est engagée à renoncer
à l'ensemble de ses programmes nucléaires et à
rejoindre le Traité de non prolifération (TNP) dès
que possible, en échange d'une assistance énergétique
et d'assurances en matière de sécurité. Washington
et les pays de la région se sont toutefois montrés
circonspects.
Il s'agit du premier geste de Pyongyang depuis le début
des pourparlers à six, engagés en août 2003,
entre la Chine, le Japon, la Russie, les Etats-Unis et les deux
Corées. Mais cet accord n'est destiné qu'a établir
les principes généraux d'un désarmement coréen.
Les négociateurs se sont mis d'accord pour une nouvelle
rencontre début novembre destinée à en préciser
les détails.
C'est là que doivent commencer les difficultés,
selon les responsables ayant participé aux discussions.
"Se mettre d'accord sur une déclaration commune ne
signifie pas qu'une solution à nos problèmes a été
trouvée", observait ainsi lundi le Japonais Kenichiro
Sasae.
Le Monde, 20/09/2005:
Le chef de la délégation nord-coréenne
aux pourparlers sur le nucléaire, Kim Gye-gwan, a réaffirmé,
mardi 20 septembre, que la Corée du Nord ne démantèlerait
pas son programme d'armement nucléaire avant d'obtenir
un réacteur à eau légère pour fabriquer
de l'électricité. "On nous demande de renoncer
à tous nos armements, mais il n'y a rien auquel nous puissions
renoncer en premier", a-t-il déclaré aux
journalistes, peu avant de quitter Pékin.
Le ministre des affaires étrangères nord-coréen,
Kim Kye-gwan, a également affirmé que la fourniture
de réacteurs à eau légère prouverait
que Washington a bien tourné le dos à sa "politique
hostile" à l'égard de la Corée du
Nord. "Les Etats-Unis ne devraient même pas rêver
de la question du démantèlement de la dissuasion
nucléaire de la Corée du Nord avant d'avoir fourni
des réacteurs à eau légère, une garantie
concrète pour instaurer la confiance", a aussi
déclaré un porte-parole du ministère des
affaires étrangères dans un communiqué transmis
par l'agence de presse officielle Korean Central News Agency à
Séoul.
Ces propos remettent en cause la plus importante percée
obtenue depuis deux ans dans les négociations à
six sur la dénucléarisation de la péninsule
coréenne.
IRRITATION DES ÉTATS-UNIS ET DU JAPON
"De telles déclarations ne peuvent
pas être acceptées, a
déclaré le ministre des affaires étrangères
japonais, Nobutaka Machimura, lors d'un point de presse. Elles
semblent indiquer que la seconde étape des négociations
a déjà commencé."
De même, le département d'Etat américain a
estimé que les nouvelles exigences de la Corée du
Nord étaient une entorse à l'accord de la veille."De
toute évidence, cela ne correspond pas à l'accord
[que les Nord-Coréens] ont signé, et nous
verrons ce que nous réservent les prochaines semaines",
a déclaré le porte-parole du département
d'Etat.
Lundi, à l'issue de pourparlers multipartites à
Pékin, la Corée du Nord s'était engagée
à abandonner son programme d'armements nucléaires
en échange d'engagements pour lui procurer de l'aide et
de la sécurité. Selon un communiqué commun
rédigé par les six pays négociateurs (les
deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie),
la demande de réacteurs à eau légère
de Pyongyang devait être discutée "à
une date ultérieure".
Les Etats-Unis se sont toutefois montrés prudents lundi,
affirmant que l'accord restait à être appliqué.
"Il y a aujourd'hui un progrès, qui consiste en partie
pour les Nord-Coréens à comprendre notre sérieux
à ce sujet. Nous escomptons qu'il y aura un processus de
vérification", avait déclaré le
président Bush à des journalistes. Condoleezza Rice
avait, elle aussi, estimé que le geste de Pyongyang ne
constituait "qu'un premier pas" et demeurait
suspendu "à la mise en oeuvre effective de ces
accords". "Cela nous obligera sans aucun doute
à affronter les difficiles questions de la vérification
du démantèlement des programmes nucléaires
nord-coréens", avait poursuivi la secrétaire
d'Etat.
Soucieuse de ne pas jeter d'huile sur le feu, la Corée
du Sud a estimé, pour sa part, que la réaction de
son voisin était attendue et qu'elle ne remettait pas foncièrement
en cause l'accord de la veille.
La Corée du Nord a en fait toujours exigé de recevoir
l'aide promise avant de démanteler son programme nucléaire,
alors que les Etats-Unis demandent l'arrêt de toute activité
sensible avant d'offrir la moindre garantie.
Les délégations des six pays (Chine, Russie, les
deux Corée, le Japon et les Etats-Unis) sont convenues
de se retrouver début novembre dans la capitale chinoise
pour un cinquième cycle de discussions.
PEKIN (19 septembre 2005) - Les pourparlers multilatéraux sur le programme
nucléaire nord-coréen ont été sauvés
lundi avec l'adoption d'une déclaration conjointe dans
laquelle Pyongyang s'engage à abandonner son arsenal atomique
militaire contre l'espoir d'utiliser l'énergie nucléaire
à des fins civiles.
16/9/05 - La
Corée du Nord a annoncé vendredi à Pékin
qu'elle ne renoncerait pas à son programme nucléaire
en l'absence de contrepartie. "La demande des Etats-Unis
exigeant que nous abandonnions d'abord notre pouvoir de dissuasion
nucléaire d'autodéfense (...) est parfaitement naïve"
, a déclaré aux journalistes le porte-parole de
la délégation nord-coréenne, Hyun Hak-bong.
"Notre position est la suivante: n'y pensez même pas",
a-t-il ajouté.
La Chine a posé un ultimatum de 24 heures aux participants
aux pourparlers nucléaires nord-coréens pour qu'ils
s'accordent sur un texte commun et mettent fin à l'impasse
dans laquelle s'enlisent depuis quatre jours les négociations
de Pékin.
SEOUL (29 aout 2005,) - Les pourparlers multinationaux sur le nucléaire
nord-coréen, qui devaient reprendre cette semaine à
Pékin, ont été reportés, a indiqué
lundi un responsable sud-coréen, tandis que le chef de
la diplomatie nord-coréenne évoquait "la mi-septembre"
comme possible nouvelle date. "Un consensus a été
établi entre les parties engagées selon lequel les
pourparlers devraient être repoussés pour des raisons
internes et externes", a déclaré un responsable
du ministère sud-coréen des Affaires étrangères
sous couvert de l'anonymat. "Je pense que les discussions
seront reportées pour une petite période",
a-t-il ajouté sans donner plus de précisions. A
Tokyo, le ministre nord-coréen des Affaires étrangères
Paek Nam-sun, cité par l'agence de presse japonaise Kyodo
dans une dépêche datée de Pyongyang, a indiqué
que les pourparlers ne reprendraient pas avant la mi-septembre.
Interrogé sur la date possible de nouveaux pourparlers,
M. Paek a répondu: "Avant la fin septembre (...) si
les choses se passent bien, mi-septembre est aussi possible",
selon Kyodo. Le ministre nord-coréen estime que la reprise
des discussions "dépend des Etats-Unis". Le chef
de la diplomatie nord-coréenne, tout comme le responsable
sud-coréen, ont expliqué le refus de Pyongyang par
la tenue de manoeuvres militaires conjointes de douze jours entre
les armées sud-coréenne et américaine depuis
le 22 août.
Pyongyang a comme à l'accoutumée stigmatisé
ces exercices réguliers, les qualifiant de répétition
à une invasion de la Corée du Nord. Le régime
communiste accuse à l'envi Washington de vouloir renverser
la dictature, avançant cette raison comme justification
pour se doter de l'arme nucléaire. Les six pays participants
aux négociations multilatérales (les deux Corées,
la Chine, le Japon, les Etats-Unis et la Russie) devaient reprendre
cette semaine des discussions tenues pendant treize jours fin
juillet/début août à Pékin. La Corée
du Nord, qui avait accepté de revenir à la table
des négociations après plus d'un an d'interruption,
refuse jusqu'à présent de signer un projet de texte
qui ne lui garantisse pas le droit à des activités
nucléaires civiles. Le régime serait en revanche
prêt à renoncer à son armement nucléaire,
qu'il dit déjà posséder, en échange
de compensations et de garanties.
Le responsable sud-coréen a également cité
comme pierre d'achoppement la nomination de Jay Lefkowitz au poste
d'émissaire du président américain George
Bush sur les droits de l'homme en Corée du Nord. Le Rodong
Sinmun, organe officiel du régime communiste, avait demandé
l'annulation de cette décision, estimant qu'elle n'était
"pas de bon augure" pour la reprise des pourparlers.
TOKYO (25 août 2005) - Les pourparlers multipartites sur la crise nucléaire
nord-coréenne reprendront le vendredi 2 septembre à
Pékin, a indiqué jeudi à Tokyo le vice-ministre
chinois des Affaires étrangères Wu Dawei. Six pays
participent à ces discussions.
M. Wu a mentionné cette date lors d'une rencontre avec
les dirigeants du Parti social-démocrate japonais (ex-socialiste)
à Tokyo. Les six pays participants aux négociations
multilatérales (les deux Corées, la Chine, le Japon,
les Etats-Unis et la Russie) se sont rencontrés fin juillet/début
août à Pékin.
Mais incapables de finaliser un accord, ils avaient décidé
une pause de trois semaines, le 7 août dernier. La Corée
du nord, qui avait accepté de revenir à la table
des négociations après plus d'un an d'interruption,
refuse jusqu'à présent de signer un projet de texte
qui ne lui garantisse pas le droit à des activités
nucléaires civiles.
SÉOUL (11 août 2005)
- La Corée du Sud a annoncé
qu'elle soutenait l'exigence de la Corée du Nord de maintenir
son programme nucléaire civil pour produire de l'énergie.
Elle défie ainsi les Etats-Unis.
«Notre position est que l'exigence de la Corée du
Nord d'être autorisée à poursuivre un programme
nucléaire pacifique devrait être acceptée
car c'est son droit fondamental», a déclaré
le ministre sud-coréen chargé de l'Unification,
Chung Dong-Young dans une interview à l'agence d'information
par internet Media Daum.
Il a toutefois admis que sans le feu vert américain, il
serait impossible à la Corée du Nord de mener à
bien son projet de construction de réacteurs à eau
légère pour produire de l'énergie.
Un des problèmes majeurs ayant provoqué l'échec
des négociations multipartites sur le dossier nucléaire
nord-coréen est cette volonté de Pyongyang de conserver
un programme nucléaire civil. Les Etats-Unis rejettent
cette demande.
«Ils ne veulent pas seulement le droit au nucléaire
civil, ils veulent le droit d'utiliser des réacteurs à
eau légère, c'est hors de question», avait
déclaré mercredi à Washington le négociateur
américain aux pourparlers multilatéraux, Christopher
Hill. De tels réacteurs peuvent être utilisés
pour développer un armement nucléaire. M. Hill
espère parvenir à un accord début septembre.
Les négociations à six (Corée du Nord, Corée
du Sud, Etats-Unis, Chine, Japon et Russie), qui visent au démantèlement
du programme nucléaire nord-coréen en échange
de concessions dans les domaines économique et diplomatique
et de garanties en matière de sécurité, ont
été suspendues dimanche dernier sans qu'un accord
soit atteint. Elles doivent reprendre le 29 août à
Pékin.
La Corée du Nord avait fait monter les enchères
en février dernier en déclarant qu'elle disposait
d'armes atomiques.
PEKIN (7 aout 2005) - Voici les grandes dates dans le bras-de-fer sur le nucléaire nord-coréen:
1993:
- 12 mars: la Corée du Nord, soupçonnée de
mettre au point des armes nucléaires, annonce son retrait
du Traité de non-prolifération nucléaire
(TNP), avant de suspendre sa décision en juin à
l'issue de négociations avec les Etats-Unis
1994:
- 17 octobre: Pyongyang et Washington signent à Genève
un accord dans lequel la Corée du Nord s'engage à
geler et éventuellement démanteler son programme
d'armement nucléaire en échange d'aide internationale
pour la construction de deux réacteurs producteurs d'énergie
1998:
- 31 août: Pyongyang tire un missile qui survole le Japon
et atteint le Pacifique, prouvant que les Nord-Coréens
peuvent frapper n'importe quelle partie du territoire japonais
- 17 novembre: première session de pourparlers USA-Corée
du Nord sur la construction d'une installation nucléaire
souterraine. Washington exige des inspections
1999:
- février-mars: au cours d'une quatrième session
de pourparlers à New York, Pyongyang accepte de laisser
accès au site suspect en échange d'aide alimentaire.
Les inspecteurs américains visiteront le site en mai sans
y trouver de preuve d'activité nucléaire
- 25-28 mai: l'ex-ministre américain de la Défense
William Perry se rend en Corée du Nord et présente
une proposition de désarmement
- 17 septembre: le président américain Bill Clinton
accepte le premier allégement de sanctions économiques
sur Pyongyang depuis la fin de la guerre de Corée en 1953
- 24 septembre: Pyongyang accepte de geler les essais de missiles
longue portée pendant la durée des négociations
- 15 décembre: un consortium international américano-asiatique
signe un contrat de 4,6 milliards de dollars pour la construction
de deux réacteurs en Corée du Nord
2001:
- 26 novembre: le président américain George W.
