Plus des 3/4 des parlementaires pour la
poursuite du nucléaire (TNS-Sofres)
20/11/03 - Plus
des trois quarts (77%) des parlementaires sont favorables à
la poursuite du nucléaire et au remplacement du parc actuel,
contre 15% qui souhaitent l'abandon progressif de cette énergie
et le non-remplacement des centrales, selon un sondage TNS-Sofres
publié jeudi par la Fondation nationale des Sciences politiques.
Le sondage a été réalisé par téléphone
du 5 mars au 23 avril auprès de 122 députés
et 78 sénateurs, dont 29 femmes des deux chambres. La ventilation
par parti n'est pas précisée.
Le remplacement du parc sur les sites actuels des centrales recueille
86% d'avis favorables à droite et 64% à gauche.
Pour les parlementaires, la réduction du chômage,
la sécurité publique et la lutte contre la pauvreté
notamment passent bien avant la prise en compte de l'environnement,
selon l'enquête.
3% des sondés estiment que l'environnement devrait constituer
la première priorité du gouvernement. 27% mettent
en tête le développement économique, 25% l'amélioration
de l'éducation, 20% la réduction du chômage,
16% le "maintien de la sécurité" publique
et 6% la lutte contre la pauvreté. 2% seulement mettent
en tête la défense nationale.
La réponse, note la publication, est "quasiment indépendante
de l'appartenance politique, de l'âge et du sexe".
En matière d'environnement, seule la gestion de l'eau intéresse
massivement les élus, 61% estimant que cette problématique
doit être la priorité du gouvernement dans ce domaine.
39% citent la gestion des déchets. Le changement climatique
n'arrive qu'en troisième position (23%) devant la maîtrise
de l'énergie (19%).
Assemblée Nationale, 19/11/03:
2 questions sur l'orientation énergétique
1ere Question ;
Question de Jean Dionis du Séjour UDF Lot-et-Garonne
« Mr le pt, mes chers collègues, ma question
s'adresse à mme la ministre de l'industrie. Le gouvernement
a pris l'initiative de propose un projet de loi fixant les choix
énergétiques de la nation avant la fin de l'année
2004.
Pour cela il vient de publier à ce sujet le livre blanc
sur les énergies.
Hors dans le même temps vous avez pris position dès
le mois d'octobre pour le développement d'un réacteur
de type EPR , devant nous permettre d'assurer la transition entre
l'arrêt du parc actuel, 20152020 et le démarrage
des réacteurs de la 4ème génération.
Hors, le groupe UDF affirme qu'une telle prise de position est
prématuréePrématurée parce que le
parlement et la nation n'ont ni débattuAttendez on s'exprimeNi
débattu, ni décidé, en matière d 'économie
d'énergie, d'ambition nationale. En matière d'énergie
renouvelable, ni même au niveau de l'arbitrage entre le
gaz et le nucléaire.
Prématuré parce que nous ne connaissons aujourd'hui
ni la puissance nucléaire à reconduire, ni la durée
souhaitable d'exploitation des centrales actuelles. Sans ces élémentsSans
ces éléments, il est impossible de savoir s'il était
urgent de lancer l'EPR , ou si l'on doit passer directement
à la 4ème génération de réacteurs,
la seule à véritablement produire moins de déchets
radioactifs. En prenant une telle position, le gouvernement a
pris le risque de raviver le clivage archaïque qui existe
entre le lobbies pro-nucléaireLe lobbies pro-nucléaire
et les associations anti-nucléaires ( !!! ). Hors
la FranceLa Franceon peut parler ( brouhaha )Quand-même !
( le président :Un peu de calme !) HorsHors la
France a besoin d'un vrai débat sur l'énergie. CalmeCalme
et raisonnable. La filière nucléaire à qui
la France doit beaucoup, ne doit être ni diabolisé,
ni même portée aux nues.
Mme la ministre, n'ayez pas peur de ce débat, ni au parlement,
ni dans la nation , alors notre question, à l'UDF sera
simple : la décision de démarrer le générateur
EPR est-elle prise ? Des assurances ont-elles été
données dans ce sens à AREVA et à EDF et
si tel est le cas, que reste-t-il du débat énergétique
et du projet de loi de la politique énergétique
de la France..
Réponse de Nicole Fontaine :
Mr le ptMmes et Mrs les députés, Mr le député
Dionis Permettez-moi en préalable de citer un propos tenu
en 2001 : Il faut revoir les positions officielles qui condamnent
l'énergie nucléaire. C'est la seule cohérence
puisque c'est la seule forme de production d'énergie qui
supprime les rejets dans l'atmosphère. Ces propos forts
seraient ils de Mr Christian Bataille ou de Mr Claude Biraud
, les 2 rapporteurs de l'office parlementaire d'évaluation
des choix scientifiques et techniques. Et bien non ! Ces
propos ont été prononcés par Mr F Bayrou,
lors de la convention nationale de l'UDF le 28 avril 2002. Je
dois d'ailleurs lui dire, vous dire que ses propos Ses propos
lui ont valu, un peu plus tard de se voir décerner par
le réseau sortir du nucléaire un appel de certification.
Oui oui Mr Bayrou était estampillé pro-nucléaire
par cette organisation. Pour notre part, nous sommes beaucoup
moins catégoriques car comme vous l'avez très justement
dit Mr DionisIl faut ni diaboliser le nucléaire, ni le
porter aux nues. Et c'est la raison pour laquelle la politique
du gouvernement repose sur 3 piliers indissociables : la
nécessaire maîtrise de la consommation d'énergie,
le développement de toutes les énergies renouvelables,
et la nécessité de préparer le renouvellement
de 2020. En assurant pour cela , la sécurité d'approvisionnement,
l'indépendance énergétique de notre pays
et bien évidemment le respect de nos engagements environnementaux.
Et pour ceci il faut à l'évidence laisser ouverte
l'option nucléaire. Sachez Mr Dionis Que si au terme de
large débat national, qui a commencé comme vous
de savez au 1er semestre de cette année et qui se poursuit
en ce moment jusqu'à la fin de l'année, si au terme
de ce débat, le gouvernement est appelé à
faire le choix du démonstrateur EPR, ça sera pas
à l'évidence un choix idéologique, ce sera
simplement pour que notre pays dispose de toutes les orientations
énergétiques qui lui permettront d'assurer le renouvellement
de son parc nucléaire dans les meilleures conditions de
sûreté et d'efficacité.
Parce que permettez-moi, Mr Dionis de vous dire que pour nous,
gouverner, c'est savoir prendre des décisions responsables.
2ème question ;
Question de Claude Birraux UMP Haute-Savoie
Mme la ministre de l'industrie, le gouvernement vient de faire
connaître l'annonce du projet de loi d'orientation sur l'énergie.
Pour la 1ère fois, le parlement aura à voter sur
la politique énergétique de notre pays. Ce qui est
une démarche éminemment démocratique. Les
parlementaires UMP tiennent à en féliciter le gouvernement.
Je constate avec plaisir que vos propositions retiennent, d'une
part, les propositions du rapport que j'ai présenté
pour l'office parlementaire des choix scientifiques avec C. Bataille
en mai dernier sur la durée de vie des centrales et les
nouveaux types de réacteurs, en particulier, en décidant
de lancer le prototype de réacteur EPR. D'autre part, les
propositions contenues dans un rapport rédigé en
2001, toujours pour l'office parlementaire avec Jean-Yves le Béhaut
( ? ), sur les possibilités techniques et économiques
des énergies renouvelables.
Mr le président de l'assemblée nationale, je suis
sûr que vous vous réjouirez, avec le président
de l'office parlementaire, de voir que les propositions du parlement,
adoptés à l'unanimité à l'office,
sous des majorités différentes , soient reprises
par le gouvernement. La politique énergétique est
une politique de long terme. Pour l'avoir oublié, la Californie
et l'Italie l'on réappris à leurs dépends.
Tous ceux qui trouvent que les décisions sont précipitées
et qu'il faut attendre et qu'hier, ici même, reprochaient
au gouvernement de ne pas aller assez vite, devraient méditer
ce proverbe chinois : Seul l'imprévoyant creuse un
puit quand il a soif. Après un débat national sur
l'énergie, après les rapports des sages, et le rapport
du parlementaire en mission Jean Besson, voici venu le temps de
l'action. Pouvez-vous indiquer à la représentation
nationale, quel est le calendrier législatif. Et par ailleurs,
indiquer quelles sont les régions qui ont d'ores et déjà
manifesté de l'intérêt pour cette première
implantation du réacteur EPR.
Réponse de N. Fontaine :
Mr le pt..Il est Mr C. Birraux , que dans les
propositions du livre blanc que j'ai présenté le
7 novembre dernier, j'ai été très inspirée
par l'excellent rapport qu'avec Mr Bataille vous avez élaboré
au nom de l'office des choix technologiques et scientifiques.
Un rapport d'ailleurs dont je serais tenté de recommander
la lecture à tous ceux qui n'auraient pas encore eu le
temps de le faire et peut-être plus particulièrement
à Mr Dionis du Séjour. De même je me suis
très largement inspirée des enseignements du très
large débat qui s'est déroulé dans des conditions
de transparence et de pluralisme tout à fait satisfaisantes
tout au long du 1er semestre de cette année. Alors comme
je le répondais il y a un instant à Mr Dionis .La
politique du gouvernement repose sur un triptyque indissociable.
Nous proposons de maîtriser, de mieux maîtriser la
consommation d'énergie par des incitations fortes et par
une campagne de sensibilisation. Nous proposons de diversifier
le bouquet énergétique de notre pays en développant
largement les économies ( ? ) renouvelables, les énergies
renouvelables et notamment par la mobilisation de la recherche.
Et enfin bien évidemment la préparation des décisions
d'avenir qui requièrent ( ?) que toutes les options
( gros plan sur J.C. Lenoir, Monsieur nucléaire )
restent ouvertes y compris celles de l'énergie nucléaire.
En ce moment le débat se poursuit. Nous avons voulus que
les français soient informés dans des conditions
de transparence totale, c'est la raison pour laquelle nous avons
eu cette proposition sur internet et bien évidemment je
peux vous répondre au début de la prochaine année
le parlement sera saisi d'un projet de loi. Alors s'agissant de
la localisation d'un éventuel démonstrateur EPR,
bien évidemment cette question est largement prématurée.
A ce stade je puis seulement vous dire que nous avons en effet
reçu quelques candidatures. Nous avons reçu la candidature
de quelques sites en Basse et en Haute Normandie, notamment Flamanville
et Panlis, et nous avons reçu aussi la candidature de la
région Rhône-Alpes à travers la voie je dois
dire particulièrement motivée de sa présidente
Mme Anne-Marie Camparisi ( ? ).
L'Express 13/11/03:
Polémique
Soupçons en chaîne par Richard de Vendeuil
De l'usine de la Hague au projet de réacteur
EPR, l'industrie de l'atome et le dérangeant organisme
d'expertise Wise se livrent une guerre sans merci.
Apres la publication, la semaine dernière, du Livre blanc
gouvernemental sur les énergies, pro et anti-réacteur
EPR (réacteur européen a eau sous pression) s'apprêtent
a en découdre sur le dossier du nucléaire. Que Nicole
Fontaine, ministre de l'Industrie, affirme que "le débat
est serein" et certains, aussitôt, s'inquiètent.
"Il y a de la manip' dans l'air", observe Yves Marignac,
directeur de Wise Paris, l'organisme qui, face a l'industrie nucléaire,
s'est fait, depuis une dizaine d'années, une réputation
de contradicteur, mais aussi de contributeur informe. Et de souligner
aujourd'hui, comme d'autres, les calculs, "fondes sur des
hypothèses hasardeuses", de la dernière étude
sur l'EPR menée par la Direction générale
énergie matières premières du ministère
de l'Industrie. "On nous ressort un argumentaire tout cuit
sans validation contradictoire", renchérit Mycle Schneider,
ancien patron de Wise, principale association antinucléaire
spécialise. "Comment, dans ces conditions, parler
de débat pluraliste et transparent?"
Ni Wise ni Schneider ne sont en odeur de sainteté dans
l'industrie nucléaire. "Anne Lauvergeon [présidente
d'Areva] déclare clairement avoir deux bêtes noires:
Greenpeace et Wise", rappelle Marignac. Rien de surprenant
après l'épisode du rapport sur les effets toxiques
des usines de Sellafield (Grande-Bretagne) et de la Hague, confie
a Wise par le Parlement européen et qui a été
télécharge plus de 10 000 fois sur Internet. "C'est
comme demander une étude sur les droits des femmes aux
taliban" déclarait, au Soir de Bruxelles, un porte-parole
de la Cogema, filiale d'Areva. "On veut bien de notre expertise,
mais, des que nos conclusions dérangent, on cherche a casser
notre image, fait valoir Wise. On jette la suspicion sur notre
compétence, ce qui évite de discuter du fond. Comment,
dans ces conditions, parler de débat pluraliste et transparent?"
Et, de fait, Wise dérange. Pour avoir, par exemple, extrait
de son rapport des éléments relançant, après
le 11 septembre 2001, les interrogations quant a la sûreté
des installations de la Hague face a une attaque terroriste. Un
brûlot suivi d'un contre-feu: un document, diffuse par la
municipalité de Cherbourg, suppose remettre en question
l'étude mène par Wise et qui se revela un pseudo-rapport,
signe d'un "Groupe de conseils scientifiques européens"
inconnu du Parlement de Strasbourg. Plainte contre X pour faux
et usage de faux de Wise contre plainte pour dénonciation
calomnieuse du maire de Cherbourg: le dossier est, sur le plan
judiciaire, toujours en l'état.
Une industrie "aux abois"
En présentant des conclusions remettant en question certaines
hypothèses sur l'avenir du nucléaire, Wise ne peut
que déplaire. Hier a nombre de députés européens
(les plus hautes instances du Parlement auraient, dit-on, milite
en vain pour l'abandon du rapport confie a Wise), et plus largement
actuellement. En outre, le trouble-fête n'est plus seul
a poser des questions qui dérangent. La tres officielle
"Etude économique prospective de la filière
électrique nucléaire", confiée par le
gouvernement en juillet 2000 a Charpin-Dessus-Pellat, contredit,
par exemple, l'affirmation selon laquelle le retraitement diviserait
par six la quantité de déchets des réacteurs,
l'un des arguments chocs des militants de cette nouvelle filière.
Le rapport est reste lettre morte. "Plus
que les vrais enjeux, calomnie et intox occupent souvent le devant
de la scène", déclare Marignac, convaincu que
les mauvais procès sont le signe d'une industrie nucléaire
"aux abois". Dernière rumeur en date: le départ
de la direction de Wise, en avril 2003, de Mycle Schneider serait,
en réalité, une éviction due au manque de
sérieux scientifique du fameux rapport a l'attention des
eurodéputés. L'intéresse aurait, en somme,
paye les pots casses, et Wise avec lui. Ce que contestent formellement
les deux parties.
Reste que cette ambiance de foire d'empoigne
entretient l'image d'un groupe de militants boutefeux, loin de
la rigueur et de l'expertise que Wise veut afficher pour mener
son combat.
LCR, 11/11/03:
(Commission écologie)
Fidèle à sa méthode, le
gouvernement Raffarin choisit de passer en force pour relancer
un nouveau programme nucléaire. La LCR dénonce une
initiative effectuée sans consultation démocratique,
alors que l'opinion est majoritairement hostile au nucléaire.
Aucun des problèmes liés à cette industrie
ns sera résolu par les nouvelles centrales EPR : gestion
des déchets, risque d'accidents industriels ou risque terroriste,
dans le centrales ou lors des transports de matières radioactives.
La LCR s'engage résolument au coté du mouvement
anti-nucléaire et des initiatives de mobilisations qu'il
prendra pour repousser l'offensive du lobby nucléaire et
obtenir un moratoire sur tout nouveau réacteur.
La ministre de l'Industrie, Nicole fontaine présente la
relance du nucléaire comme inéluctable. Nous affirmons,
au contraire, que d'autres choix sont possibles, afin d'assurer
une sortie rapide du nucléaire. Cela nécessite des
mesures urgentes pour promouvoir un véritable programme
de maîtrise de l'énergie (isolation de l'habitat,
appareils économes) et assurer le développement
massif des énergies renouvelables. Cela implique de défendre
et développer le service public de l'énergie, contre
la privatisation d'EDF et GDF, et de rompre avec la logique de
libéralisation du marché européen de l'électricité
et du gaz.
Motion adoptée par le 15ème
congrès de la LCR,
le 1er nov. 2003.
STOP GOLFECH, 8/11/03:
Communiqué de presse
- Une mise en garde. du Figaro !