Bush prévient que l'Irak et la Corée du Nord auront
à "rendre des comptes" s'ils mettent au point
des armes de destruction massive
2002:
- 29 janvier: M. Bush définit la Corée du Nord,
l'Irak et l'Iran comme faisant partie d'un "axe du Mal"
- 16 octobre: des responsables américains révèlent
que Pyongyang reconnaît avoir un programme secret d'enrichissement
de l'uranium
- 11 novembre: les Etats-Unis, le Japon et la Corée du
Sud suspendent les livraisons de pétrole à la Corée
du Nord prévues par l'accord de 1994
- 11 décembre: Pyongyang annonce la relance des activités
de la centrale de Yongbyon, gelées en vertu de l'accord
de 1994. Le 30, la Corée du Nord expulse les inspecteurs
en désarmement de l'AIEA
2003:
- 10 janvier: la Corée du Nord annonce qu'elle va quitter
le TNP
- 6 février: Pyongyang annonce la réactivation de
toutes ses installations nucléaires
- avril: début des pourparlers USA-Corée du Nord
à Pékin pour tenter de sortir de la crise. Des responsables
nord-coréens disent en privé aux Américains
qu'ils disposent d'armes nucléaires et pourraient les tester,
les exporter ou les utiliser, en fonction des actions américaines
- 12 mai: Pyongyang dénonce l'accord passé en 1992
avec la Corée du Sud sur une péninsule coréenne
dénucléarisée
- 27-29 août: premier round des pourparlers à six
sur le nucléaire nord-coréen, réunissant
à Pékin les deux Corée, la Chine, le Japon,
la Russie et les Etats-Unis
2004:
- 25-28 février: deuxième round des pourparlers
à six
- 23-26 juin: troisième round
- 23 août: la Corée du Nord refuse d'assister à
un quatrième round, accusant Washington d'être "hostile"
2005:
- 18 janvier: la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza
Rice qualifie la Corée du Nord d'"avant-poste de la
tyrannie" dans le monde
- 10 février: Pyongyang annonce disposer de l'arme nucléaire
et dit rester en dehors des pourparlers à six
- 11 mai: Pyongyang annonce avoir achevé l'extraction de
8.000 barres de combustible irradié du réacteur
atomique du site de Yongbyon, geste destiné à récolter
du plutonium nécessaire à un éventuel essai
souterrain
- 16 mai: reprise des pourparlers directs entre les deux Corée
pour la première fois en dix mois
- 9 juillet: Pyongyang accepte de revenir à la table des
négociations après que Washington eut reconnu la
souveraineté du Nord
- 26 juillet-7 août: quatrième session de pourparlers
à six, suspendue au bout de 13 jours en l'absence d'accord.
Les discussions doivent reprendre le 29 août.
PEKIN (1 aout 2005) - Les
pourparlers multilatéraux de Pékin sur le programme
nucléaire nord-coréen sont entrés dans leur
deuxième semaine lundi avec l'examen d'une proposition
chinoise révisée et une nouvelle rencontre entre
Américains et Nord-Coréens, mais sans résultat
apparent.
En fin de journée, aucun texte n'avait encore été
signé pour clore cette quatrième série de
discussions, la plus longue depuis le début d'un processus
démarré en août 2003 pour que la Corée
du Nord renonce à ses ambitions nucléaires.
Le chef de la délégation américaine, Christopher
Hill, s'est voulu optimiste au septième jour consécutif
de négociations malgré les divergences qui persistent
entre Washington et Pyongyang. "Je pense que cela avance
plutôt bien. Nous allons voir", a-t-il déclaré
à des journalistes.
Les chefs adjoints des six délégations représentant
les deux Corées, la Chine, le Japon, les Etats-Unis et
la Russie ont planché pendant environ trois heures et demi
sur un nouveau document visant à établir des points
de consensus pour une péninsule coréenne dénucléarisée,
ont indiqué des sources proches des délégations.
De laborieuses négociations n'avaient pas permis de trouver
un accord dimanche et la Chine, principal allié de la Corée
du Nord, a refait une proposition dans la nuit, a indiqué
Christopher Hill.
Le Japon, notamment, n'était pas satisfait du premier texte
qui ne faisait pas mention des enlèvements de 13 ressortissants
nippons par le régime de Pyongyang dans les années
1970 et 80. "Dans la nuit, les Chinois ont travaillé
sur une nouvelle version (...) ma délégation en
a discuté, y trouvant des points de satisfaction et d'autres
qui ne nous conviennent pas", a dit M. Hill.
Les Etats-Unis et la Corée du Nord campent sur leurs positions.
Les premiers veulent que les Nord-Coréens démantèlent
leurs installations nucléaires avant de discuter normalisation
et aide économique tandis que Pyongyang, qui a admis en
février posséder l'arme atomique, exige le contraire.
Les chefs des deux délégations ont eu lundi deux
nouveaux entretiens en marge des pourparlers, ce qui porte à
huit ce genre de rencontres depuis le début des nouvelles
discussions, le 26 juillet.
Une source proche des négociations a indiqué qu'une
première rencontre avaient été organisée
dans la matinée et que "les Etats-Unis et la Corée
du Nord ont eu un deuxième entretien bilatéral dans
l'après-midi".
Rien n'a filtré sur ces tête-à-tête
pas plus que sur les autres discussions bilatérales qui
ont animé la journée. "Les négociateurs
ont eu de fréquents contacts et ont discuté en profondeur
sur les termes du projet de document conjoint", a simplement
indiqué un membre de la délégation chinoise
à l'agence officielle Chine Nouvelle.
Aucune date n'a été fixée pour la fin de
ces discussions. Les analystes voient dans leur durée sans
précédent une forme de progrès après
une année de totale impasse qui n'avait pu réunir
les six protagonistes malgré les appels répétés
des Chinois à reprendre les négociations.
26/7/2005 - De nouveaux pourparlers sur le programme nucléaire de la Corée du Nord ont débuté ce matin à Pékin. Comme lors des trois cycles de négociations précédents, des émissaires américains, chinois, russes, japonais, nord-coréens et sud-coréens sont présents.
PEKIN (26 juillet 2005) - Les Etats-Unis ont affiché mardi leur volonté
de conciliation avec la Corée du nord, qualifié
de pays "souverain", à l'occasion de l'ouverture
à Pékin d'une quatrième série de pourparlers
sur le programme nucléaire nord-coréen, dont Pyongyang
s'est dit prêt à envisager l'abandon. "Pour
nous, la souveraineté de la République populaire
et démocratique de Corée (RPDC, Corée du
nord) est une réalité", a déclaré
le secrétaire d'Etat adjoint pour le Pacifique et l'Extrême-Orient,
Christopher Hill, qui dirige la délégation américaine
aux pourparlers. Il a appelé la Corée du nord à
"prendre la décision de démanteler son programme
nucléaire de façon permanente, complète et
vérifiable".
La Corée du nord de son côté s'est dit "entièrement
prête" à travailler à une dénucléarisation
de la péninsule coréenne. Son négociateur
Kim Gye-Gwan a ajouté que cet objectif demandait "une
volonté politique inébranlable et des décisions
stratégiques". Le revirement est spectaculaire par
rapport au mois de février, lorsque Pyongyang avait annoncé
sa volonté de renforcer son arsenal nucléaire pour
se protéger de la volonté américaine de renverser
son régime, et que Washington avait qualifié le
pays stalinien de "poste avancé de la tyrannie".
Les trois précédentes séries de pourparlers
organisées à Pékin entre août 2003
et juin 2004 et regroupant les deux Corées, les Etats-Unis,
la Chine, le Japon et la Russie n'avaient pas permis de débloquer
la crise ouverte en octobre 2002. Les Etats-Unis avaient alors
annoncé que Pyongyang poursuivait un programme secret d'enrichissement
d'uranium, en violation d'un accord bilatéral signé
en 1994.
La Corée du nord avait ensuite quitté le Traité
de non-prolifération en janvier 2003 et l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) avait estimé en mai
dernier qu'elle possédait six armes nucléaires.
Le chef de la délégation de Séoul a déclaré
"J'espère que la Corée du nord va s'engager
clairement pour abandonner ses ambitions nucléaires et
que les autres pays vont également prendre un engagement
clair pour des mesures en retour, comme la normalisation des relations
et des garanties de sécurité", a ajouté
le négociateur de Séoul. Il a souligné que
son gouvernement n'avait pas ménagé ses efforts
pour permettre une telle normalisation. "La proposition de
fournir directement deux millions de kilowatts d'électricité
au Nord s'il démantèle son programme nucléaire
fait partie de ces efforts", a encore déclaré
M. Song.
Enfin, le Japon a réitéré mardi que le règlement
de la question de l'enlèvement de 13 de ses ressortissants
par des agents nord-coréens dans les années 1970-80
faisait partie des conditions pour qu'il normalise ses relations
avec Pyongyang.
PEKIN (25 juillet 2005) - Les Etats-Unis ont accepté ce lundi de tenir
des discussions bilatérales avec la Corée du Nord,
à la veille des pourparlers internationaux sur son armement
nucléaire, a annoncé le négociateur américain
en chef, Christopher Hill.
"Nous allons voir la délégation de la Corée
du Nord cet après-midi" (lundi), a déclaré
M. Hill à la presse. "Je veux souligner qu'il ne s'agit
pas de négociations. Nous tentons simplement de nous mettre
au fait de la situation, de passer en revue comment nous voyons
les choses évoluer et de comparer les notes", a-t-il
ajouté.
"Nous avons hâte de travailler dur afin de réaliser
des progrès", a dit M. Hill, secrétaire d'Etat
ajoint pour le Pacifique et l'Extrême-Orient, peu après
une rencontre avec le négociateur en chef de la Corée
du Sud, Song Min-Soon.
Cette déclaration intervient à la veille de la reprise
des pourparlers multilatéraux, mardi à Pékin,
qui réuniront les deux Corées, les Etats-Unis, la
Chine, le Japon et la Russie, afin de tenter de convaincre le
Nord de renoncer à son armement nucléaire. Trois
séries de négociations avaient déjà
eu lieu depuis 2003 sans réussir à dénouer
une crise qui perdure depuis octobre 2002.
Le régime communiste nord-coréen a régulièrement
fait de discussions bilatérales avec les Etats-Unis une
des conditions de tout progrès dans les négociations
nucléaires. Commentant l'entretien entre M. Hill et le
chef de la délégation de Séoul, un responsable
sud-coréen a déclaré que "cette fois,
nous devons arriver à un accord. Nous avons eu un dialogue
avec cet objectif à l'esprit". A son arrivée
dimanche dans la capitale chinoise, le négociateur américain
avait déclaré que "nous sommes venus ici avec
l'idée de faire des progrès véritables...
Nous devons retrousser nos manches et faire de notre mieux".
Les Etats-Unis ont récemment changé de ton vis-vis
du régime stalinien de Pyongyang, le président George
W. Bush parlant de "Monsieur Kim Jong-Il", tandis que
la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice
avait assuré au début du mois que son pays n'avait
pas l'intention d'attaquer la Corée du Nord. De son côté,
la délégation russe est arrivée lundi matin
dans la capitale chinoise, où les négociateurs des
six pays sont désormais présents.
SEOUL (19 juillet 2005) - Les pourparlers sur le désarmement nucléaire entre la Corée du Nord et cinq autres pays reprendront le 26 juillet, a annoncé le ministère sud-coréen des Affaires étrangères, mardi. Le 9 juillet dernier, Pyongyang annonçait que la Corée du Nord acceptait, après plus d'un an de boycott, de revenir à la table des négociations sur le nucléaire auxquelles participent six pays dont les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Japon, et la Corée du Sud. Cette annonce avait été faite à l'issue d'une rencontre entre des émissaires de la Corée du Nord et des Etats-Unis à Pékin. Elle coïncidait avec le début de la tournée en Asie de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice.
Courrier international,13 juil. 2005:
Kim Jong-il a piégé Bush dans son poker nucléaire
PEKIN (9 juillet 2005) - La Corée du Nord a accepté de reprendre ce mois-ci les pourparlers à six sur son programme nucléaire, suspendus pendant plus d'un an, annoncent l'agence de presse officielle nord-coréenne et un responsable américain. Ce dernier a déclaré que Pyongyang avait promis d'y participer dans l'optique de faire progresser le dossier. Les autres participants à ces discussions sont les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon, la Russie et la Chine. "Les deux parties sont convenues d'ouvrir la quatrième série de pourparlers à six dans la semaine du 25 juillet", écrit l'agence de presse KCNA. La décision a été prise lors d'une rencontre à Pékin entre le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Kim Kye Gwan, et l'Américain Christopher Hill, sous-secrétaire d'Etat adjoint, précise l'agence. L'annonce intervient alors que la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, entame ce week-end à Pékin une tournée de six jours en Asie. "Nous sommes en mesure de confirmer que nous sommes convenus d'une date pour la reprise des pourparlers à six par toutes les parties, à savoir la semaine du 25 juillet", a confirmé un haut responsable américain qui accompagne Rice. Pyongyang avait fait savoir simultanément, en février dernier, qu'il se retirait des pourparlers à six et qu'il disposait désormais d'armes nucléaires. La dernière séance de négociations, troisième du genre, avait été organisée à Pékin en juin 2004. Elle n'avait donné aucun résultat, et Pyongyang avait exigé que les futurs pourparlers portent sur le désarmement au sens général, et non spécifiquement sur le programme nucléaire nord-coréen.
NEW YORK (2 juillet 2005) - Les Etats-Unis doivent traiter la Corée du Nord en amie et cesser de la décrire comme un "avant-poste de la tyrannie", s'ils veulent que Pyongyang reprenne les négociations concernant son programme d'armement nucléaire, a déclaré vendredi le responsable nord-coréen pour les affaires nord-américaines, Li Gun. "Nous leur avons dit (aux Etats-Unis) de simplement retirer les mots 'avant-poste de la tyrannie'. Nous l'exigeons", a-t-il déclaré en anglais, avant d'ajouter en coréen que "les Etats-Unis doivent nous traiter en amis, pas en ennemis, s'ils veulent que nous reprenions les pourparlers à six." Li Gun, s'exprimant à l'issue d'une conférence de deux jours sur la sécurité en Asie du Nord, a déclaré en avoir fait la demande à des dirigeants américains lors de cette conférence. Le ministère américain des Affaires étrangères a confirmé que les responsables chargés du dossier nord-coréen, Joseph De Trani et James Foster avaient rencontré leurs homologues nord-coréens à cette occasion, ajoutant que les Etats-Unis "attendent toujours de la Corée du Nord une date" pour la reprise des pourparlers.
9/6/2005 - Un
haut responsable du gouvernement nord-coréen a déclaré
aujourd'hui que son pays construisait de nouvelles bombes nucléaires
et était capable d'installer des têtes nucléaires
sur ses missiles. «Je dois dire que nous avons assez de
bombes nucléaires pour nous défendre contre une
attaque américaine», a affirmé le vice-ministre
des Affaires étrangères Kim Gye Gwan, responsable
des négociations sur le nucléaire pour son pays,
à l'occasion de la visite d'une équipe d'ABC en
Corée du Nord. «Quand au nombre précis dont
nous disposons, c'est un secret», a-t-il ajouté.
Interrogé pour savoir si la Corée du Nord construisait
des bombes atomiques, Kim Gye Gwan a répondu: «oui».
En février, le régime communiste avait annoncé
publiquement pour la première fois posséder l'arme
nucléaire. Ces nouvelles déclarations interviennent
alors que les États-Unis ont annoncé mardi que Pyongyang
était d'accord pour reprendre les négociations à
six pays (États-Unis, Russie, Japon, Chine et les deux
Corée) sur son programme nucléaire dans l'impasse
depuis un an. Aucune date n'a toutefois été fixée,
alimentant le scepticisme sur la nature de l'engagement de la
Corée du Nord.
NATIONS UNIES (8 juin 2005) - Les pourparlers internationaux sur le programme d'armement nucléaire nord-coréen devraient reprendre dans les prochaines semaines à Pékin, a annoncé mardi l'ambassadeur de Chine aux Nations unies. Auparavant, les Etats-Unis avaient fait savoir que Pyongyang avait donné son accord mais qu'aucune date n'était arrêtée. L'ambassadeur chinois à l'ONU, Wang Guangya, a souhaité que ces négociations multilatérales -Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Etats-Unis, Japon et Russie- puissent démarrer d'ici la fin juin. A Washington, le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack a annoncé que des diplomates nord-coréens et américains s'étaient rencontrés à New York. Lors de cette réunion, la Corée du Nord a affirmé aux représentants américains qu'elle "reviendrait aux processus à six parties, mais n'a pas donné de date précise", a expliqué le porte-parole. L'ambassadeur nord-coréen a l'ONU, Pak Gil Yon, a confirmé à l'Associated Press Television News (APTN) avoir rencontre lundi matin l'émissaire du département d'Etat Joseph DiTrani. "Nous avons discuté de questions d'intérêts communs, dont celle des discussions bilatérales ou à six parties", a-t-il affirmé, sans donner de détail. Ces pourparlers étaient dans l'impasse depuis un an. Depuis lors, la Corée du Nord a reconnu détenir des armes nucléaires, expliquant qu'elles servaient de dissuasion face à une possible attaque des Etats-Unis. Pour M. Wang, ces négociations sont "le meilleur moyen" de sortir de l'impasse et de ce bras-de-fer. "Je crois que les six parties doivent être sûres que des progrès seront faits, et pas seulement répéter ce qui a déjà été dit", a déclaré l'ambassadeur. Le secrétaire d'Etat adjoint Christopher Hill a fait savoir que la saisine du Conseil de sécurité restait toutefois une "option" que se réservait
2/6/2005 - Un essai nucléaire nord-coréen risque de relancer le débat au Japon sur l'opportunité de se doter de l'arme atomique, dont il a été le seul pays dans l'histoire à subir les effets dévastateurs, mais qu'il est en mesure de fabriquer en moins de trois mois, selon des analystes.
Les experts estiment que, dans l'hypothèse d'un essai en Corée du nord, le Japon cherchera à tout le moins à renforcer ses liens militaires avec les Etats-Unis. Le développement d'un système antimissile protégeant l'Archipel a déjà débuté après le survol du centre du pays, en 1998, par un missile de croisière nord-coréen Taepodong qui avait terminé sa course dans l'océan Pacifique.
"Il est possible que, les uns après les autres, les Etats suivent l'exemple de la Corée du Nord et se dotent de l'arme nucléaire. Mais le Japon ne le fera jamais", a assuré Shigeru Ishiba, le précédent ministre japonais de la Défense.
Toutefois, l'acquisition par le Japon de l'arme suprême, question longtemps taboue dans un pays où plus de 200.000 civils ont péri lors des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki en 1945, est maintenant ouvertement débattue en raison de la menace que représente le voisin nord-coréen.
Allié clé des Etats-Unis, le Japon a commencé à tempérer son pacifisme inébranlable depuis 1945 en envoyant des troupes en Irak. Bien que mobilisés pour une mission de reconstruction et ayant l'interdiction formelle de se servir de leurs armes sauf en cas de légitime défense, ces 600 soldats nippons sont les premiers à se déployer sur un théâtre de guerre étranger depuis la Deuxième Guerre mondiale.
Le vice-président américain Dick Cheney et les conservateurs américains ont averti que faute de stopper les ambitions nucléaires de la dictature de Pyongyang, une course aux armements pourrait commencer en Asie orientale. En effet, le Japon mais aussi la Corée du Sud et Taïwan ont la capacité de fabriquer la bombe atomique, déjà détenue par la Chine.
Cependant, la notion d'un Japon nucléarisé est encore largement perçue comme irréaliste dans le pays, tant que restera en vigueur la politique poursuivie en 1967 et consistant à bannir toute "production, possession et présence" de la bombe atomique sur le territoire placé sous protection du parapluie nucléaire américain.
La mise en garde de M. Cheney "est une carte diplomatique utilisée contre la Chine, et appartient au monde de la rhétorique", estime Hiredaya Kurata, spécialiste des questions de sécurité à l'université Kyorin de Tokyo.
Dans un rapport publié le 19 mai, une commission du Sénat américain a estimé qu'"un essai nucléaire en Corée du nord accroîtra les chances d'un débat public général au Japon sur la nécessité d'exploiter ses capacités nucléaires civiles et spatiales pour bâtir un programme militaire".
Les sénateurs américains exhortent Washington à sommer la Chine, principal allié de Pyongyang, de "faire un choix: soit apporter son aide, soit faire face à la possibilité d'avoir de nouveaux voisins nucléaires".
Le Japon dispose d'un vaste stock de plutonium, obtenu à partir de ses 52 réacteurs nucléaires civils. Et Tokyo a la capacité technique de produire des bombes atomiques et de les installer sur des missiles "dans les 90 jours", affirme le consultant japonais Kenichi Ohmae.
Dans une interview au quotidien sud-coréen Joong-Ang Ilbo en février, M. Ohmae avait calculé que le Japon stockait plus de 50 tonnes de plutonium, soit de quoi fabriquer 2.000 bombes atomiques. Le Japon a également fabriqué une fusée spatiale aisément transformable en missile balistique intercontinental.
Même si 90% des Japonais se déclarent opposés à l'option atomique, "l'opinion publique changera d'avis rapidement si nous sommes confrontés à la menace réelle des armes nucléaires nord-coréennes", prédit-il.
SEOUL (27 mai 2005) - La Corée du Nord a démenti jeudi les informations américaines selon lesquelles elle préparait un essai nucléaire, qualifiant les affirmations de Washington de "fabrication", rapporte vendredi l'agence sud-coréenne Yonhap. Les autorités américaines ont récemment annoncé que des satellites espions avaient repéré des activités suspectes pouvant conduire à un essai nucléaire dans le nord de la Corée du Nord. "La présidence américaine a récemment inventé une fabrication concernant des tests de missiles et les preuves d'un test nucléaire sous-terrain", a rapporté Yonhap, citant la télévision centrale nord-coréenne, l'unique chaîne du régime communiste. La télévision nord-coréenne a affirmé que Washington continuait à utiliser "un langage très belliqueux et injurieux" envers Pyongyang. La Corée du Sud avait récemment estimé que les informations américaines n'étaient pas vraiment justifiées.
Le Figaro, 13/5/2005 :
Pékin s'oppose à des sanctions contre son protégé nord-coréen
Avec une étonnante régularité, le petit Staline de Pyongyang annonce la couleur chaque mois, sans jamais retourner ses cartes. Après s'être vanté d'avoir la bombe atomique (février), menacé de tester ses missiles balistiques (mars) et fait croire à un essai nucléaire imminent (avril), la Corée du Nord vient d'indiquer qu'elle est sur le point de retraiter une centaine de tonnes d'uranium, à des fins militaires.
La menace ou le coup de bluff surprend une fois de plus les voisins et la puissance américaine en ordre dispersé. Tokyo, adversaire désigné de Pyongyang, crie au loup. Séoul s'inquiète de la dérive de sa jumelle communiste. Moscou et surtout Pékin ne semblent pas trop pressées de tirer Washington hors de ce bourbier en Extrême-Orient.
Kim Jong-il, montré du doigt en 2001 comme le troisième démon de «l'axe du mal», est jusqu'ici le seul qui réussit à défier sans frais George W. Bush. La Corée du Nord est «tout simplement l'échec de politique étrangère le plus retentissant» de l'actuelle administration américaine, écrivait récemment Nicholas D. Kristof, éditorialiste du New York Times.
Et pour cause. Le régime de Pyongyang, à la différence de Bagdad et même de Téhéran, est le seul qui pourrait effectivement disposer de l'arme atomique. Personne n'en est tout à fait sûr, puisque les observateurs étrangers ont quitté la Corée du Nord, comme ils avaient déserté l'Irak bien avant le coup de force de 2003. Mais dans le domaine de la dissuasion nucléaire, un conditionnel suffit. George W. Bush n'a sûrement aucune envie d'aller déloger Kim Jong-il manu militari, au contraire du sort infligé à Saddam Hussein.
Le dernier effet d'annonce nord-coréen porte sur l'extraction du combustible nucléaire du réacteur de Yongbyon, stoppé depuis un mois. En 2003, une manipulation identique des huit mille barres irradiées sorties du même réacteur nord-coréen aurait fourni assez de plutonium pour mettre au point de six ou huit bombes atomiques, selon les experts.
Dans le scénario rose, Kim Jong-il trompe une fois de plus son monde et l'arrêt du petit réacteur de 5 megaWatts annoncé le 18 avril serait une nécessité de maintenance. Dans le scénario noir, Pyongyang chercherait au contraire à doubler son stock de plutonium d'ici à un an, et à crédibiliser du même coup son arsenal nucléaire.
Faute d'observateur sur place, un débat similaire fait rage entre spécialistes du renseignement sur l'essai nucléaire que projetterait la Corée du Nord. La controverse, sur fond d'images saisies par les satellites espions, divise jusqu'à la diplomatie américaine. Thomas Schieffer, ambassadeur à Tokyo, parle de véritables «préparatifs». Richard Boucher, porte-parole du département d'État, invite la presse à ne pas s'emballer.
Dans l'affaire, la seule certitude est l'aptitude du régime nord-coréen à berner ses interlocuteurs et à pousser les crises à l'extrême, avant d'en extraire tout le bénéfice à la table de négociation. Depuis près d'un an Kim Jong-il boude les «pourparlers à six», censés le convaincre de renoncer à sa panoplie nucléaire, en échange d'une aide économique de ses voisins et d'une garantie de sécurité accordée par l'administration Bush. Bluff ou pas, tout laisse penser que Pyongyang fait monter les enchères, mois après mois.
La Chine semble seule en mesure de siffler la fin de partie à côté des Etats-Unis, encore réduits au rôle de spectateur, en dépit de leur écrasante supériorité militaire. Malgré l'insistance de Washington, la diplomatie chinoise a fait savoir hier qu'elle s'opposera à toute sanction contre Pyongyang, «mesure qui ne serait pas nécessairement efficace». Pour l'heure, Pékin est plus soucieuse de garantir la survie du régime nord-coréen que de neutraliser l'arsenal de son protégé.
Jean-Jacques Mevel
SEOUL (11 mai 2005) -
La Corée du Nord a achevé l'extraction du combustible
nucléaire du réacteur expérimental de Yongbyon
et a pris des mesures pour accroître son arsenal nucléaire,
annonce un porte-parole du ministère des Affaires étrangères
dans une dépêche de l'agence officielle KCNA.
"Nous avons achevé avec succès et dans un bref
délais l'extraction des 8.000 barres de combustible de
la centrale nucléaire de cinq mégawatts", explique-t-il.
"Nous avons pris des mesures nécessaires à
l'accroissement de notre arsenal nucléaire à des
fins défensives, avec l'objectif de développer notre
industrie nucléaire civile.
"Nous avions déjà annoncé le redémarrage
de la centrale de cinq mégawatts qui avait été
mise en sommeil en vertu d'un accord conclu en décembre
2002 par la (Corée du Nord) et les Etats-Unis, quand l'administration
Bush a seulement proposé la livraison d'un réacteur
à eau légère en violation de l'accord",
poursuit le porte-parole.
Pyongyang a rompu en février les négociations multilatérales
engagées au sujet de son programme nucléaire, annonçant
pour la première fois disposer de l'arme nucléaire.
Image satellite du site de Yongbyon, en Corée du Nord. Pyongyang a achevé l'extraction du combustible nucléaire du réacteur expérimental de Yongbyon et a pris des mesures pour accroître son arsenal nucléaire. |
Le NouvelObs, 9/5/05:
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique a confirmé cette estimation dimanche.
La Corée du Nord dispose d'environ six
armes nucléaires, a affirmé dimanche 8 mai le directeur
de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA),
Mohamed ElBaradei, sur la chaîne américaine CNN.
A la question de savoir si l'AIEA considère que les Nord-Coréens
disposent déjà de six bombes nucléaires,
Mohamed ElBaradei a répondu: "Je pense que c'est proche
de notre estimation".
"Nous savions qu'ils avaient le plutonium qui peut être
transformé en cinq ou six armes" nucléaires,
a-t-il ajouté.
"Nous savons qu'ils ont l'infrastructure industrielle pour
convertir en armes ce plutonium. Nous savons, nous avons aussi
lu qu'ils ont le système de tir", a encore dit Mohamed
ElBaradei.
Selon les services de renseignement américains, Pyongyang
aurait une ou deux bombes nucléaires.
Essai nucléaire en juin
Le New York Times a rapporté vendredi, citant des
experts américains, que la Corée du Nord préparait
un essai nucléaire souterrain qui pourrait être mené
dès juin.
"Je ne suis pas sûr qu'ils (les Nord-Coréens)
gagneraient quoi que ce soit en procédant à un essai
nucléaire si ce n'est de provoquer toute la communauté
internationale et de manier une politique de la corde raide, ce
qui ne profitera à personne", a dit Mohamed ElBaradei.
"Je pense que tout le monde aurait à perdre s'ils
le font", a-t-il ajouté.
"J'espère que les Nord-Coréens vont véritablement
revenir sur une telle décision imprudente", a-t-il
ajouté.
"Je crains que cela ne renvoie la Corée du Nord à
une situation encore pire que ce que nous avons connue au cours
des dernières années", a dit Mohamed ElBaradei.
"De mauvaise, la situation est devenue pire. Plus tôt
nous interviendrons pour discuter avec les Nord-Coréens,
plus tôt nous essaierons de trouver une solution globale,
mieux ce sera pour tout le monde".
Excuses
"Implicitement, (cet essai auquel procéderaient les
Nord-Coréens) est un appel à l'aide. C'est du moins
ce que je crois très franchement", a estimé
Mohamed ElBaradei.
"Je pense que la Corée du Nord recherche le dialogue
avec les Etats-Unis, avec le reste de la communauté internationale,
et cela pourrait être de nouveau possible", a-t-il
poursuivi en expliquant que Pyongyang "a recours à
sa politique habituelle de chantage nucléaire, de politique
nucléaire de la corde raide pour contraindre les autres
parties à discuter".