« Est-ce la volonté de noyer le poisson ? » dit Le Figaro du 7 novembre 2003 dans son analyse du projet de loi énergétique présenté par Nicole Fontaine. Il poursuit plus loin : « de fait les décisions concernant le nucléaire restent très floues dans le texte-le mot même d'EPR (1) en est absent - c'est probablement parce que la décision gouvernementale attendue sur le sujet risque d'être prise en haut lieu, pas avant janvier prochain, en marge du vote des parlementaires ». Ainsi Le Figaro, pourtant favorable au gouvernement actuel, met le doigt sur le flou de la loi qui masque le fait qu'une décision de construire l'EPR peut être prise par décret en dehors même du débat parlementaire
- L'option « ouverte » de Nicole Fontaine est en fait le début du renouvellement du parc nucléaire
Nicole Fontaine dit que construire l'EPR permettra de garder l'option nucléaire « ouverte ». Pour elle cela signifie investir 3 milliards d'euros nécessaires à la réalisation de l'EPR et créer un mix énergétique entre la maîtrise de l'énergie, les renouvelables et le nucléaire. Nous, Réseau « Sortir du nucléaire » du sud ouest et Stop Golfech, sommes persuadés que jusqu'en 2015 (année annoncée comme étant celle d'un choix énergétique plus décisif) l'énergie nucléaire accaparera comme à l'accoutumée l'essentiel des budgets de l'énergie : sur FR3 le 6 novembre dernier, le directeur de la centrale de Golfech affirmait qu'EDF allait investir 50 millions d'euros dans les renouvelables. Sympa, sauf que cela fait 60 fois moins que pour une seule centrale EPR. A qui fera-t-on croire que dans une période d'économies généralisées, investir les 3 milliards d'euros nécessaires à l'EPR soit juste « pour une option ouverte » et non pour un premier pas vers le renouvellement du parc nucléaire !
- Le nucléaire ne satisfait aucun des
4 objectifs principaux du préambule de l'avant projet de
loi de programmation énergétique présenté
par Nicole Fontaine
Objectif n°1 - Garantir un droit d'accès pour tous
les concitoyens à une énergie de qualité
et compétitive et sur l'ensemble du territoire
Notre analyse : Une industrie énergétique de qualité
ne saurait générer des déchets dont on ne
sait que faire et qu'on abandonne aux générations
futures. Une énergie compétitive ne peut s'appréhender
quand on ne connaît ni les coûts du démantèlement
des centrales ni les coûts de stockage des déchets.
Le principe même de la conception des réacteurs nucléaires
(puissance et perte en lignes) impose des unités disséminés
sur l'ensemble du territoire à la merci d'un réseau
filaire forcement fragile (tempêtes, interconnections sujettes
à coupures). Les énergies renouvelables par contre
restent principalement des sources d'énergie à vocation
autonome ou très décentralisée.
Objectif n°2 - Contribuer à renforcer la compétitivité
économique de notre pays et de ses entreprises
Notre analyse : A l'heure où les entreprises privés
recherchent un retour sur investissement rapide, la maintenance
d'une centrale nucléaire (sécurité, arrêts
techniques, ) et ses inconnus : coûts de la déconstruction
et de la gestion des déchets, restent un placement à
très haut risque. C'est donc l'Etat et le contribuable
qui financeront l'essentiel des assurances des risques, la gestion
des déchets et de la déconstruction. Les salariés
du nucléaire quant à eux n'ont pas de soucis à
se faire pour leur avenir sachant que la déconstruction
et la gestion des déchets leur donneront du travail pour
des décennies.
Objectif n°3 Garantir la sécurité d'approvisionnement
de la France
Notre analyse : La dernière mine d'uranium française
a cessé toute extraction de minerai en 2000. Avec 100%
d'uranium importé, le nucléaire ne peut donc assurer
une indépendance énergétique à la
France. De plus les réacteurs étant tous de même
type, des problèmes graves peuvent affecter au même
moment de nombreux réacteurs et nous mettre en situation
de pénurie (voir 17 réacteurs arrêtés
au Japon cet été) et donc de dépendance...
Objectif n°4 Contribuer à la préservation
de l'environnement et notamment à la réduction des
émissions de gaz à effet de serre auquel le secteur
énergétique contribue fortement » Nous pourrions
construire 100-200 ou 1000 réacteurs nucléaires
supplémentaires dans le monde, le problème de l'effet
de serre perdurera car il est en très grande partie dû
aux transports routiers.
Nous ajoutons que l'EPR utilise du plutonium comme combustible
ce qui fait redoubler les transports dangereux ; c'est aussi une
centrale qui entraîne des risques de prolifération
d'armes nucléaires si on l'exporte..
Ainsi le réseau sud ouest"Sortir du nucléaire"
et Stop Golfech demandent une loi qui rejette nettement la construction
de toute nouvelle centrale et qui décide d'affecter les
crédits prévus pour l'EPR à une politique
déterminée de maîtrise de l'énergie
et de développement des renouvelables répondant
complètement aux objectifs affichés dans le préambule.
Pour ce nous appelons tous les citoyens à une manifestation
nationale, le samedi 17 janvier à Paris. Une journée
d'actions et d'information est prévue à Valence
d'Agen le 13 décembre.
Localement une réunion a lieu le mardi 11 novembre à
20h30, Maison des Associations, 108 boulevard de la Liberté,
Agen.
contacts : 05 53 95 02 92 - 06 85 22 71 33
(1) European Pressurised Reactor, nom donné au nouveau
réacteur
Le Figaro, 7/11/03:
Est-ce la volonté de noyer le poisson
? Toujours est-il que dans le Livre blanc ou avant-projet de loi
d'orientation sur les énergies que la ministre déléguée
à l'Industrie, Nicole Fontaine, doit dévoiler aujourd'hui,
le nucléaire occupe une place relativement faible.
A peine quelques lignes sur un document total de 30 pages : «La
France s'assurera que les technologies nécessaires seront
disponibles pour le renouvellement de ce parc et pourra dans ce
but autoriser le cas échéant la construction d'une
nouvelle capacité nucléaire.» Pourtant, c'est
le sujet d'actualité le plus brûlant et le plus attendu,
depuis que le ministre s'est prononcé en faveur du réacteur
nucléaire de troisième génération
EPR pour renouveler le parc français.
De fait, si les décisions concernant le nucléaire
restent très floues dans le texte le mot même
d'EPR en est absent c'est probablement parce que la décision
gouvernementale attendue sur le sujet risque d'être prise
en haut lieu, pas avant janvier prochain, en marge du vote des
parlementaires.
Au terme d'une consultation publique, le projet de loi d'orientation
sur les énergies qui doit déterminer les choix énergétiques
de la France pour les trente ans à venir sera, lui, présenté
en Conseil des ministres d'ici à la fin de l'année
et soumis au vote du Parlement début 2004.
Un des éléments clés du texte réside
dans la relance de la chasse au «gaspi», passage obligé
pour diviser les émissions de gaz à effet de serre
par quatre à l'horizon 2050, objectif affiché de
la France pour remplir ses obligations de Kyoto. Aussi le texte
vise-t-il une baisse d'intensité énergétique
finale du pays (rapport de la consommation énergétique
au PIB) de 1,8% d'ici à 2015, contre 0,8% en moyenne
actuellement. Benjamin Dessus, fondateur de «Global Chance»,
regrette toutefois que le texte s'intéresse peu aux transports,
pourtant point noir de la consommation énergétique.
Une large place est également accordée au développement
des énergies renouvelables. La France est encore loin du
compte, sachant qu'une directive européenne lui impose
de faire passer la part de ces dernières de 15 à
21% de la production d'électricité en France d'ici
à 2010.
Autant dire que la France, prise entre le marteau et l'enclume
la réglementation européenne et les desiderata
du lobby de l'atome entend diversifier son bouquet énergétique,
tout en gardant l'option nucléaire ouverte.
Il ne faut pas croire pourtant que tous les industriels concernés
veulent à tout prix une relance de l'atome. Certes, un
constructeur comme Areva milite ouvertement pour la fabrication
d'un prototype EPR. En revanche, chez EDF, on se montre beaucoup
moins chaud. Certains même, dans l'entourage de l'électricien,
font valoir que l'entreprise, par les temps qui courent, n'a surtout
pas besoin d'être l'instrument d'un programme nucléaire
dirigiste.
Autrement dit, le changement de statut, l'ouverture du capital
ou encore la restauration du bilan comptable sont des chantiers
suffisamment lourds comme cela pour ne pas en plus s'embarrasser
d'un autre gigantesque projet, extrêmement coûteux
de surcroît. D'ailleurs, l'électricien a récemment
annoncé l'allongement de la durée de vie de ses
centrales, de 30 à 40 ans.