Les pourparlers à six (Chine, Etats-Unis, Japon, Russie
et les deux Corée) visant à régler la question
nucléaire nord-coréenne sont dans l'impasse et gelés
depuis un an. Le Japon et les Etats-Unis envisagent désormais
de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu pour faire
adopter des sanctions contre Pyongyang.
La Corée du Nord a réclamé à plusieurs
reprises des négociations séparées avec les
Etats-Unis.
Pyongyang a de nouveau exigé des "excuses officielles
et publiques" des Etats-Unis pour l'accusation de "tyrannie"
lancée contre son régime, avant toute reprise des
négociations sur son programme nucléaire, a affirmé
samedi à l'agence Interfax un responsable parlementaire
russe de retour de Pyongyang.
VIENNE, Autriche (30 avril ) - Les Etats-Unis ont averti l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) que la Corée du Nord
s'apprêterait à effectuer un essai nucléaire
souterrain, peut-être dès le mois de juin, ont rapporté
samedi à l'Associated Press des diplomates ayant requis
l'anonymat, évoquant des photos satellite en ce sens.
Washington craint depuis longtemps que la Corée du Nord
ne poursuive son programme d'armement nucléaire. D'après
des responsables sud-coréens, Pyongyang a récemment
fermé le réacteur nucléaire de Yongbyon -une
procédure indispensable pour récolter le plutonium
nécessaire à un essai souterrain.
Un haut responsable proche de l'AIEA a précisé samedi
à l'AP qu'il ne semblait pas que l'agence onusienne ait
été officiellement avertie de ces nouvelles inquiétudes
américaines.
Dans ce réacteur de 5 MW se trouvent des crayons combustibles
usés dont on peut extraire du plutonium. Mais ils ne peuvent
être extraits du réacteur que lorsque ce dernier
est à l'arrêt.
Vendredi, le sous-secrétaire d'Etat américain Christopher
Hill, en charge de la Corée du Nord, a mis en garde Pyongyang
contre tout essai nucléaire. Il a estimé qu'un tel
acte constituerait une complication «vraiment inquiétante»
pour les négociations à six.
Ces discussions, auxquelles participaient les deux Corée,
les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie, ont été
suspendues en juin 2004 après trois séries de pourparlers
infructueuses.
Pyongyang a quitté l'AIEA en 2002. Depuis, l'agence onusienne
n'a aucun moyen de contrôle direct pour surveiller le programme
nucléaire nord-coréen.
Les services de renseignement américains pensent que Pyongyang
détient une ou plusieurs armes atomiques, ainsi que des
missiles capables d'atteindre les Etats-Unis, mais dont la portée
n'a pas été testée. Ils ne disent pas si
la Corée du Nord dispose déjà de la technologie
qui lui permettrait de miniaturiser une arme nucléaire,
de la poser sur un missile et de guider ce dernier afin qu'il
touche une cible.
Washington et Séoul ont demandé à la Chine,
principal allié de la Corée du Nord, de jouer un
rôle plus important afin de convaincre Pyongyang de regagner
la table des négociations.
Le président sud-coréen Roh Moo-hyun prévoit
de discuter du blocage des pourparlers avec son homologue chinois
Hu Jintao le 9 mai prochain à Moscou, en marge du 60e anniversaire
de la victoire alliée en Europe.
En février dernier, la Corée du Nord a affirmé
qu'elle avait déjà mis au point des armes nucléaires
et qu'elles boycotterait de nouvelles négociations.
WASHINGTON (25/4/2005) - Les Etats-Unis estiment que la Corée du Nord
prépare un essai nucléaire, indique le Wall Street
Journal sur son site internet. Ils ont demandé à
la Chine d'intervenir pour tenter d'arrêter ce projet.
Washington a alerté jeudi, dans une communication urgente,
Pékin de l'éventualité du test nucléaire,
a indiqué au quotidien un responsable américain.
Le régime stalinien nord-coréen avait affirmé
en février être en possession d'armes nucléaires
destinées à sa défense.
Le Wall Street Journal indique que les Américains ont dit
aux Chinois «croire que le programme nucléaire nord-coréen
est suffisamment avancé pour qu'un test soit mené
avec très peu ou pas du tout d'avertissement». «Il
est clair que les Nord Coréens veulent que le monde croit
qu'ils progressent rapidement vers un test nucléaire»,
a précisé le responsable américain au journal.
Il a souligné que les satellites d'observation américains
avaient détecté des signes d'une activité
accrue autour des sites souterrains susceptibles d'accueillir
des armes nucléaires. Le département d'Etat a indiqué
vendredi «suivre attentivement toute information sur les
activités en Corée du Nord» mais a refusé
de commenter les informations sur les menaces de tests.
Le Wall Street Journal a précisé que Washington
avait également informé le Japon et la Corée
du Sud. Trois séries de négociations à six
sur le nucléaire nord-coréen, réunissant
la Corée du Nord, la Corée du Sud, la Chine, le
Japon, la Russie et les Etats-Unis, ont eu lieu depuis 2003 à
Pékin.
SÉOUL (18 avril 2005) - La Corée du sud a confirmé l'arrêt,
par Pyongyang, de sa centrale nucléaire de Yongbyon. Cette
mesure pourrait permettre au régime nord-coréen
de produire plus de plutonium destiné à un usage
militaire.
La suspension des opérations à Yongbyon, à
90 km au nord de Pyongyang, pourrait permettre à des techniciens
d'extraire du plutonium militaire à partir du combustible
irradié. "Nous prenons la chose très au sérieux.
J'ai appris que la cessation des opérations avait été
vérifiée par différents moyens", a déclaré
un responsable du ministère des affaires étrangères
sud-coréen.
Le grand quotidien japonais "Asahi Shimbun" rapportait
déjà dimanche que la Corée du nord avait
récemment arrêté son réacteur nucléaire.
Washington a conclu à partir d'images satellite, de relevés
de températures et d'analyse de vapeur que l'activité
à Yongbyon avait été suspendue en avril,
ajoutait le quotidien citant des responsables américains.
L'extraction de plutonium pourrait doubler les capacités
nucléaires de la Corée du nord et compliquerait
les négociations, déjà au point mort, visant
à la faire renoncer à l'arme atomique. Pyongyang
a déclaré à plusieurs reprises vouloir accroître
sa force de dissuasion pour se protéger d'une attaque américaine
et a affirmé en février être en possession
de l'arme nucléaire.
Lundi, la Maison blanche a fait savoir qu'elle envisagerait de
saisir le Conseil de sécurité de l'ONU pour d'éventuelles
sanctions si la Corée du Nord refusait de reprendre les
négociations à six sur son programme nucléaire.
Etats-Unis, Corée du Sud, Chine, Japon et Russie tentent
depuis des mois d'amener la Corée du Nord à reprendre
les discussions sur l'élimination de son programme d'armements
nucléaires.
23/3/05 - Le
Premier ministre nord-coréen, Pak Pong Ju, a déclaré
hier aux dirigeants chinois que son pays n'avait pas renoncé
aux discussions sur le nucléaire à six et était
disposé à reprendre les négociations quand
la situation serait favorable, a annoncé un haut responsable
chinois. « Dans les jours qui viennent, si les conditions
sont mûres, la Corée du Nord a l'intention de participer
à des discussions à tout moment », a dit Pak
Pong Ju au Premier ministre chinois. Toutefois, quelques heures
auparavant, Pyongyang avait fait monter les enchères en
disant avoir augmenté son arsenal nucléaire.
18/3/2005 - Selon
le directeur de l'Agence internationale de l'Énergie atomique,
Mohamed ElBaradei, le programme nucléaire nord-coréen
serait plus dangereux que celui de l'Iran. Le chef de l'AIEA a
déclaré sur CNN que Pyongyang disposerait de plutonium,
et que la Corée du nord serait parvenue à réunir
les conditions nécessaires à la mise au point d'une
bombe atomique. Il a par ailleurs souligné que les accusations
envers l'Iran n'étaient encore que des soupçons.
Le dossier nucléaire nord-coréen est d'ailleurs
au centre de la tournée en Asie de Condoleeza Rice. la
secrétaire d'État américaine entame aujourd'hui
au Japon une campagne destinée à relancer les pourparlers
à six.
SEOUL (22 février 2005) - Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il a déclaré
à un émissaire chinois en visite dans son pays que
Pyongyang reprendrait les négociations à six pays
(Etats-Unis, Chine, Russie, Japon et les deux Corée) autour
de son programme nucléaire si Washington faisait preuve
de "sincérité", a rapporté mardi
l'agence de presse officielle du régime communiste. "Nous
retournerons à la table des négociations n'importe
quand si les conditions pour des négociations à
six parties sont réunies grâce aux efforts concertés
des parties concernées dans l'avenir", a affirmé
Kim Jong-Il, assurant espérer que les Etats-Unis fassent
preuve d'une "sincérité digne de confiance",
selon l'agence KCNA.
Le dirigeant nord-coréen a fait ces déclarations
lors d'une visite de Wang Jiarui, directeur du département
international du Parti communiste chinois (PCC). L'agence KCNA
n'a pas précisé quelles étaient les conditions
évoquées par Kim Jong-Il. La Corée du Nord
a annoncé le 10 février dernier qu'elle possédait
l'arme atomique et qu'elle quittait les négociations à
six pays autour de son programme nucléaire.
A Washington, l'administration américaine a indiqué
qu'elle avait "conscience" des déclarations de
Kim Jong-Il. "Les Etats-Unis sont prêts à reprendre
les négociations à six parties dès que possible
et sans préconditions", a déclaré Lou
Fintor, porte-parole du département d'Etat.
SEOUL (11 février 2005,) - La Corée du Nord affirme posséder l'arme atomique, mais le doute subsiste sur une revendication impossible à vérifier et qui pourrait n'être qu'un atout dans le jeu compliqué de Pyongyang avec les Etats-Unis.Au plus haut niveau du gouvernement sud-coréen on s'interroge sur les déclarations de jeudi de la Corée du Nord réaffirmant qu'elle avait la bombe et allait renforcer son arsenal nucléaire. Bluff ou réalité, et à quelles fins ?
"Cela correspond aux assertions précédentes selon lesquelles elle a extrait du plutonium pour produire des armes nucléaires. Je n'y vois rien de neuf", a dit le vice-ministre des affaires étrangères Lee Tae-Sik. Il estime que cela fait partie d'une tactique visant à faire monter les enchères pour arracher plus de concessions aux Etats-Unis. "Cela semble faire partie de la stratégie de négociation", a-t-il dit.
La CIA croit depuis plusieurs années que la Corée du Nord s'est déjà dotée de bombes nucléaires, une ou deux, bien qu'aucune preuve concluante n'ait été apportée. Pyongyang avait déjà fait des déclarations similaires à celles de jeudi, publiquement et en privé dans le passé, notent certains analystes. Mais ils reconnaissent qu'on est sans moyen de vérifier les assertions de la propagande nord-coréenne en l'absence de moyens de contrôle sur place. "Il est très difficile de l'extérieur de vérifier ces affirmations. Dès le début des années 1990, la Corée du Nord était réputée avoir fabriqué une ou deux bombes rudimentaires", dit Kim Sung-Han, de l'Institut des affaires étrangères.
La crise a été déclenchée en octobre 2002, quand les Etats-Unis ont accusé la Corée du Nord d'avoir un programme secret sur l'uranium enrichi, un matériau permettant de fabriquer la bombe. Selon Washington, Pyongyang a reconnu les faits, avant de démentir publiquement. Toujours, d'après les Etats-Unis, lors des premiers pourparlers multilatéraux d'août 2003, la Corée du Nord a menacé de procéder à un essai nucléaire et de se déclarer puissance atomique.
En octobre 2003, le ministère nord-coréen des affaires étrangères a déclaré que le régime était en train de se doter d'une capacité de dissuasion nucléaire et avait achevé le retraitement de 8.000 barres de carburant irradié, produisant assez de plutonium pour fabriquer une demi-douzaine de bombes. Le ministère avait ajouté à l'époque que "puisque les Etats-Unis n'avaient pas l'intention d'abandonner leur politique hostile, (la Corée du Nord) entretiendrait et augmenterait, de manière cohérente, sa force de dissuasion nucléaire comme moyen d'autodéfense".
[Remarque: le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (enrichissement de l'Uranium) est plus lourd et plus long.]
Le même genre de déclaration avait été publié il y a un an. Mais cela fait deux ans que les derniers experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique ont été chassés du complexe de Yongbyon et il a été impossible depuis de vérifier ces revendications. Dans ce contexte, des responsables sud-coréens continuent d'avoir des doutes sur la réalité de l'arme nucléaire que posséderait le Nord. Jeudi, le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a abondé en ce sens.
"Ils (les responsables nord-coréens) ont dit des choses de temps à autre qui ne se sont pas nécessairement révélées être vraies. Je ne sais tout simplement pas s'ils les (les armes nucléaires) ont. Je présume que oui. Ils disent que oui (...). Mais je ne veux pas le confirmer", a indiqué M. Rumsfeld. Le Premier ministre australien John Howard a également jugé jeudi que les menaces nord-coréennes comportaient une part de "bluff" et d'"exagération".
Des analystes remarquent que le régime
est avant tout préoccupé par sa propre survie. La
revendication de l'arme nucléaire est sa seule vraie carte
dans les négociations pour obtenir une reconnaissance et
une aide économique des Etats-Unis. En outre, elle lui
offre une certaine sécurité face à la crainte
d'une agression américaine, le président George
W. Bush ayant placé la Corée du nord sur le même
plan que l'Iran et l'Irak dans son "axe du mal".
Ouest-France, 11 février 2005:
La Corée du Nord a annoncé sa décision de rompre les négociations sur son programme nucléaire et annoncé qu'elle entend même renforcer son arsenal atomique. Menace ou coup de bluff ?
Visiblement, Pyongyang n'a pas apprécié d'être qualifié d'« avant-poste de la tyrannie » par Condoleezza Rice. La Corée du Nord, déjà traitée, d'« État voyou » par George Bush, a riposté en claquant la porte des négociations à six, lancées depuis plus de deux ans, sur la réduction de ses capacités nucléaires civiles et militaires.
« Nous avons fabriqué des armes atomiques par mesure d'autodéfense face à la politique, de moins en moins déguisée de l'administration Bush, d'isolement et d'étouffement », explique un communiqué du ministère nord-coréen des Affaires étrangères. Un communiqué qui reconnaît explicitement que Pyongyang possède déjà l'arme atomique et qu'elle entend bien développer son arsenal. Selon les spécialistes occidentaux, les Nord-Coréens sont bien en possession de plutonium à vocation militaire et disposeraient déjà d'une ou deux bombes. Ils seraient en mesure d'en produire cinq ou six autres à court terme.
Cette « force de dissuasion »
est couplée à des vecteurs déjà
disponibles. La Corée du Nord ne dispose d'aucun sous-marin
lanceur d'engins et ne peut guère compter sur son aviation.
En revanche, Pyongyang a, depuis longtemps, choisi de développer
des missiles tactiques et stratégiques capables d'emporter
des charges nucléaires. Des Scud B (300 km de portée)
aux Taepo Dong 2 (6 000 km de portée), ces missiles
font peser de vraies menaces. « C'est tout à fait
alarmant. Nous avons entendu une rhétorique plutôt
aiguë de la Corée du Nord, récemment, mais
nous avions mis cela dans le contexte de la propagande nord-coréenne,
explique Peter Beck, un chercheur de l'International Crisis
Group. Mais la déclaration de jeudi nous situe à
un tout autre niveau ».
En lançant ce pavé atomique dans la mare, les
Nord-Coréens entendent, en fait, faire monter les enchères
pour obtenir davantage de concessions des États-Unis, du
Japon et de la Corée du Sud. Pour prendre part à
un prochain round de négociations, « et elle le
devra », insiste Paik Hai-Soon, un chercheur sud-coréen,
la Corée du Nord va attendre des gestes supplémentaires
de bonne volonté de la part de l'administration Bush. Des
gestes qui permettraient à un pays au bord d'un chaos irrémédiable
de nourrir sa population et d'assurer la survie politique d'un
régime délirant.
Une décision condamnée : de Moscou à Paris, l'annonce nord-coréenne a été vivement critiquée. Moscou ne cache pas son « inquiétude » ; la France est « préoccupée », Berlin craint une « nouvelle escalade », alors que l'UE et l'Onu appellent la Corée du Nord à négocier. Enfin, la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a mis en garde jeudi la Corée du Nord contre un « isolement accru ».
Radio-Canada,10 février 2005:
Dans une menace à peine voilée
adressée à la communauté internationale,
la Corée du Nord affirme une nouvelle fois posséder
l'arme nucléaire. Elle se dit capable de fabriquer six
à huit bombes atomiques. Pyongyang n'a toutefois pas étayé
ses affirmations de preuves. Le gouvernement nord-coréen
justifie son attitude par la réprobation de Washington,
qui considère ce pays comme un État« voyou ».
« Nous avons fabriqué des armes atomiques par
mesure d'autodéfense face à la politique de moins
en moins déguisée de l'administration Bush d'isolement
et d'étouffement de la République démocratique
populaire de Corée », a indiqué le ministère
nord-coréen des affaires étrangères. Cet
argument se retrouve depuis plusieurs années dans le discours
de Pyongyang. En janvier 2003, lorsqu'elle a annoncé son
retrait du Traité de non-prolifération nucléaire,
la République populaire et démocratique de Corée
affirmait protester contre l'arrêt de distribution du pétrole
américain. Elle disait vouloir uniquement remettre ses
centrales de production électrique en route. Washington
de son côté justifiait l'arrêt des livraisons
de pétrole en raison de soupçons sur l'activité
nucléaire en Corée du Nord.
Dès octobre 2003, Pyongyang a assuré s'être
doté d'une « force de dissuasion nucléaire ».
En septembre dernier, la Corée du Nord a indiqué
qu'elle ne renoncerait pas à son programme tant que les
États-Unis n'abandonneraient pas leur « politique
hostile ».
Jeudi, la Corée du Nord a en outre refusé de reprendre
les pourparlers multilatéraux visant à la convaincre
de renoncer à l'arme atomique. Devant cette annonce, la
secrétaire d'État américaine Condoleezza
Rice a aussitôt émis l'espoir d'un retour rapide
de la Corée du Nord à la table des négociations.
« Le fait est que le monde leur a offert une porte
de sortie, et ils devraient utiliser cette sortie »,
a-t-elle indiqué en visite au Luxembourg.
Ces pourparlers réunissent depuis 2003 les État-Unis,
la Corée du Nord, la Chine, la Russie, le Japon, et la
Corée du Sud. Ces deux derniers, placés à
portée de tirs, craignent que la Corée du Nord n'utilise
ses bombes atomiques contre eux.
Le Monde, 2/2/05 :
Des tests américains effectués sur des échantillons fournis l'an passé par Tripoli révèlent que ceux-ci ne proviendraient pas du Pakistan, comme cela avait été d'abord envisagé, mais "de Corée du Nord, avec une certitude d'au moins 90 %".
La Corée du Nord a sans doute vendu de l'uranium enrichi à la Libye, selon des tests américains effectués sur des échantillons fournis l'an passé par Tripoli, et pourrait avoir fait de même avec la Syrie et l'Iran, selon des informations publiées mercredi 2 février par le New York Times.
Les tests sur le matériel libyen ont été conduits au Laboratoire national d'Oak Ridge, après que Tripoli eut accepté en décembre 2003 de démanteler ses programmes nucléaire, chimique et biologique militaires en échange d'une levée des sanctions à son encontre.
Toujours selon le New York Times, ces tests ont montré que les échantillons d'uranium enrichi ne provenaient pas du Pakistan, comme cela avait été d'abord envisagé, mais "de Corée du Nord, avec une certitude d'au moins 90%".
LA SOLUTION DIPLOMATIQUE PRIVILÉGIÉE
Cette information, qui provient de sources proches des services de renseignement, est de nature à relancer le débat sur l'ampleur de la menace représentée par le programme nucléaire nord-coréen, estime le journal. Le quotidien cite ainsi un ancien responsable non identifié du Pentagone, selon lequel cette découverte est de nature à "changer toute l'équation en ce qui concerne la Corée du Nord".
"Elle suggère que nous n'avons pas le temps de nous asseoir autour d'une table et d'attendre le résultat des négociations", affirme-t-il, en ajoutant : "C'est une conclusion effrayante car vous ne savez pas à qui d'autre les Nord-Coréens peuvent avoir vendu" de l'uranium enrichi.
Pourtant, le président américain, George W. Bush, devrait réaffirmer, mercredi, dans son discours sur l'état de l'Union, qu'il privilégie une solution diplomatique pour empêcher l'Iran et la Corée du Nord de développer des armes nucléaires, a indiqué un responsable de son administration.
Le ministre des affaires étrangères sud-coréen , Ban Ki-moon, a déclaré mardi s'attendre à un retour de la Corée du Nord à la table des négociations sur ses ambitions nucléaires après le discours sur l'état de l'Union.
Pyongyang s'est dit prêt à reprendre
le dialogue et à renoncer à l'arme nucléaire
en échange de concessions de Washington, après avoir
toutefois boycotté la dernière session de pourparlers
multilatéraux qui devait se tenir en septembre dernier
à Pékin.
TAGEBLATT (Luxembourg), 12/11/2004 :
La Corée du Sud épinglée par l'AIEA pour
avoir caché des activités nucléaires
Corée du Nord: le gel du projet
KEDO sera maintenu
6/9/04 - Le
Japon, la Corée du Sud et les Etats-Unis se sont accordés
pour maintenir pendant une année supplémentaire
le gel d'un projet de construction de deux réacteurs nucléaires
à eau légère mené en Corée
du Nord par le consortium international KEDO, a affirmé
lundi un quotidien japonais.
La décision de prolonger ce gel à partir de fin
novembre vise à forcer Pyongyang à abandonner totalement
ses programmes de développement nucléaire, a commenté
le quotidien le plus vendu de l'archipel, Yomiuri Shimbun.
Le consortium KEDO (Korean Peninsula Energy Development Organization,
Organisation de développement de l'énergie dans
la péninsule coréenne) comprend le Japon, l'Union
européenne, la Corée du Sud et les Etats-Unis.
Le conseil d'administration de KEDO doit officiellement adopter
cet accord lors d'une réunion prévue le 13 octobre
à New York, a indiqué le Yomiuri.
Ce projet de plusieurs milliards de dollars pour la construction
de deux réacteurs nucléaires de 1.000 mégawatts
à eau légère, est né d'un accord conclu
en 1994 entre Washington et Pyongyang.
Ce type de réacteur est considéré comme moins
propice à la production de plutonium utilisable dans des
armements.
Mais les Etats-Unis, qui ont accusé en 2002 la Corée
du Nord d'avoir lancé un programme interdit d'enrichissement
d'uranium à des fins militaires, considèrent cet
accord comme rompu.
Depuis, Pyongyang a expulsé les inspecteurs internationaux,
relancer sa centrale de Yongbyon et s'est retiré du Traité
de non prolifération nucléaire.
Le KEDO avait annoncé la suspension de son projet en novembre
2003 avec effet le 1er décembre suivant.
Les travaux de construction du réacteur ont démarré
en 1998 et un tiers seulement du travail est accompli bien que
la fin des travaux ait été prévue pour 2003,
selon la Corée du Nord. Selon les experts, il faudrait
encore cinq ans pour achever le complexe nucléaire.
La Corée du Nord aurait de nouveau
menacé de faire un essai nucléaire
PEKIN (25 juin 2004) - La Corée du Nord a menacé
de pratiquer un essai nucléaire si ses conditions concernant
le gel de son programme militaire ne sont pas acceptées,
a déclaré jeudi un responsable américain
à Washington. Cette déclaration, a-t-il ajouté,
risque de faire échouer les discussions tenus actuellement
à Pékin entre la Chine, les Etats-Unis, la Russie,
le Japon et les deux Corée sur e programme nucléaire
nord-coréen.
Au troisième jour des pourparlers, le Vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen Kim Gye Gwan a eu un entretien bilatéral - fait rare - avec le Secrétaire d'Etat adjoint américain James Kelly pendant deux heures trente.
Les Etats-Unis, qui souhaitent une renonciation complet de la Corée du Nord a son programme, ont présenté à Pékin un plan en plusieurs étapes contrôlées, offrant un certain nombre d'avantages à Pyongyang;
La Corée du Nord a fait ensuite ses propres propositions, en demandant semble-t-il de très importantes quantités d'énergie en échange du gel de sa centrale nucléaire de Yongbyon. Le chiffre de 2.000 megawatts par an a été cité, qui correspondrait au quart de sa consommation annuelle d'énergie.
Rien ne permet de dire quand la Corée du Nord pourrait faire son essai nucléaire. Les Etats-Unis ne savent d'ailleurs pas de combien d'armes dispose Pyongyang, mais ils pensent que la Corée du Nord dispose d'une ou deux armes et a la capacité d'en produire plusieurs autres.
Ce n'est pas la première fois que la Corée du Nord menace de pratiquer un essai nucléaire; Elle l'avait déjà fait il y a 14 mois, également lors de discussions à Pékin.
Corée du Nord: lueur d'espoir aux
pourparlers sur le nucléaire
PEKIN (23 juin 2004) - Six pays sont de nouveau réunis depuis mercredi
à Pékin pour trouver une issue pacifique au problème
nucléaire nord-coréen et si ces troisièmes
pourparlers se sont ouverts sur une note positive, une solution
rapide à la crise semble peu probable.
Comme en août et février derniers, des représentants
des deux Corées, du Japon, de la Chine, de la Russie et
des Etats-Unis se sont retrouvés autour d'une table de
la Résidence des hôtes de marque dans la capitale
chinoise.
Nord-Coréens et Américains, les deux principaux protagonistes de cette crise ouverte en octobre 2002 par la reprise du programme nucléaire de Pyongyang, ont affiché, dès l'ouverture des négociations, leur détermination à régler le problème. "Ces troisièmes pourparlers ne doivent pas seulement être une explication des positions respectives, il faut qu'ils permettent de sortir de l'impasse", a déclaré le négociateur nord-coréen, Kim Kye-Gwan avant la première session plénière à huis clos de ces discussions prévues pour durer éventuellement jusqu'à samedi.
"Ma délégation attend que les Etats-Unis fassent des propositions nouvelles", a-t-il ajouté, tout en exigeant une fois de plus qu'ils "cessent leur politique hostile" envers son pays. Les Etats-Unis ont "une proposition à faire", a affirmé le chef de la délégation américaine, James Kelly, ajoutant que son pays était "déterminé à faire le maximum" et qu'il était venu à Pékin "dans le but de travailler à une dénucléarisation complète". M. Kelly n'a pas précisé quelle était cette proposition.
Selon le quotidien japonais Yomiuri Shimbun de mercredi, les Etats-Unis auraient l'intention d'offrir à la Corée du Nord une "période de grâce" de cinq mois pour préparer un démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaires. Si la réponse de la Corée du Nord était positive à Pékin et si elle acceptait de geler ses programmes nucléaires, Washington pourrait discuter de méthodes de vérification et même de compensation avec les pays impliqués dans le processus, précise cet article daté de Washington et citant des responsables américains.
Les Etats-Unis, qui affirment que la Corée du Nord réalise un programme secret d'enrichissement d'uranium, exigent le démantèlement total de l'arsenal nucléaire nord-coréen avant toute aide au régime de Kim Jong-Il, qui, de son côté, ne veut que geler son programme en échange de contreparties économiques immédiates. "Je pense que notre proposition de gel contre des compensations est la plus réaliste", a soutenu le délégué nord-coréen, montrant que si son pays était ouvert à la discussion, il campait sur une position qui ne peut permettre une issue rapide à la crise.
Alliée traditionnelle des Etats-Unis, la Corée du Sud, qui s'est récemment engagée dans une "dynamique favorable" avec le régime du Nord, paraît prête à défendre cette position. Estimant que les six pays avaient "évité que la situation n'empire", le négociateur chinois, le vice-ministre des Affaires étrangères Wang Yi, a, quant à lui, réclamé de la "flexibilité". Un peu plus tôt, il avait appelé les Etats-Unis à faire preuve de "sagesse", sachant que, comme toutes les parties impliquées dans le dossier le soulignent régulièrement, le processus sera long.
"Je ne pense pas que cette rencontre soit la dernière. Les questions à traiter sont difficiles", indiquait ainsi récemment le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.
Pyongyang rejette l'exigence américaine
d'un démantèlement complet
SEOUL (15 juin 2004) - La Corée du Nord a rejeté mardi l'exigence
américaine d'un démantèlement complet, vérifiable
et irréversible de ses programmes nucléaires militaires
à quelques jours de pourparlers multilatéraux prévus
à Pékin la semaine prochaine, selon l'agence officielle
nord-coréenne KCNA reçue à Séoul.
"Rien ne pourra être attendu des pourparlers à
venir si les Etats-Unis continuent à insister sur leur
exigence que (la Corée du Nord) accepte un CVID (démantèlement
complet, vérifiable et irréversible), une exigence
qui ne peut être imposée qu'à un pays vaincu",
déclare le ministère nord-coréen des Affaires
étrangères cité par KCNA.