«A dire vrai, s'il fallait vraiment y aller, EDF préférerait
sans doute un nucléaire de marché, une association
au sein d'un consortium qui permette à plusieurs acteurs
de collaborer ensemble», observe un analyste du secteur.
Aussi Greenpeace entend-il faire pression sur l'opérateur
historique pour qu'il rejette l'EPR, car «EDF a les moyens
de dire non», lance Michèle Rivasi, sa nouvelle directrice
France. Laquelle menace de lancer une campagne grand public sur
le thème «EDF, demain j'arrête» dès
que sera prise la décision sur l'EPR.
C. M. et F. M.
EPR: les anti-nucléaires annoncent
une manifestation nationale
07/11/03 - Une
quinzaine d'associations, emmenées par le "Réseau
+Sortir du nucléaire+", ont annoncé vendredi
l'organisation le samedi 17 janvier nucléaire+2004 à
Paris d'une "manifestation nationale contre l'EPR",
le projet de nouveau réacteur nucléaire franco-allemand.
Dans un communiqué, le "Réseau +Sortir du nucléaire+"
qui affirme regrouper 650 associations anti-nucléaires,
déclare que "le gouvernement a d'ores et déjà
décidé la construction de l'EPR".
Parmi les signataires du communiqué figurent la Confédération
paysanne, des syndicats (Sud-Rail), des partis politiques (Verts,
LCR) ainsi que des écologistes et anti-nucléaires
(Réseau Action Climat, Amis de la Terre, Agir pour l'environnement
...).
Le communiqué a été publié au moment
où la ministre déléguée à l'Industrie,
Nicole Fontaine, présentait à la presse un "Livre
blanc sur les énergies".
Un avant-projet de loi sur les énergies, pièce maîtresse
de ce Livre blanc, ne fait aucune référence directe
à l'EPR.
Il maintient l'option nucléaire ouverte à l'horizon
2020 lorsque les réacteurs actuellement en service commenceront
à devenir obsolètes. Il doit être soumis à
consultation publique avant d'être présenté
fin décembre ou début 2004 en conseil des ministres.
Nucléaire: la construction d'un démonstrateur
EPR pourrait être décidée début 2004,
selon Nicole Fontaine
PARIS (07/11/03) -
La ministre déléguée à l'Industrie
Nicole Fontaine a indiqué vendredi que le projet de loi
d'orientation sur les énergies qu'elle présentera
en Conseil des ministres début 2004 devrait "envisager"
la construction "prochaine" d'un démonstrateur
EPR (réacteur européen à eau
pressurisé) afin de déterminer si cette technologie
pourra être utilisée pour le renouvellement de "tout
ou partie" du parc nucléaire français à
partir de 2020.
"La France entend garder l'option nucléaire ouverte",
a-t-elle déclaré lors d'une conférence de
presse. "Elle entend s'assurer que l'ensemble des technologies
énergétiques lui seront accessibles en 2012-2015
pour être en mesure de choisir réellement de remplacer
tout ou partie de notre parc nucléaire".
"La construction d'un démonstrateur (du) réacteur
européen à eau pressurisé
-EPR- apparaît dans ces conditions souhaitable à
EDF afin que cette entreprise puisse tirer un retour d'expérience
suffisant avant de se lancer, le cas échéant, dans
le déploiement d'une série industrielle", a-t-elle
souligné. "Il est donc envisagé que la loi
et sa traduction concrète, la programmation pluriannuelle
des investissements, prévoit la construction prochaine
de ce démonstrateur".
La construction de ce démonstrateur, si elle était
entérinée début 2004, coûterait trois
milliards d'euros financés par des industriels à
travers des partenariats, a précisé la ministre.
Ce prototype serait opérationnel en 2010, afin de permettre
le lancement éventuel d'une série industrielle en
2015, pour mise en service à partir de 2020.
Prudente, Nicole Fontaine a immédiatement précisé
que cette proposition serait soumise à concertation d'ici
la fin de l'année. "Il faut que le débat se
poursuive dans les prochaines semaines de manière non polémique",
a-t-elle souhaité. En tout état de cause, "toutes
les options doivent rester ouvertes", a-t-elle affirmé,
y compris celle de prolonger la durée de vie du parc nucléaire
actuel.
La France compte actuellement 58 réacteurs, qui produisent
78,2% de la production d'électricité. Or, une trentaine
d'entre eux aura entre quarante et cinquante ans d'âge d'ici
2020. Il faut "faire en sorte que lorsque le moment sera
venu de renouveler les centrales nucléaires (...), toutes
les options restent ouvertes, y compris l'option nucléaire",
a-t-elle conclu.
L'EXPANSION 07/11/03
La relance du nucléaire en France subordonnée
à un test
Aux environs de 2015, le parc de centrales
nucléaires français commencera à devenir
obsolète. Il faudra donc songer à le remplacer,
mais par quoi ? Préparant cette échéance,
Nicole Fontaine entend « laisser toutes les options ouvertes
». Poursuivre dans la voie du nucléaire, mais aussi
développer les énergies renouvelables. Le Livre
blanc sur les énergies, qui constitue un avant-projet de
la prochaine loi d'orientation sur le sujet, et qui a été
présenté vendredi par la ministre de l'industrie,
comprend ainsi deux recommandations de nature fort différente.
D'une part, la construction d'un réacteur nucléaire
dit « EPR », c'est à dire de troisième
génération, pour expérimenter cette technologie
et déterminer si elle peut constituer une alternative crédible
au parc actuel, en attendant la quatrième génération
qui ne sera disponible qu'à partir de 2040. D'autre part,
l'augmentation de la part des énergies renouvelables puisées
dans le bois, le soleil ou le vent, pour qu'elles produisent 21%
de la consommation d'électricité d'ici dix ans,
contre environ 15% actuellement. Et ce conformément aux
exigences européennes.
Le « Réseau Sortir du nucléaire », qui
regroupe six cents associations, a violemment réagi. Une
quinzaine de ses membres ont publié un communiqué
dans lequel ils estiment que, contrairement à ses affirmations,
« le gouvernement a d'ores et déjà décidé
la construction de l'EPR ». Ils appellent à une «
manifestation nationale » pour le 17 janvier prochain à
Paris pour protester contre ce projet. Certaines associations,
qui soutiennent cette initiative, saluent toutefois l'inflexion
contenue dans le Livre Blanc, jugé moins catégorique
que les dernières déclarations de Nicole Fontaine.
Les Amis de la Terre, Greenpeace, Agir pour l'Environnement et
le Réseau Action Climat notamment saluent une « ouverture,
certes fragile » et entendent continuer de peser sur le
gouvernement pour que la loi d'orientation sur l'énergie,
qui sera votée en début d'année, soit la
plus favorable possible. Pour eux, la guerre contre le nucléaire
n'est pas encore perdue. Mais il leur faudra passer sur le corps
d'une Nicole Fontaine qui assure à titre personnel : «
un autre choix que l'EPR serait peu responsable ».
Thomas Bronnec
Le Gouvernement "ose enfin imaginer
un avenir sans nucléaire" (associations)
07/11/03 - Les
associations de protection de l'environnement se sont félicité
vendredi de l'attitude du Gouvernement qui, dans son livre blanc
sur l'énergie présentée le matin même
"ose enfin imaginer un avenir sans nucléaire".
Selon ces associations - Les amis de la terre, Greenpeace, Agir
pour l'environnement, France Nature environnement, Réseau
action climat et World Wide Fund - ce Livre blanc présenté
par la ministre de l'Industrie Nicole Fontaine est sensiblement
moins catégorique que ne l'avait été cette
dernière concernant le nécessaire renouvellement
du parc nucléaire français.
"Cette ouverture, certes fragile, est le gage que le renouvellement
du parc ne va pas de soi comme tente de l'affirmer le lobby nucléaire
relayé par Nicole Fontaine", écrivent les associations
dans un communiqué.
"Les associations rappellent que garder les options ouvertes
ne signifie pas construire un réacteur nucléaire
de plus mais lancer une politique énergétique audacieuse
basée sur la sobriété, l'efficacité
énergétique et sur le développement des énergies
renouvelables", poursuivent elles. "Or sur ces questions
les propositions sont très faibles."
Les écologistes soulignent que le projet de loi indique
que "la France devra être en situation de disposer
du maximum d'options énergétiques ouvertes et de
pouvoir ainsi réellement décider de remplacer ou
non tout ou partie du parc par un nouveau parc nucléaire".