"L'attitude américaine envers la proposition de (la Corée du Nord) de 'récompense contre un gel' (des programmes nucléaires) deviendra une pierre de touche permettant de discerner si les Etats-Unis ont réellement l'intention de régler la question nucléaire. La perspective d'un règlement dépend entièrement des Etats-Unis", poursuit le communiqué du ministère.
Ce dernier a confirmé que la troisième série de pourparlers à six sur le programme nucléaire de la Corée du Nord aura lieu du 23 au 26 juin à Pékin, comme l'avait annoncé peu auparavant à Pékin le ministère chinois des Affaires étrangères.
Les deux premières séries de pourparlers, en août et février derniers, n'avaient pas permis de résoudre la crise ouverte par l'annonce, par les Etats-Unis, de la reprise du programme nucléaire de Pyongyang en octobre 2002.
Jusqu'à présent, le régime de Kim Jong-Il a exigé des compensations économiques et des garanties de sécurité avant de renoncer à son programme nucléaire.
"Comme nous l'avons déclaré à plusieurs reprises, il est important que les USA abandonnent leur politique d'isolement et d'étouffement de (la Corée du Nord) et prennent une décision politique audacieuse afin de coexister avec elle si l'on veut que les pourparlers aboutissent à des résultats pratiques et ouvrent une période historique de règlement de la question nucléaire", ajoute le ministère.
La Corée du Nord est prête
à négocier
PEKIN (22 mai 2004) - La Corée du Nord est prête à abandonner
son programme nucléaire mais se sent toujours menacée,
a indiqué samedi à Pékin un haut responsable
de l'ONU, qui a décelé une amélioration de
la situation économique catastrophique du pays.
"A l'évidence, la République populaire et démocratique
de Corée (RPDC, Corée du Nord), est prête
à démanteler son programme d'armements nucléaires",
a déclaré le conseiller du secrétaire général
de l'ONU pour la Corée du Nord, Maurice Strong, au retour
d'une visite à Pyongyang.
A Pyongyang le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi a annoncé samedi à l'issue d'un sommet avec le numéro un nord-coréen Kim Jong-il que la Corée du Nord s'était engagée à régler la crise nucléaire via les négociations multipartites en cours. Kim Jong-il a promis de poursuivre les efforts pour parvenir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne et de maintenir son moratoire sur les tests de missiles, a ajouté M. Koizumi. "Le président Kim Jong-il a dit qu'il voulait faire des efforts en faveur d'un solution pacifique par le biais des pourparlers à six", a dit M. Koizumi.
Maurice Strong a estimé, devant des journalistes à l'aéroport de Pékin, que Washington et Pyongyang avaient fait des gestes pour dénouer la crise provoquée par l'annonce de la reprise du programme nucléaire nord-coréen en octobre 2002. Cette reprise s'était soldée par la suspension des livraisons de pétrole à la Corée du Nord par les Etats-Unis et leurs alliés ainsi que par le retrait de Pyongyang du Traité de non-prolifération (TNP). "Les deux parties ont fait preuve de flexibilité, les Etats-Unis étant sur le principe prêts à accepter une approche graduelle", a ajouté M. Strong. "Dans les fait, cette approche n'a pas encore été élaborée", a-t-il tempéré.
Publiquement, Washington exige toujours un "démantèlement complet, vérifiable et irréversible des programmes nucléaires" de la Corée du nord avant d'offrir au régime de Kim Jong-Il des garanties de sécurité ou une aide économique. Les Nord-Coréens ont "accepté de s'engager pour une péninsule coréenne dénucléarisée. Ils m'ont répété leur volonté d'abandonner leur programme d'armement nucléaire, mais pas avant d'avoir suffisamment de garanties pour leur sécurité", a poursuivi le conseiller de Kofi Annan.
Les dirigeants du pays stalinien "perçoivent leurs armes nucléaires comme leur meilleure garantie de sécurité contre ce qu'ils perçoivent comme une menace américaine", a expliqué M. Strong, qui est sous-secrétaire général des Nations Unies. Pour lui, le simple fait que le processus des pourparlers à six (Japon, Corée du Sud, Corée du Nord, Chine, Russie, Etats-Unis) engagés depuis août dernier se poursuit est "porteur d'un grand espoir". Une troisième série de ces pourparlers doit se tenir avant la fin juin dans la capitale chinoise.
Le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi a déclaré samedi à l'issue d'un sommet avec le numéro un nord-coréen Kim Jong-Il que ce dernier "voulait faire des efforts en faveur d'un solution pacifique par le biais des pourparlers à six". M. Strong a de son côté déclaré que sa mission avait été de "préparer l'économie (nord-coréenne) pour une coopération internationale accrue qui suivra un règlement pacifique", de la question nucléaire. "Mon impression générale est qu'il y a des signes d'amélioration", a encore dit l'émissaire de M. Annan. "Il est assez clair qu'un processus de réforme est en cours. Hier j'ai visité un marché, l'un des douze de la région de Pyongyang. J'étais étonné devant la variété de denrées disponibles, et j'ai également été impressionné par la foule de gens qui se trouvait sur ce marché", a détaillé M. Strong. "Bien sûr, le processus de réforme a encore beaucoup de chemin à faire", a-t-il relativisé.
La Corée du Nord menace d'exiger plus
des Etats-Unis pour démanteler son programme nucléaire
SEOUL (8 mars 2004) - La Corée du Nord a menacé lundi de proposer
une nouvelle contre-exigence demandant le retrait des troupes
américaines de Corée du Sud et une garantie "vérifiable
et irréversible" de sécurité avec Washington,
si les Etats-Unis ne font pas un geste.
La Corée du Nord fera officiellement cette demande si les Etats-Unis continuent d'exiger de Pyongyang le démantèlement "complet, vérifiable et irréversible" de son programme d'armement nucléaire.
La Corée du Nord est prête à abandonner ce programme pour obtenir en retour des aides économiques et énergétiques, ainsi qu'une promesse de non-invasion de la part des Américains.
Mais un second tour de discussion à la fin du mois dernier n'a pas permis de conclure cet accord. Les délégués des pays n'ont en effet pas réussi à se mettre d'accord sur les programmes et les sites assujettis au démantèlement et sur la manière dont celui-ci serait vérifié, a expliqué un responsable sud-coréen.
Corée du Nord: les discussions s'achèvent sans accord
PEKIN (28 février 2004) - La
deuxième série de pourparlers sur le programme nucléaire
nord-coréen s'est achevée samedi à Pékin
sans que les six pays représentés ne parviennent
à un accord, ni même à un communiqué
final commun.
En lieu et place du document attendu, la partie chinoise, hôte des discussions, en a été réduite à publier une "déclaration présidentielle" qui ne porte pas les signatures des différentes délégations.
Dans cette déclaration, le chef de la délégation chinoise, Wang Yi, affirme que les discussions ont été "bénéfiques et positives", mais que des "divergences persistent" entre les six pays participants (Etats-Unis, Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Russie et Japon).
M. Wang, vice-ministre chinois des Affaires étrangères, a expliqué que l'exigence américaine d'un abandon complet par Pyongyang de son programme nucléaire militaire avait été rejetée par certains participants. "Les parties ne sont pas parvenues à un consensus sur cette proposition ni sur l'ampleur du renoncement par la Corée du Nord à ses armes nucléaires", a déclaré M. Wang.
Toutefois, a ajouté le chef de la délégation chinoise, les autorités de Pyongyang "ont dit clairement qu'elles étaient prêtes" à abandonner leur programme nucléaire militaire "une fois que les Etats-Unis renonceraient à ce qu'elles qualifient de 'politique hostile' à l'égard de la Corée du Nord".
En fait, l'hôte des pourparlers a fait état d'un "extrême manque de confiance" entre les différentes parties.
"Certaines personnes pensent que les progrès réalisés ne sont pas suffisants", a reconnu pour sa part le ministre chinois des Affaires étrangères Li Zhaoxing lors de la cérémonie de clôture. "Mais la vitesse de ces négociations n'est pas très rapide."
Washington et Pyongyang ont tiré des conclusions contradictoires de cette deuxième série de pourparlers à six, qui s'est déroulée durant quatre jours dans la capitale chinoise. Les Etats-Unis ont parlé de discussions "très fructueuses" et d'une ambiance "bien meilleure" que lors de la première série de négociations. Au contraire, la Corée du Nord a souligné l'absence de "résultats positifs".
Malgré ces divergences, les six pays
ont accepté de tenir une nouvelle série de pourparlers
à haut niveau avant le mois de juillet et de former un
groupe de travail de moindre rang pour tenter de régler
les détails bloquant encore le règlement d'une crise
ouverte il y a 16 mois.
Le Monde du 06/01/04
La Corée du Nord déclare qu'elle
va geler ses installations nucléaires
Elle annonce aussi qu'elle ne procédera ni à des
essais ni à la fabrication d'armes atomiques dans ce qu'elle
qualifie de "concession audacieuse" aux Etats-Unis pour
faciliter un règlement de la crise sur son programme nucléaire.
La Corée du Nord "va s'abstenir de procéder
à des tests et à la production d'armes atomiques,
et même stopper l'activité de son industrie nucléaire
civile dans un objectif pacifique comme premières mesures
d'un ensemble en vue d'une solution. Cela ne peut être autre
chose qu'une concession audacieuse de plus", a rapporté
l'agence officielle du régime stalinien KCNA.
Pyongyang dit attendre en retour des concessions de Washington
alors que des initiatives se poursuivent pour organiser une seconde
session de négociations multilatérales afin d'amener
la Corée du Nord à renoncer à ses ambitions
nucléaires.
KCNA ajoute qu'en échange des concessions nord-coréennes,
Washington devrait "simultanément" prendre des
mesures de réciprocité, comme rayer le pays de la
liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, lever
différentes sanctions et reprendre ses livraisons de carburant
suspendues après les révélations sur ses
programmes nucléaires.
Une première série de pourparlers, regroupant les
Etats-Unis, le Japon, la Russie, la Corée du Sud, la Corée
du Nord et la Chine fin août à Pékin, n'avait
pas permis de dénouer la crise.
Les Etats-Unis insistent pour que Pyongyang abandonne son programme
nucléaire sans conditions préalables, alors que
la Corée du Nord réclame des garanties de sécurité
et d'autres mesures en échange.
De nouvelles négociations à six, prévues
le mois dernier, avaient été repoussées en
raison des divergences. Les pays concernés espéraient
pouvoir organiser une réunion dans les trois premières
semaines de 2004, avant le Nouvel An chinois. Mais les dernières
informations laissaient entendre que cela ne serait sans doute
pas possible.
Mardi, le ministre des affaires étrangères sud-coréen
a déclaré que les discussions pourraient être
repoussées de plusieurs mois. "J'espère que
les pourparlers se tiendront dans la première moitié
de l'année au plus tard", a dit M. Yoon Young-kwan.
La Corée du Nord avait une nouvelle fois jeté le
doute, lundi, sur sa participation en évoquant un "retard",
voire un "abandon" si les Etats-Unis ne faisaient pas
un geste préalable.
Washington avait répliqué en disant ne pas vouloir
offrir de contrepartie pour amener Pyongyang à la table
de négociation.
De son côté, Moscou a estimé, lundi, qu'il
y avait encore des chances - mais faibles - pour que les pourparlers
puissent se tenir en janvier.
ÉQUIPES AMÉRICAINES EN ROUTE POUR PYONGYANG
Par ailleurs, deux délégations américaines
non officielles devaient arriver mardi en Corée du Nord.
Elles espèrent pouvoir se rendre sur le complexe nucléaire
de Yongbyon, à 90 km au nord de Pyongyang, ce qui constituerait
une première depuis l'expulsion des inspecteurs de l'ONU
il y a un an.
Washington a pris ses distances avec ces groupes, soulignant qu'il
ne s'agissait pas de missions gouvernementales.
Principal site nucléaire nord-coréen, Yongbyon est
au centre d'une confrontation diplomatique avec les Etats-Unis.
Le régime a affirmé y avoir retraité 8 000
barres de combustible irradié pouvant produire suffisamment
de plutonium pour fabriquer six bombes atomiques.
L'une des équipes américaines est dirigée
par des collaborateurs de sénateurs, Keith Luse et Frank
Jannuzi. L'autre est conduite par un spécialiste de la
Chine de l'université Stanford. Elle comprend Jack Pritchard,
ancien négociateur du département d'Etat avec la
Corée du Nord, et le scientifique Sig Hecker, ex-directeur
du laboratoire nucléaire de Los Alamos. Parties mardi de
Pékin, les équipes doivent séjourner en Corée
du Nord jusqu'à samedi.
Des responsables américains ont déclaré qu'elles
seraient probablement entendues par des officiels après
leur visite.
Nucléaire: une délégation
américaine ira mardi en Corée du Nord
SEOUL (2/1/04) - Une
délégation américaine comprenant notamment
un expert du nucléaire compte se rendre la semaine prochaine
en Corée du Nord, a confirmé vendredi un responsable
gouvernemental sud-coréen, pour lequel cette visite ne
doit pas être considérée comme le signe d'une
reprise imminente de pourparlers sur le programme nucléaire
nord-coréen.
Ce responsable a confirmé sous le sceau de l'anonymat les
informations du quotidien USA Today, à savoir que Pyongyang
a autorisé l'équipe américaine en question
à se rendre dans son site nucléaire de Yongbyon
du 6 au 10 janvier.
On ne peut toutefois pas tenir cette visite pour une "inspection"
des installations de Yongbyon, a estimé le responsable
sud-coréen en ajoutant: "Je n'accorderais pas trop
de signification à la visite. Il est difficile de voir
en elle l'annonce de la prochaine série de pourparlers
à six".
Si la délégation se rend effectivement en Corée
du Nord, ce sera la première fois que des étrangers
sont autorisés à se rendre dans ce complexe nucléaire
depuis l'expulsion des inspecteurs des Nations unies, le 31 décembre
2002.
L'administration Bush, qui s'était opposée à
une visite du Congrès américain en Corée
du Nord en octobre, a donné son feu vert à l'équipe
souhaitant aller à Yongbyon.
Les Américains pensent que la Corée du Nord met
au point des armes nucléaires dans ce site, qui date de
la période soviétique. La Chine, pour sa part, cherche
à mettre au point une nouvelle série de pourparlers
à six, destinés à convaincre Pyongyang de
renoncer à son programme nucléaire.
ÊTRE EN POSITION DE FORCE
Selon USA Today, la délégation américaine
comprendra notamment Sig Hecker, directeur de 1985 à 1987
du Laboratoire national de Los Alamos, qui a élaboré
la première bombe nucléaire américaine dans
les années 1940 et produit encore des armes.
Hecker s'est vu signifier qu'il pourrait visiter Yongbyon, où
la Corée du Nord a peut-être retraité du combustible
nucléaire usagé pour fabriquer du plutonium en vue
d'élaborer une demi-douzaine de bombes, écrit le
journal, citant des membres de la délégation.
Selon un porte-parole du département d'Etat, Lou Fintor,
les Etats-Unis continuent à préparer les discussions
à six sur le programme nucléaire nord-coréen.
Les autres pays concernés par ces discussions sont la Chine,
le Japon, la Corée du Sud et la Russie.
En invitant Hecker à visiter Yongbyon, il se pourrait que
le gouvernement de Kim Jong-Il souhaite prouver qu'il détient
des armes nucléaires, afin d'aborder les négociations
en position de force, analyse USA Today.
Il pourrait également vouloir désamorcer d'éventuelles
tensions en montrant qu'il ouvrira ses sites nucléaires
aux inspections en cas d'accord, souligne le journal.
La Corée du Nord s'apprête à dévoiler sa capacité nucléaire
SEOUL (16 octobre 2003) - La Corée du Nord a annoncé jeudi qu'elle se préparait à "dévoiler physiquement" sa capacité nucléaire militaire."Quand l'heure sera venue, une mesure sera prise pour dévoiler physiquement la force de dissuasion nucléaire" nord-coréenne, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à l'agence officielle KCNA.
Le porte-parole a refusé de préciser la nature de la mesure envisagée par la Corée du Nord, selon la dépêche de KCNA, reçue à Séoul par l'agence sud-coréenne Yonhap.
Pyongyang avait menacé il y a deux mois lors d'un sommet de six nations à Pékin de se déclarer puissance nucléaire et de procéder à un test, selon des responsables américains.
Un haut responsable US avait averti que la Corée du Nord devra faire face à des "conséquences" si elle procède à cet essai.
La Corée du Nord "n'aura d'autre choix que de prendre des mesures pour maintenir et augmenter sa force nucléaire qui est un moyen d'auto-défense" contre la politique "hostile" des Etats-Unis, a ajouté le porte-parole.
Au mois d'août, les deux Corées, la Chine, le Japon, la Russie et les Etats-Unis s'étaient réunis pour la première fois dans l'espoir de détendre la situation créée par la menace de Pyongyang.
Ce sommet, qualifié d'"inutile" par la Corée du Nord, avait pris fin sans qu'une nouvelle date ait pu être trouvée pour une seconde rencontre.
Dans les semaines suivantes, Pyongyang avait haussé le ton en assurant que la Corée du Nord était en train de fabriquer une bombe atomique et demandé que le Japon soit exclu d'un nouveau sommet.
Dans une dernière tentative de conciliation, à l'occasion d'une rencontre dans la capitale nord-coréenne, la Corée du Sud a tenté cette semaine de faire revenir Pyongyang à la table des négociations.
"La résolution ou non de la question nucléaire dépend entièrement de l'attitude américaine", a déclaré Kim Ryong-Song, chef de la délégation nord-coréenne, mardi soir à Pyongyang, lors d'un dîner d'accueil en l'honneur de la délégation ministérielle sud-coréenne.
La Corée du Nord réclame aux
Etats-Unis un pacte de non-agression avant de répondre
à la demande de Washington de démanteler de façon
complète et vérifiable son arsenal nucléaire.
Corée du Nord: du plutonium aurait été produit à des fins militaires
SEOUL (jeudi 2 octobre 2003) - La Corée du Nord a annoncé jeudi avoir
achevé de retraiter 8.000 barres de combustible nucléaire,
produisant une quantité de plutonium suffisante pour fabriquer
une demi-douzaine de bombes atomiques.
Faisant de nouveau monter les enchères dans son long bras
de fer avec les Etats-Unis, elle a suggèré avoir
commencé la fabrication des armes et menacé de continuer
d'extraire du plutonium pour renforcer son arsenal nucléaire
et dissuader une opération militaire américaine.
Enfin, Pyongyang a de nouveau laissé planer le doute sur la reprise de négociations multilatérales pour trouver une solution à une crise qui dure depuis un an. "La RDPC (République démocratique et populaire de Corée) a achevé le retraitement de quelque 8.000 barres de combustible nucléaire" à des fins pacifiques, a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé par l'agence officielle KCNA.
Les Etats-Unis estiment que la Corée du Nord s'est déjà dotée d'une ou deux bombes atomiques dans les années 1990 et que le retraitement des 8.000 barres de carburant irradié peut lui permettre d'extraire assez de plutonium pour fabriquer six autres engins environ en quelques mois.
Les barres avaient été mises sous scellés dans le cadre d'un accord passé an 1994 avec Washington mais devenu caduc avec la révélation en octobre dernier que Pyongyang avait poursuivi ses ambitions nucléaires en secret.
Après le retraitement, "la Corée du Nord a modifié sa politique d'utilisation du plutonium produit à partir de barres de combustibles retraitées pour augmenter sa force de dissuasion nucléaire", poursuit le texte.
Le régime stalinien menace de poursuivre l'extraction du matériau fissible s'il se sent menacé alors que les Etats-Unis lui refusent des garanties de sécurité qu'il réclame. L'inquiètude de la Corée du Nord, qui figure avec l'Irak et l'Iran dans l'"axe du mal" du président George W. Bush, s'est accrue avec la guerre d'Irak.
"Nous retraiterons davantage de barres de combustible dans une chaine continue depuis le réacteur nucléaire de 5 megawatts de Nyongbyon (Yongbyon) sans délai si cela s'avère nécessaire", avertit le ministère nord-coréen.
Le régime avait déclaré en avril avoir commencé à retraiter les barres de combustible irradié, apparemment pour faire pression avant une première session de négociations avec les Etats-Unis et la Chine sur son programme nucléaire.
Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont déclaré dans le passé être incapables de vérifier les affirmations de Pyongyang.
D'autres négociations, élargies à trois autres pays: la Corée du Sud, la Russie et le Japon, se sont déroulées fin août à Pékin. Elles n'ont débouché sur aucun résultat mais sur l'assentiment qu'une nouvelle session devait avoir lieu à une date indéterminée.
Mais la Corée du Nord a déclaré à plusieurs reprises ne rien attendre d'une poursuite des pourparlers tant que Washington maintiendrait sa ligne dure.
Des préparatifs se sont néanmoins poursuivis et un émissaire américain a évoqué mercredi la possibilité d'une rencontre d'ici un mois ou un mois et demi.
Le communiqué nord-coréen de jeudi reprend des menaces de boycottage proférées mardi.
"En ce qui concerne la reprise des discussions à six, la RDPC n'a fait aucune promesse à quiconque aux pourparlers de Pékin et cela reste vrai après les discussions", dit-il.
Un responsable sud-coréen a estimé qu'il s'agissait en fait d'une tactique destinée à renforcer la donne de Pyongyang dans la perspective de nouvelles négociations.
"Par le biais de contacts directs et indirects avec des responsables nord-coréens, je pense que le Nord veut continuer le dialogue. Je considère leur menace comme une tactique de négociation", a dit jeudi le vice-ministre de l'unification Cho Kun-Shik.
Le Japon a regretté l'annonce du retraitement des 8.000 barres tout en reconnaissnt ne pas en avoir de confirmation.
"Ce genre de remarques et de geste va à l'encontre d'un accord conclu lors des pourparlers multilatéraux à six qui stipulait que la Corée du Nord devait s'abstenir de prendre toute action susceptible d'envenimer la situation", a déclaré un porte-parole des Affaires étrangères. "C'est regrettable", a-t-il souligné.
La Corée du Nord va reconnaître officiellement qu'elle possède l'arme nucléaire
WASHINGTON (jeudi 28 aout 2003) - La Corée du Nord a annoncé lors de la conférence à six sur la sécurité dans l'Est asiatique qu'elle allait formellement reconnaître qu'elle détient des armes nucléaires et qu'elle allait procéder à un essai nucléaire, a rapporté jeudi un responsable américain.
Le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères Kim Yong Il a ajouté lors de la réunion à Pékin que Pyongyang avait les moyens de lancer des armes nucléaires, faisant apparemment référence au programme de missiles de son pays.
Ces remarques ont assombri la séance plénière qui rassemblait jeudi des diplomates américains, sud-coréens, chinois, japonais, russes et nord-coréens.
James Kelly, le principal délégué américain, a exigé que Pyongyang s'engage à démanteler -de façon permanente et vérifiable- son programme d'armement nucléaire, en contrepartie de garanties américaines sur sa sécurité et d'aides économiques.
Pyongyang a testé des explosifs pour
son programme nucléaire
SEOUL (9 juillet 2003) - La Corée du Nord a procédé à plusieurs dizaines d'essais d'explosifs dans le cadre de son programme nucléaire, a déclaré mercredi le responsable du renseignement sud-coréen, Ko Young-Koo.Il a ajouté que la Corée du Nord avait apparemment commencé à retraiter du combustible nucléaire irradié, un programme qui pourrait produire assez de plutonium pour fabriquer une demi-douzaine de bombes atomiques en quelques mois.
M. Ko a annoncé l'observation par ses
services de quelque 70 tests d'explosifs réalisés
dans le district de Yongdok, à 40 kilomètres au
nord-ouest du complexe nucléaire de Yongbyon, au nord de
la capitale Pyongyang. Selon des experts, des explosifs conventionnels
sont utilisés pour déclencher une explosion atomique.
Leur détonation comprime un noyau de plutonium et provoque
une réaction nucléaire. "Nous avons continué
de suivre les progrès de l'opération", a ajouté
le directeur du Service national du renseignement sud-coréen
qui s'exprimait devant les députés et était
cité par un responsable parlementaire. Pyongyang a déjà
déclaré de son côté avoir commencé
à retraiter du combustible irradié mais ni Séoul
ni Washington n'ont pu confirmer si l'information était
exacte ou s'il s'agissait d'un bluff dans le cadre du bras de
fer les opposant sur le programme nucléaire du régime
stalinien. "Nous soupçonnons que la Corée du
Nord a retraité récemment une partie de ses 8.000
barres de combustible irradié dans son complexe nucléaire
de Yongbyon", a dit M. Ko.
La Corée du Nord a provoqué une crise concernant
ses ambitions nucléaires il y a neuf mois en faisant des
révélations sur un programme secret mené
en dépit d'un pacte passé en 1994 avec les Etats-Unis.
Les efforts réalisés depuis n'ont pas réussi
à résoudre le conflit. La tension s'est régulièrement
accrue avec le retrait du pays du traité de non prolifération
nucléaire puis sa reconnaissance qu'il cherchait à
se doter de l'arme nucléaire et "à renforcer
sa dissuasion nucléaire", sous-entendant qu'il possédait
déjà une arme atomique.
Selon le New York Times la semaine dernière, des responsables
des services de renseignement américains auraient identifié
en Corée du Nord un site d'essai d'ogives jusqu'à
présent inconnu. Ils estiment que Pyongyang cherche à
acquérir une technologie lui permettant de fabriquer des
têtes nucléaires suffisamment petites pour les monter
sur ses missiles. Les armes pourraient atteindre Tokyo et les
soldats américains basés au Japon, ajoutait le quotidien
qui disait que le processus pourrait être mené à
bien en moins d'un an.
Washington estime que Pyongyang possède déjà
une ou deux bombes atomiques datant du début des années
1990 et que le retraitement du carburant de Yongbyon lui permettrait
d'obtenir assez de plutonium pour fabriquer six nouveaux engins.
De premières négociations se sont déroulées
en avril à Pékin entre la Corée du Nord,
la Chine et les Etats-Unis mais elles n'ont rien donné.
Alors que les Etats-Unis veulent augmenter les pressions pour
obtenir un abandon par Pyongyang de son programme nucléaire,
la Chine et la Corée du Sud prônent une solution
négociée.
Le président sud-coréen Roh Moo-Hyun en visite à
Pékin a déclaré mercredi que la Corée
du Nord recevrait toute l'aide et la coopération dont elle
besoin si elle démantelait son programme nucléaire.
Pyongyang "doit choisir la voie de la paix et de la coopération
avec d'autres. Aucun pays n'a le droit de menacer la sécurité
des Etats voisins et la stabilité de la région",
a-t-il déclaré.
La Corée du Sud et la Chine ont réclamé dans
un communiqué conjoint mardi une dénucléarisation
de la péninsule coréenne.
Pyongyang prévoit de construire quatre
nouvelles centrales nucléaires (presse)
LONDRES, 16 fév 03 - La Corée du Nord prévoit la construction de quatre nouvelles centrales nucléaires, affirme le Sunday telegraph, citant le directeur de l'énergie nord-coréenne Kim Jaerok.
Chacune de ces quatre centrales serait plus grande et plus puissante que celle très controversée de Yongbyon, dont Pyongyang a annoncé la remise en service et dont les Etats-Unis redoutent qu'elle soit utilisée pour développer des armes nucléaires.
"Des mesures désespérées" ont été prises parce que beaucoup de Nord-Coréens n'ont pas le chauffage ni l'électricité, a déclaré Kim Jaerok, selon l'hebdomadaire.
Ces mesures "nous permettront de répondre au besoin urgent d'électricité dans notre pays", a encore ajouté M. Jaerok, précisant que ces centrales pourraient produire jusqu'à 200 mégawatts, soit 40 fois plus que Yongbyon.
La Corée du Nord s'est retirée début janvier du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dans le cadre de son conflit avec les Etats-Unis sur le nucléaire.
Pyongyang avait annoncé en décembre dernier la reprise de son programme nucléaire, en violation d'engagements pris en 1994, et affirme qu'il s'agit de répondre aux besoins énergétiques de la population après l'arrêt des livraisons de fioul américain.
La crise nucléaire a débuté en octobre 2002 quand Washington a stoppé ses livraisons de pétrole à l'Etat communiste, plongeant la Corée du Nord dans une grave crise énergétique. La mesure a été prise en représailles à la découverte, selon Washington, d'un programme nucléaire secret à base d'uranium enrichi.
En vertu de l'accord de 1994, 8.000 barres de combustible du réacteur nucléaire de Yongbyon, susceptibles d'être recyclées pour en extraire du plutonium à usage militaire, avaient été consignées et placées sous la surveillance continue de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA).
Pyongyang a récemment expulsé
les inspecteurs de l'AIEA et entrepris de recharger le réacteur
de Yongbyon avec le combustible qui avait été gelé.