Fontaine: la décision sur le renouvellement
du parc nucléaire prise en 2015
07/11/03 - La
décision sur le renouvellement ou non du parc nucléaire
devra être prise en 2015, a affirmé vendredi la ministre
déléguée à l'Industrie Nicole Fontaine,
lors d'une conférence de presse destinée à
présenter le livre blanc sur les énergies.
"Nous avons une trentaine de centrales, qui en 2020 auront
plus de 40 ans d'âge. Il faut regarder la question de la
sûreté de près avant de penser à prolonger"
leur durée de vie, a-t-elle ajouté.
"Etant donné que les réacteurs de 4ème
génération se sont pas prêts, on ne peut pas
occulter le problème, il faut préparer l'horizon
2020. C'est pour cela que nous avons proposé de laisser
toutes les options ouvertes", a-t-elle souligné.
Pour cela, "il faut que l'ensemble des technologies soient
accessibles en 2012-2015. La construction d'un démonstrateur
EPR (réacteur à eau sous-pression) apportera un
appui souhaitable à EDF et lui donnera un retour d'expérience
suffisant pour un haut niveau de sûreté", a-t-elle
dit.
Elle a néanmoins souligné que "toutes les options,
EPR ou autres, doivent rester ouvertes y compris Iter", le projet de réacteur de fusion
expérimental, a-t-elle dit.
Iter (International Thermonuclear Experimental Reactor) vise à
construire un grand réacteur de fusion expérimental,
afin de produire dans un délai de 30 ans de l'énergie
propre et sûre à un stade pré-industriel,
à partir notamment de l'hydrogène, en reproduisant
la fusion qui a lieu dans les étoiles.
Interrogé sur le coût d'un EPR, elle a indiqué
que sa construction s'élèverait à trois milliards
d'euros. Elle a aussitôt ajouté qu'il serait "financé
par les industriels à travers un partenariat européen".
L'EPR est un projet "européen, plus précisemment
franco-allemand", a-t-elle souligné avant de préciser
que d'autres industriels européens pourraient entrer dans
le partenariat. L'EPR est développé par l'allemand
Siemens et le français Areva.
CGT: "urgent" de lancer la première
tranche du réacteur nucléaire EPR
06/11/03 - La
CGT a estimé jeudi "urgent" de lancer la réalisation
d'une première tranche du réacteur nucléaire
de troisième génération EPR, pour permettre
le renouvellement du parc électronucléaire.
"La quasi rupture d'approvisionnement électrique qui
a failli se produire en France cet été est loin
d'être uniquement une conséquence conjoncturelle
de la canicule: les derniers hivers ont aussi montré des
signes d'alerte", a expliqué la confédération
et de ses fédérations des Mines et de l'énergie,
et de la Métallurgie dans un communiqué.
"Il est de la plus grande urgence qu'EDF lance sans délai,
sur un site EDF, la réalisation d'une première tranche
EPR en France avec ingénierie et exploitation EDF, en coopération
avec Areva et Alstom, afin de permettre le renouvellement du parc
électronucléaire existant dans le cadre de la diversité
des moyens de production", a estimé la CGT.
Pour le syndicat, "la construction d'une tranche EPR en France
doit s'engager dans le cadre du service public pour en conserver
la maîtrise totale, de la construction à l'exploitation".
"Mais l'EPR à lui seul ne saurait suffire, sa mise
en service aura lieu dans
8 à 10 ans", a poursuivi la CGT qui a pointé
"l'insuffisance des moyens actuels" et plaidé
pour le renouvellement de centrales thermiques à flamme
vieillissantes et le développement de nouveaux moyens de
production d'électricité (éolienne).
Le gouvernement laisserait l'option nucléaire
ouverte
06/11/03 - Le
gouvernement maintiendrait l'option nucléaire ouverte,
sans trancher entre partisans et adversaires de l'atome, dans
son avant-projet de "loi d'orientation sur les énergies"
qu'il rendra public vendredi.
Le texte, qui fixe la politique énergétique pour
les trente prochaines années, est présenté
sous la forme d'un "Livre blanc sur les énergies"
comportant les propositions du gouvernement. Officiellement, le
débat sur les énergies se poursuit jusqu'à
fin décembre.
En outre, il devrait être accroché à un autre
projet de loi sur la transparence et la sûreté nucléaire,
en cours de finalisation au ministère de l'Ecologie.
Selon des sources écologistes, le gouvernement s'abstiendrait
de trancher le débat entre partisans et adversaires du
nucléaire. Mais il souhaiterait que l'option nucléaire
reste ouverte à long terme, au moment où les premières
centrales deviendront obsolètes.
Le parc nucléaire (19 centrales, 58 réacteurs de
deuxième génération), construit dans la décennie
1970-80, contribue à hauteur de 78% à la production
d'électricité, contre 12,1% pour l'hydraulique et
9,9% pour le thermique classique.
Mais ce parc, d'une durée de vie de 30 ans, ne peut être
prolongé au delà d'une dizaine d'années,
selon les industriels, et serait obsolète dès 2025,
alors que les réacteurs de 4ème génération
ne pourront fonctionner industriellement avant 2035-2040.
Les partisans de l'atome militent pour un réacteur de 3ème
génération, basé sur la technologie de l'EPR
(réacteur européen à eau sous pression) développée
par Areva et Siemens, pour assurer la transition, estimant qu'un
prototype devrait être lancé en 2004.
Le gouvernement laisserait en tous cas plus de place au gaz et
aux énergies renouvelables dans son bouquet énergétique,
pour tenir ses engagements européens. Une directive européenne
de 2001 demande aux Etats-membres de porter à 21% la part
des renouvelables dans la consommation d'électricité
en
La France, dont la part des énergies renouvelables était
de 15% en 1997, doit faire un effort en ce sens. Sous forme d'objectifs
quantifiés, cet effort porterait notamment sur le développement
de l'énergie solaire et thermique (chauffe-eau et chauffage
solaires...).
Quelle que soit la décision gouvernementale, elle devrait
garantir sécurité d'approvisionnement et respect
de l'environnement.
Grâce au nucléaire, la France, dont les ressources
fossiles ne représentent que 1,5% de sa consommation énergétique,
a acquis une certaine indépendance énergétique
(50%). Il y a 30 ans, elle dépendait à 70% du pétrole
pour sa consommation.
En outre, avec l'augmentation de la demande, Paris sera appelé
à installer de nouvelles capacités de production.
Le directeur du réseau de transport d'électricité
(RTE), André Merlin, l'a rappelé cette semaine.
"Dès 2008, 1.000 mégawatts (MW) de plus sont
nécessaires chaque année, non seulement pour la
pointe (les pics de consommation, ndlr), mais aussi en semi-base".
Par ailleurs, la réduction des émissions de CO2
devrait figurer en tête des objectifs de la France.
Le gouvernement devrait se fixer des objectifs chiffrés
pour la maîtrise de l'énergie, dans les industries
grosses consommatrices d'électricité mais aussi
les transports, assortis de mesures réglementaires et fiscales.
ATTAC France 28/10/03
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Demande de moratoire à la décision,
en 2003-2004, de mise en chantier de nouvelles tranches électronucléaires
Dans sa réunion des 18 et 19 octobre 2003, le Conseil d'administration
d'Attac France a décidé (comme de nombreuses associations
de défense de l'environnement et des syndicats l'ont déjà
fait) de demander un moratoire à toute décision
gouvernementale de mise en chantier de nouvelles tranches électronucléaires
de type EPR (european pressurized water reactor) en France.
De telles décisions ont été annoncées pour la fin de l'année 2003 ou le début de l'année 2004, prétextant une situation d'urgence à l'horizon 2010 dans la sécurité de l'approvisionnement en énergie électrique en France.
- Les projets en matière d'énergie
impliquent des choix à très long terme, la durée
de vie d'une centrale est, suivant les hypothèses, comprise
entre trente et soixante ans, des décisions dans ce domaine
engagent donc les générations futures. Bien que
ne rejetant que peu de gaz à effet de serre, les techniques
nucléaires posent des problèmes environnementaux
et de société (sécurité des installations)
bien connus et à bien plus long terme encore. Toute décision
dans ce domaine ne peut être prise qu'à la suite
d'un débat démocratique le plus large possible,
engageant toutes les composantes de la société.
- De l'avis même des experts qui se sont penchés
sur cette question, la situation d'urgence semble sujette à
caution et dépendre fortement des scénarios envisagés
tant dans les méthodes de production que dans les mesures
de maîtrise de la consommation qui pourraient être
prises. L'énergie électrique ne peut être
isolée de l'ensemble des besoins en énergie, incluant
le chauffage des locaux et les transports.
- Nombre de déclarations officielles laissent penser que
l'urgence de la mise en chantier de nouvelles centrales électronucléaires
est fortement suggérée par ceux qui voudraient voir
se constituer un pôle industriel privé, spécialiste
mondial dans ce domaine, autour d'Areva, qui perdrait son caractère
d'entreprise à capitaux publics par un désengagement
de l'état au profit des marchés boursiers au cours
de l'année 2004, et de groupes privés comme Siemens.
Les marchés visés sont l'Europe (Finlande, Europe
centrale) et les pays émergeants d'Asie (Chine, Inde).
Le rôle des futures centrales envisagées serait de
servir de démonstrateurs commerciaux pour ces sociétés.
- La privatisation des sociétés chargées
de la fabrication et de l'entretien des réacteurs pose
de multiples questions concernant la sécurité, ne
nous trouverions pas en face d'une privatisation de la rente accompagnée
d'une socialisation des risques ?
- Les questions énergétiques se posent à
l'échelle mondiale, nous ne saurions restreindre le débat
à des choix technologiques nationaux, l'avenir de la planète
est en jeu.
Pour remettre la démocratie dans le
débat, Attac a décidé de mettre en place
un groupe de travail sur l'énergie. Ce groupe de travail
sera constitué autour du conseil scientifique d'Attac,
du conseil d'administration et des comités locaux. Il réunira
des représentants des principaux acteurs dans les domaines
de l'énergie, du développement durable et des services
publics : associations, organisations non gouvernementales et
syndicats impliqués dans ces domaines.
L'objectif de ce groupe est de relancer dans la société
française un grand débat démocratique. Un
tel débat avait été annoncé par le
gouvernement pour le début de l'année 2003, mais
il a plus ressemblé à une entreprise de communication
des ministères et des entreprises concernées qu'à
un réel débat démocratique.
L'énergie est un bien commun de l'humanité, sa gestion ne saurait donc être confiée sans contrôle citoyen à des firmes multinationales.
Attac, Paris, le 29 octobre 2003.
Nucléaire: le gouvernement pour un renouvellement
au moins partiel du parc
28/10/03 - Le
gouvernement opte pour de nouveaux réacteurs nucléaires
en remplacement de ceux devenus obsolètes mais ne se fixe
pas de date pour ce renouvellement ni d'objectif quantifié,
selon un avant-projet de "loi d'orientation sur les énergies"
obtenu par l'AFP.
Le parc nucléaire français (19 centrales, 58 réacteurs)
"devra pouvoir être remplacé en tout ou partie
par un nouveau parc nucléaire", indique l'avant-projet,
qui doit être publié officiellement "dans les
premiers jours de novembre". La question de l'énergie
nucléaire fait l'objet de deux articles du texte, selon
une version de l'avant-projet du 10 octobre, identique à
la version initiale du 5 septembre.
"Lorsque le parc nucléaire actuel devra être
progressivement arrêté du fait de la durée
de vie des centrales, ce parc devra pouvoir être remplacé
en tout ou en partie par un nouveau parc nucléaire, permettant
(...) de maintenir l'indépendance énergétique
de la France, son faible niveau de gaz à effet de serre
et des prix de l'électricité stables et modérés",
déclare le premier article. "Les choix effectués
en matière de maintien des installations existantes ou
de création d'installations nouvelles sont effectués
de manière transparente afin de permettre l'information
la plus large du public et la prise en compte de ses préoccupations",
peut-on lire encore dans le même article.
évolutif "Les caractéristiques précises
du parc seront fixées par la programmation pluriannuelle
des investissements (...) pour des échéances de
temps compatibles avec les décisions d'investissements
devant être prises par les acteurs économiques",
indique le second article. "Cette programmation a donc un
caractère évolutif". Le projet de loi d'orientation
sur les énergies fixera la part des différentes
sources d'énergie pour une trentaine d'années (fossiles,
nucléaire et renouvelables). Le nucléaire assure
actuellement 39% de la consommation totale d'énergie française
contre 54% pour les énergies fossiles (charbon, pétrole
et gaz) et 7% pour les renouvelables (éolien, solaire...).
Il représente 78% de la production d'électricité
(contre 15% pour les renouvelables et 7% pour les fossiles).
Le projet doit être présenté avant fin décembre
au conseil des ministres par la ministre déléguée
à l'Industrie, Nicole Fontaine, et discuté au parlement
début 2004. Mme Fontaine avait organisé au printemps
dernier un "débat national", qui avait notamment
porté sur la nécessité de renouveler ou non
le parc nucléaire. Le 8 octobre, elle s'était déclarée
favorable au lancement de l'EPR, un réacteur de troisième
génération, provoquant un tollé chez les
écologistes. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait
aussitôt dit qu'"aucune décision n'était
arrêtée" sur l'EPR mais que "la place de
l'énergie nucléaire serait bien évidemment
évoquée" dans l'avant-projet de loi.
"La
France tentée" par une relance du programme nucléaire (Le Monde)
Le nucléaire
revient l'air de rien (Libération)
Nucléaire : le gouvernement pressé d'attendre
On aurait pu s'attendre à une synthèse polémique, à l'image de certains échanges qui ont jalonné ces six mois de débat national sur les énergies. De fait, le rapport du Comité des Sages, chargés de veiller au bon déroulement et de restituer la teneur de ce débat destiné à définir la politique énergétique de la France pour les trente années à venir, apparaît comme relativement consensuel.
Les trois Sages Edgar Morin, philosophe et sociologue, Pierre Castillon, ancien président de l'Académie des technologies, et Marc Lesggy, journaliste ont bien émis quelques réserves de forme sur l'organisation. «Certains points n'ont pas été traités à fond», estime ainsi Pierre Castillon, «notamment les prix de l'énergie, la question des déchets nucléaires, du retraitement et du plutonium, le débat rail-route, ou les problèmes d'urbanisme».
«Des consensus sont apparus», estime la ministre de l'Industrie Nicole Fontaine, à qui revient cette initiative: «le changement climatique est désormais considéré comme le problème numéro un», la priorité absolue à donner à la maîtrise de l'énergie et la nécessité de rééquilibrer notre bouquet énergétique, notamment au profit des énergies renouvelables, «tout en étant conscients que celles-ci ne pourront pas constituer une alternative au nucléaire».
En revanche, le nud gordien de la question énergétique en France, le nucléaire, est loin de faire l'unanimité. «Il paraît difficile, pour certains mais pas tous, que la France puisse s'(en) passer si elle veut diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050», a déclaré la ministre. Qui reconnaît en revanche les divergences existant sur l'opportunité ou non de lancer rapidement un nouveau réacteur de troisième génération de type EPR pour remplacer le parc de centrales actuelles. Si un rapport des parlementaires Claude Birrault et Christian Bataille avait plaidé en sa faveur en mai dernier, Greenpeace estime de son côté que ce choix serait «uniquement pour permettre à Areva (NDLR: son concepteur) de disposer d'un modèle de démonstration pour remplir ses carnets de commande».
Aussi la ministre a-t-elle annoncé qu'aucune décision à ce sujet ne serait prise dans le cadre de la loi d'orientation sur les énergies, que le gouvernement présentera d'ici à la fin de l'année. «Je souhaite prendre cette décision en toute connaissance de cause et demander à tous les acteurs d'approfondir la réflexion sur l'apport de l'EPR tant en matière de sûreté, de risque sismique que de déchets nucléaires. Je devrais pouvoir trancher au début de l'année prochaine.» Et l'avant-projet de loi dévoilé en octobre prochain, qui sera disponible sur Internet, sera soumis à la concertation jusqu'à la fin de l'année.
La loi d'orientation devrait définir les grands axes de la politique énergétique de la France des trente années à venir. Celle-ci intégrera notamment des mesures fiscales incitatives en faveur des énergies renouvelables, qui représentent moins de 1 % de la consommation française d'électricité, contre 75 % pour le nucléaire. Trois appels d'offres seront également lancés d'ici à la fin de l'année pour développer l'éolien et la biomasse (énergie du bois). Une circulaire a par ailleurs été envoyée aux préfets pour leur demander de réduire les délais des dossiers éoliens en instruction.
Tirant les leçons de l'été, Nicole Fontaine a par ailleurs demandé à EDF de préparer un plan canicule (nos éditions du 2 septembre 2003). Aux yeux de la ministre, cet épisode a mis en exergue les faiblesses de chaque source d'énergie et la nécessité d'une régulation du marché. Et de saluer au passage le comportement citoyen des Français qui ont réduit leur consommation moyenne par personne de 300 MW par jour au cours de la semaine du 15 août, les entreprises en ayant fait autant à hauteur de 1 500 MW par jour.