Le développement nucléaire de la Corée du Nord
7/1/03 - Voici les principales étapes connues du développement nucléaire de la Corée du Nord:
Début des années 1960: construction d'un centre de recherches nucléaires à Yongbyon, au nord de la capitale Pyongyang.
1965: assemblage d'un réacteur nucléaire de recherche "IRT-2M" de fabrication soviétique.
Milieu des années 1970: assemblage d'un second réacteur.
1985: les Etats-Unis annoncent avoir les preuves que la Corée du Nord assemble secrètement un réacteur nucléaire près de Yongbyon.
1985: la Corée du Nord signe le traité de non prolifération nucléaire, mais refuse de signer les accords sur la sécurité nucléaire avec l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA).
Janvier 1992: cédant à la pression internationale Pyongyang signe finalement les accords sur la sécurité nucléaire.
Février 1993: la Corée du Nord rejette une demande d'inspection de deux sites soupçonnés d'abriter du combustible nucléaire, formulée par l'AIEA.
Mai 1993: la Corée du Nord teste un missile à capacité nucléaire d'une portée de 1.000 kilomètres.
Juin 1993: la Corée du Nord abandonne ses menaces de retrait du traité de non prolifération nucléaire.
Décembre 1993: Pyongyang accepte d'avoir des conversations avec l'AIEA.
Juillet 1994: mort du dictateur nord-coréen Kim Il-Sung conduisant à l'annulation d'un sommet prévu avec le président sud-coréen Kim Young-Sam.
Octobre 1994: la Corée du Nord et les Etats-Unis signent un accord prévoyant le gel du programme militaire nucléaire nord-coréen en échange de la livraison de deux réacteurs civils.
Janvier 1995: Washington assouplit ses sanctions économiques.
Avril 1997: les Etats-Unis annoncent pour la première fois que dès 1994 la Corée du Nord avait produit suffisamment de plutonium pour fabriquer "au moins un engin nucléaire".
Novembre 1999: la Corée du Sud estime que le Nord a suffisamment de plutonium pour assembler 10 petites bombes nucléaires.
Décembre 1999: un accord est signé entre les deux Corées et un consortium international mené par les Etats-Unis, portant sur la construction de deux réacteurs nucléaires à eau légère "sécurisés" en Corée du Nord.
Juillet 2000: la Corée du Nord menace de relancer son programme de développement nucléaire pour protester contre ce qu'elle considère comme des retards dans la construction des deux réacteurs à eau légère.
Avril 2001: l'AIEA estime que la Corée du Nord "a probablement une ou deux bombes nucléaires", mais rappelle qu'elle n'a pas pu faire d'inspection sur place depuis 1994.
--2002--
Août: la première pierre des deux réacteurs à eau légère est posée.
Octobre: la Corée du Nord admet devant l'envoyé spécial américain James Kelly qu'elle poursuit un programme de fabrication de combustible nucléaire militaire.
14 nov: les Etats-Unis et leurs alliés répliquent et s'accordent pour suspendre les livraisons de fioul à la Corée du Nord à partir de décembre.
12 déc: Pyongyang annonce qu'elle va réactiver ses programmes nucléaires, présumés gelés depuis l'accord de 1994, en invoquant une pénurie d'électricité due à la suspension des livraisons de fioul.
21 déc: La Corée du nord démonte les caméras surveillant la centrale de Yongbyon, puis le lendemain, brise les scellés posés par l'AIEA sur des conteneurs renfermant des barres de combustibles nucléaires usagées susceptibles d'être utilisées à des fins militaires.
25 déc: des barres de combustible sont transportées dans le bâtiment du réacteur de la centrale.
31 déc: les derniers inspecteurs de l'AIEA sont expulsés des installations nucléaires. George W. Bush déclare que la situation de crise peut être résolue pacifiquement.
--2003--
6 jan: une résolution de l'AIEA exige que Pyongyang cesse de manière immédiate et vérifiable tout programme nucléaire militaire, tout en lui donnant une chance de revenir au respect de ses engagements.
7 jan: la Corée du nord met en garde les Etats-Unis contre une "guerre sans pitié" s'ils optaient pour des sanctions.
Libération du 25/12/02:
Posséder quelques kilos de plutonium ou de l'uranium enrichi est une condition absolument nécessaire mais pas suffisante pour fabriquer une arme nucléaire.
Pour le régime nord-coréen, la bombe atomique est l'arme de la survie. Elle lui permet d'extorquer de l'aide économique et humanitaire à la communauté internationale, tout en «sanctuarisant» son territoire national contre d'éventuelles actions militaires. Avec ses programmes d'armes de destruction massive, la Corée du Nord est, en quelque sorte, un Irak qui a réussi. Non seulement, elle n'a pas à craindre une attaque américaine, mais loin d'être placée sous embargo, une grande part de son alimentation et de son énergie lui sont fournies par ses adversaires politiques, au premier rang desquels les Etats-Unis ! Alors que son économie est en ruine et que sa population meurt de faim, la Corée du Nord est très active dans le développement et la production de missiles balistiques, d'armes nucléaires, chimiques et biologiques. L'arraisonnement, le 11 décembre dans l'océan Indien, d'un bateau transportant des missiles Scud à destination du Yémen, l'a une nouvelle fois montré.
Réacteur de recherche. Le régime communiste nord-coréen conduit un programme nucléaire depuis près de quarante ans. Il a eu le temps de former de nombreux scientifiques et ingénieurs atomistes. En 1965, leur premier réacteur de recherche, un «IRT-2M», est fourni aux Coréens par l'Union soviétique. Autour de lui naît le vaste complexe nucléaire de Yongbyon (900 hectares et près de 3 000 employés), à une centaine de kilomètres au nord de la capitale Pyongyang.
Selon les rares informations disponibles, il faut attendre les années 80 pour que la Corée du Nord se lance véritablement dans le nucléaire militaire. Un réacteur de type «graphite-gaz» est construit à Yongbyon. D'une puissance de 5 mégawatts, il fonctionne à partir d'uranium non enrichi et produit du plutonium. C'est ce type de réacteur qui a permis à la France de se doter de l'arme nucléaire dans les années 60. Après de nombreuses difficultés, il démarre en 1987 pour s'arrêter définitivement en 1994, après l'accord bilatéral avec les Etats-Unis. Sans les contrôles de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce réacteur pourrait redémarrer d'ici à deux ou trois mois, estiment les experts. Et que vont devenir les 8 000 barres de combustible irradié, qui constituent en quelque sorte le «minerai» à partir duquel est extrait le plutonium ?
Tous les services de renseignements s'interrogent : combien de kilos de plutonium ont déjà été produits à Yongbyon ? L'AIEA avance le chiffre de 23,4 kg, uniquement sur la base d'estimations. Sachant qu'il faut environ 8 kg de plutonium pour construire une bombe atomique de 20 kilotonnes, les Etats-Unis affirment aujourd'hui que Pyongyang possède «une ou deux» armes nucléaires. C'est possible, mais ce n'est pas prouvé. Posséder quelques dizaines de kilos de plutonium ou de l'uranium enrichi est une condition absolument nécessaire (c'est ce qui manque à l'Irak), mais pas suffisante.
Tests indispensables. Contrairement à l'Inde et au Pakistan, la Corée du Nord n'a jamais procédé à des essais nucléaires. Or, en matière d'armes atomiques, il y a loin de la théorie à la pratique. Pour une puissance technologique émergente comme la Corée, les tests grandeur nature sont indispensables. Ils permettent de valider l'architecture intérieure de l'arme et les explosifs classiques qui déclenchent la réaction en chaîne. Mal maîtrisées, ces techniques très complexes transforment la bombe en un gros pétard... en répandant quand même des substances hautement radioactives sur quelques mètres carrés.
Par Jean-Dominique MERCHET
"Le Pacificateur"
avec George Clooney version Libération ?
"L'expert" qui a conseillé le journaliste s'est
bien foutu de lui. Malheureusement la confection d'une bombe atomique
une fois que l'on possède la matière première
est facile pour un ingénieur, ou pour un bon technicien
du nucléaire, les plans de fabrication sont presque publics
(ils ont été publiés dans Science & Vie
dans les années 70). Si celui qui fabrique la bombe est
prêt à sacrifier sa vie (car le plutonium ne lui
laisse aucun espoir) il peut même confectionner sa bombe
dans son garage. La bombe n'aura pas un très bon rendement
(il devra mettre un peu plus de Plutonium que nécessaire)
mais elle fonctionnera.
Prolifération nucléaire, arrière-fond de la guerre ?
Quelle destination pour le plutonium d'origine militaire?
Libération 27/12/02:
Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique, Pyongyang vient d'installer «un millier de barres de combustible neuves» dans la centrale de Yongbyon.
Sombre diagnostic qui inquiète tout à la fois Moscou, Pékin et Washington. La remise en service par la Corée du Nord d'un réacteur nucléaire capable de produire du plutonium militaire a été jugée «très préoccupante», hier, par le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Une décision qui «s'apparente à une stratégie de la corde raide» et fait craindre à Mohamed el-Baradei une relance «de la prolifération».
Neutralisé. Selon les informations rendues publiques par l'autorité de contrôle des Nations unies, les experts de Pyongyang «ont installé un millier de barres de combustible neuves» dans un bâtiment de la centrale de Yongbyon, après avoir désactivé, le week-end dernier, toutes les installations de vidéosurveillance de l'organisation internationale. «Nous ne pouvons donc pas certifier que les matériaux produits ne seront pas utilisés pour fabriquer des armes nucléaires», a souligné l'AIEA dans un communiqué. Car la centrale de Yongbyon «n'a rien à voir avec la capacité nord-coréenne de production d'électricité, et la Corée du Nord n'a actuellement aucun usage légitime et pacifique pour le plutonium», a précisé Mohamed el-Baradei.
Le complexe nucléaire de Yongbyon était neutralisé depuis huit ans, suite à un accord qui prévoyait la fourniture annuelle de fioul et de nourriture à la Corée du Nord par les Etats-Unis en échange du démantèlement des centrales au graphite capables de produire du plutonium à usage militaire. Ce compromis a été remis en cause en octobre, lorsque Washington a découvert que Pyongyang poursuivait des recherches clandestines, en violation des accords de 1994. Le 12 décembre, la Corée du Nord annonçait la reprise officielle de son programme nucléaire. Or Pyongyang n'est fondé à redémarrer le réacteur de Yongbyon qu'à des fins civiles et uniquement sous surveillance de l'AIEA.
Réactions. A l'évidence embarrassés, les Etats-Unis ont «pressé» la Corée du Nord de «ne remettre en activité aucun de ses sites nucléaires gelés» et de ne pas «aggraver» sa situation. Inquiète de la tournure prise par les événements, la Russie a exprimé ses «regrets» et rappelle que Moscou «attache une importance particulière à la reprise de la coopération entre la Corée du Nord et l'Agence internationale de l'énergie atomique». Plus menaçant, le Premier ministre japonais, Junichiro Koizumi, a mis en garde la Corée du Nord contre les possibles «réactions» à ses «provocations».
WASHINGTON, 19 avr - La
Corée du nord possède probablement une à
deux bombes nucléaires, a indiqué le directeur adjoint
de la CIA dans un discours cette semaine, qui met en garde contre
les menaces d'une utilisation des armes de destruction massive
de la part de cet Etat.
Jusqu'à présent, la centrale de renseignement américaine
estimait que Pyongyang avait produit suffisamment de plutonium
pour fabriquer au moins une et probablement deux bombes nucléaires,
mais s'était refusée à affirmer que ce pays
possédait la bombe.
Dans son discours prononcé mardi soir dans une université du Texas, John McLaughlin a indiqué que le renseignement américain n'était pas sûr que les travaux relatifs à la fabrication de l'arme nucléaire n'avaient pas continué en Corée du nord en dépit d'un accord signé en 1994 qui prévoyait le gel de l'activité de l'usine nucléaire Yongbyon.
"Le Nord a effectivement une ou deux bombes nucléaires --et il pourrait également avoir des armes bactériologiques, en plus de ses armes chimiques", a dit le directeur adjoint de la CIA.
Les armes de destruction massive en possession de la Corée du nord et la situation économique et humanitaire désastreuse que traverse le pays rendent plus grandes les menaces posées par le déploiement à un stade avancé de ses forces militaires conventionnelles, a-t-il dit.
"A court terme, le défi que pose la Corée du nord pour nous et nos alliés est devenu plus complexe et plus dangereux", a dit le responsable de la CIA.
Alors que ce pays affirmait s'en tenir à un moratoire sur le lancement de missiles et affichait son intérêt à négocier un accord sur les missiles, il continuait à vendre activement des missiles balistiques, de l'équipement et de la technologie, a dit M. McLaughlin.
"En bref, Pyongyang a accéléré la capacité d'autres pays à acquérir des armes de destruction massive", a-t-il affirmé.
Première pierre d'une centrale nucléaire construite par les Occidentaux
KUMHO (Corée du nord), 7 août - Une cérémonie a marqué mercredi le début, après un important retard, de la construction en Corée du nord d'une centrale nucléaire par un consortium occidental dans le cadre d'un accord conclu entre Pyongyang et Washington pour empêcher le régime stalinien de se doter de la bombe atomique.
Le représentant des Etats-Unis à la cérémonie où du béton a été coulé dans les fondations de la future centrale, Jack Pritchard, en a profité pour appeler la Corée du nord à laisser inspecter ses installations nucléaires suspectes et à respecter le traité de non prolifération des armes nucléaires.
Selon l'accord conclu en 1994, Pyongyang a gelé son programme nucléaire officiellement civil mais soupçonné de masquer la fabrication d'armes atomiques. En échange, la Corée du nord reçoit une aide en carburant et bénéficie de la construction d'une centrale nucléaire présentant moins de risque militaire par un groupement réunissant les Etats-Unis, la Corée du sud, le Japon et l'Union européenne, le Korean Peninsula Energy Development Organization (KEDO).
Le projet de deux réacteurs à eau légère de 1.000 mégawatts pour près de cinq milliards de dollars a été retardé de plusieurs années par des contentieux entre la Corée du nord et le KEDO, notamment sur les salaires à payer aux travailleurs nord-coréens.
L'arasement d'une colline pour y construire la centrale a pris quatre ans et le creusement des fondations n'a commencé qu'en 1991.
M. Pritchard, émissaire spécial américain pour la Corée du nord et représentant des Etats-Unis au KEDO, a déclaré que le consortium aurait achevé "une partie significative" du projet en livrant des composants clé à la mi
Mais il a averti que la Corée du nord devait accepter des inspections de ses installations nucléaires par l'Agence internationale de l'énergie atomique et respecter le traité de non prolifération.