Caroline de Malet, Le Figaro, 13 septembre 2003.
La France veut en savoir plus pour relancer rapidement ou non le nucléaire
PARIS (12 septembre 2003) - Le gouvernement veut en savoir plus pour décider
de relancer rapidement ou non le nucléaire en France, une
décision qui sera prise au plus tard début 2004,
et il affiche comme des priorités la maîtrise de
la consommation d'énergie et le développement des
énergies renouvelables.
Si les économies de consommation et le développement
de l'éolien, du solaire et de la biomasse (recyclage du
bois en énergie) ont engendré un "consensus
total" lors du débat national lancé en début
d'année pour définir la politique énergétique
de la France des trente années à venir, tel n'a
pas été complètement le cas du nucléaire,
a expliqué vendredi la ministre déléguée
à l'Industrie Nicole Fontaine.
"Il paraît difficile, pour certains mais pas tous,
que la France puisse se passer du nucléaire si elle veut
diviser par quatre ses émissions de gaz à effet
de serre d'ici 2050", a déclaré la ministre.
La production d'électricité par les centrales nucléaires
ne rejette pas de gaz à effet de serre et ne contribue
donc pas au réchauffement de la planète.
Mais Mme Fontaine a admis que des divergences existaient sur la
nécessité ou non de lancer rapidement le réacteur
nucléaire de troisième génération
EPR (Les écologistes, qui estiment que la décision
est déjà prise par le gouvernement, ont boycotté
le débat), pour remplacer à terme le parc actuel.
La ministre présentera
fin octobre un avant-projet de loi sur la politique énergétique
française des 30 prochaines années, soumis pendant
deux mois à concertation, puis, début 2004, le projet
de loi d'orientation définitif. "Je devrais pouvoir
trancher (sur l'EPR) au début de l'année prochaine
au plus tard", a-t-elle précisé.
Le philosophe Edgard Morin - l'un des trois "sages"
nommés par le gouvernement dans le cadre du débat
national et qui ont rendu leur rapport vendredi - a jugé
que l'EPR ne s'imposait pas.
"Les centrales actuelles ne devenant obsolètes qu'en
2020, il semble inutile de décider d'une nouvelle centrale
EPR avant 2010. L'incertitude actuelle ne permet pas d'être
assuré que l'EPR, conçu dans les années 80,
serait la filière de l'avenir. Un temps de réflexion
de huit ans me semble nécessaire", a-t-il écrit.
Les deux autres sages, le scientifique Pierre Castillon et le
journaliste scientifique Mac Lesggy, ont quant à eux jugé
que "toutes les sources d'énergie", y compris
le nucléaire, seront nécessaires à l'avenir
"pour faire face aux besoins croissants de la planète",
si bien que "la France doit préserver ses positions
reconnues de leader technologique" dans ce domaine.
Aussi Mme Fontaine a-t-elle demandé des compléments
d'informations sur l'EPR "à Areva, EDF et l'Autorité
de sûreté". Le groupe nucléaire français
Areva est co-concepteur du projet EPR et milite pour son lancement
rapide.
Mme Fontaine veut connaître l'apport de l'EPR en terme de
sûreté (risques sismiques, accidents, déchets),
sa "compétitivité" par rapport aux autres
filières, ainsi que "l'échéance raisonnable"
de lancement des réacteurs de quatrième génération,
dont la recherche commence tout juste, et la façon dont
ils s'articuleraient avec l'EPR.
La ministre a aussi évoqué certaines des mesures
qu'elle entend adopter pour favoriser les énergies renouvelables
et encourager les économies d'énergie : incitations
fiscales en faveur des énergies "vertes", possibilité
de mettre en place des certificats d'économie d'énergie
comme cela existe au Royaume-Uni.
Le ministère va aussi lancer avant la fin de l'année
trois appels d'offres pour construire des éoliennes terrestres
et en mer ainsi que pour la transformation du bois en énergie.
Les énergies renouvelables représentent moins de
1% de la consommation française d'électricité,
le nucléaire 75% et l'hydraulique 14%.
Nicole Fontaine: le projet de loi sur les énergies sera prêt avant fin 2003
18/06/03 - Le projet de loi d'orientation sur les énergies sera arrêté avant la fin de l'année et soumis ensuite au Parlement, a déclaré mercredi la ministre déléguée à l'Industrie, Mme Nicole Fontaine, en conseil des ministres.
Mme Fontaine, qui présentait le bilan du débat national sur les énergies lancé le 8 janvier, a précisé qu'un "avant-projet de loi, en cohérence avec la stratégie de développement durable, sera élaboré fin septembre et soumis à une nouvelle phase de concertation avec les principaux acteurs concernés", selon un communiqué distribué à la presse.
"Le projet de loi d'orientation s'articulera très probablement autour de deux grands axes: la nécessité de maîtriser la consommation d'énergie et de diversifier notre bouquet énergétique", a-t-elle souligné
Elle a par ailleurs annoncé que, sans attendre la définition complète de la nouvelle politique énergétique, le "gouvernement a d'ores et déjà décidé de préparer des appels d'offre en matière d'énergies renouvelables, dans le domaine de l'éolien terrestre et de l'hydraulique".
Une campagne de communication sera lancée en 2004 pour sensibiliser le public sur la maîtrise de la consommation d'énergie.
Le gouvernement disposera de "tous les éléments nécessaires à l'élaboration de la loi" grâce "aux nombreuses contributions au débat sur les énergies, et aux rapports que devront présentés prochainement le comité des sages et la mission parlementaire" qui ont chapeauté ce débat, a souligné la ministre.
Selon le communiqué, le débat a permis "de dégager plusieurs consensus quant à la future politique énergétique". Celle-ci devra s'appuyer sur une "véritable politique de maîtrise et d'efficacité énergétique et concourir à la diminution par quatre des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050".
Le "bouquet énergétique", qu'il s'agisse du type d'énergies ou de leur origine géographique, devra être diversifié, en limitant la part desénergies fossiles, en développant les énergies renouvelables dans la production d'électricité et en encourageant les efforts de recherche, a-t-elle indiqué.
Pour la production d'électricité, qui ne pourra pas être couverte par les énergies renouvelables, il conviendra de choisir entre le renouvellement du parc de centrales nucléaires ou son remplacement par des centrales à gaz, selon le communiqué.
Au-delà des éléments économiques, le gouvernement aura donc à se prononcer, après avoir évalué les inconvénients respectifs des risques liés à l'industrie nucléaire (y compris le stockage des déchets à vie longue) et des émissions de gaz renforçant l'effet de serre, poursuit le texte.
Mme Fontaine a rappelé
que le choix devra être fait dans des délais permettant
de renouveler ou de remplacer le parc nucléaire à
l'horizon 2020 dans les meilleures conditions possibles.
Energie: projet de loi "à
l'automne" selon Nicole Fontaine
PARIS (AP 28/05/03) - La ministre déléguée
à l'Industrie Nicole Fontaine a confirmé mardi qu'elle
présenterait "à l'automne" le projet de
loi sur l'énergie.
Ce texte "tiendra compte de la nécessité de
relancer vigoureusement une politique de maîtrise des énergies",
a-t-elle déclaré lors des questions au gouvernement
à l'Assemblée nationale.
Il tiendra aussi "compte de la gravité du problème
de l'effet de serre" et de la "diversification nécessaire
du bouquet énergétique". "Toutes les énergies
renouvelables devront trouver leur place en complément
de l'énergie nucléaire", a ajouté Mme
Fontaine.
Communiqué "Sortir du nucléaire" du vendredi
23 mai 2003
Clôture du débat national sur
l'énergie: la démocratie bafouée !
La dernière journée en partie
annulée par le gouvernement !
Le Réseau "Sortir du nucléaire" écrit
aux trois "sages"
Le débat national sur lénergie, renommé "débat bidon" par nos soins, s'achève samedi 24 mai dans la plus grande confusion pour le gouvernement. Cette journée, la seule prévue un week-end (*), pouvait enfin permettre aux citoyens de s'exprimer. Devant cette perspective, le gouvernement a tout simplement annulé laprès-midi pour clôturer les débats à 13h !
Ayant prévu de manifester en début daprès-midi, le Réseau "Sortir du nucléaire" (fédération de 650 associations) manifestera le samedi 24 mai à partir de 9h30 devant la Cité des sciences et de l'industrie où est organisée en catimini par le gouvernement la clôture du débat national sur l'énergie, rebaptisé par nos soins le "débat bidon". Il s'agit en fait pour le gouvernement de faire croire que la concertation a pu avoir lieu pour mieux légitimer la décision, prévue avant fin 2003, de la construction du premier réacteur nucléaire EPR (prototype destiné à renouveler le parc de centrales nucléaires).
Par ailleurs, le Réseau "Sortir du nucléaire" écrit au trois "sages", dont le philosophe Edgar Morin, désignés par le gouvernement pour superviser le débat national.. Il s'agit de leur demander de se désolidariser du "débat national sur l'énergie" qui n'est absolument pas démocratique et auquel la population na jamais pu participer.
Contacts Réseau "Sortir du nucléaire"
(seront présents le 24 mai à Paris) :
Stéphane Lhomme : 06.64.10.03.33 - André Larivière
: 06.76.69.54.98
(*) Le gouvernement a exclu la population du
"débat national sur lénergie" : les débats
ont eu lieu en pleine journée de semaine, pendant que la
"France den bas" était au travail :
Ouverture à Paris le 18 mars : un mardi. Débats
en province à Strasbourg le 3 avril : un jeudi. A Nice
le 11 avril : un vendredi. Le 24 avril à Bordeaux : un
jeudi. Les 5 et 6 mai à Rennes : un lundi et un mardi.
Coup d'envoi du débat sur les énergies
18/03/03 - Le gouvernement a donné mardi à Paris le coup d'envoi du débat national sur les énergies, en prônant une politique d'investissements à long terme dans les énergies renouvelables et en assurant que ses décisions concernant l'avenir du nucléaire n'étaient "pas encore prises".
Ce débat, ouvert par une rencontre à la Cité des sciences et de l'industrie de La Villette, est destiné à définir les grandes lignes de la politique énergétique de la France pour les 30 années à venir, qui feront l'objet d'un projet de loi d'orientation soumis au Parlement en fin d'année.
Les deux grandes questions concernent la place à donner au nucléaire, alors que l'Allemagne ou la Belgique ont décidé à terme d'en sortir, et aux énergies renouvelables, pour lesquelles la France fait figure de retardataire en Europe.
"Un investissement long et important a été consenti pour la filière nucléaire. Ne faut-il pas miser de façon analogue sur de nouvelles sources d'énergie?", a déclaré la ministre déléguée à l'Industrie, Nicole Fontaine, en abordant le thème des énergies renouvelables.
Mme Fontaine lisait le texte du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, "empêché" de participer à cette rencontre par l'imminence d'une guerre en Irak.
Pour marquer la volonté gouvernementale de promouvoir les énergies renouvelables, la ministre a annoncé le lancement "cet été" de deux premiers appels d'offres "pour des installations de plus de 12 mégawatts, l'un sur la filière bois-biomasse, l'autre pour de premières réalisations d'éoliennes off-shore (en mer), pour des mises en service d'ici 2007".
La "poursuite des tendances actuelles" de consommation d'énergies fossiles dans l'habitat et les transports risquerait de conduire la France à ne pas respecter ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre découlant du protocole de Kyoto, a aussi averti Mme Fontaine.
Réagissant à ce discours, l'ancien ministre vert de l'Environnement, Yves Cochet, s'est félicité que Mme Fontaine ait souligné la nécessité d'intégrer la préoccupation de l'environnement dans toutes les politiques publiques, de relancer les économies d'énergie et de développer les énergies renouvelables.
"Mais est-ce que cela cache une vraie volonté de donner une impulsion politique à ces trois domaines? Son discours est qualitativement bon, mais elle n'a fait aucune annonce quantitative ou financière", a-t-il déploré.
Hélène Gassin de Greenpeace-France a estimé de son côté que ce "beau discours ne correspond pas" à la politique mise en oeuvre jusqu'à présent.
Au sujet du nucléaire, Mme Fontaine a affirmé que les décisions "ne sont pas prises" et "ne seront pas précipitées", car "le débat ne sera pas esquivé".
"Les avantages et inconvénients de cette filière doivent-ils conduire, ou non, au renouvellement du parc existant? Si oui, partiellement ou totalement? Suivant quelle filière technologique: l'EPR ou un des réacteurs de 4e génération, ou des réacteurs de taille plus réduite et facilement exportables dans des pays à faible réseau électrique?", s'est-elle interrogée, se gardant de répondre à ces questions.
Le Réacteur européen à eau sous pression (EPR), projet franco-allemand développé par Siemens et Framatome, attend un feu vert du gouvernement.
Mme Fontaine "a parlé du nucléaire sur le mode interrogatif, pour être moins violente, mais c'est une question qui a déjà sa réponse et en réalité elle exclut l'option de sortie du nucléaire", a commenté Yves Cochet.
A la mi-journée, une soixantaine de
militants du réseau "Sortir du nucléaire"
ont dénoncé aux abords de la Cité des sciences
"un débat bidon".
LE PARISIEN 17/03/03
Attention, dossier sensible ! Que faire de
nos dix-neuf centrales nucléaires qui arriveront en fin
de vie à l'horizon 2020 ? Les remplacer par de nouveaux
réacteurs high-tech ? Ou bien, compte tenu du problème
des déchets nucléaires dont on ne sait que faire,
ne vaut-il pas mieux revenir à des centrales à charbon
ou au gaz, comme l'ont fait la plupart de nos voisins européens
? Jusqu'au 24 mai, ce sera l'objet du grand « débat
national sur les énergies » qu'ouvrira demain Jean-Pierre
Raffarin, à la Cité des sciences et de l'industrie.
Son objectif ? Sonder l'opinion avant la présentation par
le gouvernement à l'automne d'une loi cadre qui définira
la politique énergétique de la France « pour
les trente prochaines années ».
Nouveau type de réacteur Nicole Fontaine, la ministre de
l'Industrie, promet un débat « ouvert et pluraliste,
sans tabous ». Mais les organisations écologistes,
qui se souviennent du vibrant éloge du nucléaire
fait le 8 mai par Roselyne Bachelot, dès sa nomination
au ministère de l'Environnement (NDLR : « le nucléaire
est l'industrie la moins polluante », avait elle dit), sont,
elles, sur le qui-vive. Elles suspectent le gouvernement de vouloir
en fait préparer les esprits à une relance du programme
nucléaire. Voilà plus de dix ans que Framatome (Areva)
et l'allemand Siemens travaillent en effet à la conception
d'un nouveau type de réacteur : l'EPR (European Pressurized
Reactor), à la fois 30 % moins cher à construire,
plus économique en combustible (l'uranium) et conçu
pour durer soixante ans et non quarante ans comme ses prédécesseurs.
Depuis 1989, plus de 155 millions d'euros ont déjà
été engloutis dans les projets par les deux industriels
qui piaffent de construire en France un prototype vitrine, avant
de pouvoir l'exporter. Pour ne pas heurter les Verts, Lionel Jospin
avait enterré le dossier. Le revoilà donc qui ressort
du placard, et, comme par hasard, en pleine crise irakienne qui
fait craindre une envolée de notre facture pétrolière...
Aline Gérard
Les écologistes se retirent du débat national sur
les énergies
PARIS, 4 mars 03 - La ministre déléguée à l'Industrie Nicole Fontaine a donné mardi le coup d'envoi d'un débat national destiné à orienter les choix énergétiques de la France pour les 30 années à venir. Mais, déçus par le manque de prise en compte des enjeux environnementaux, les représentants de cinq associations écologistes ont déjà claqué la porte du comité d'organisation du débat.
Le débat national sur les énergies, qui sera ouvert par Jean-Pierre Raffarin le 18 mars prochain lors d'un colloque à la Cité des Sciences et de l'Industrie de La Villette, et s'achèvera les 23 et 24 mai à Paris, figurait parmi les promesses de campagne de Jacques Chirac.
L'ambition de ce débat décliné en sept rencontres régionales est de "relever les nouveaux défis" posés par la sécurité d'approvisionnement, l'indépendance nationale et l'intégration des préoccupations environnementales, a expliqué Nicole Fontaine lors de la conférence de presse de lancement. Il s'agit notamment de promouvoir les énergies renouvelables, qui devront représenter en vertu d'une directive européenne 21% de la consommation énergétique en 2010, contre 15% actuellement.
Le gouvernement entend également entendre
le point de vue des citoyens sur "un grand sujet de société"
qui concerne "la vie de tous les jours", a assuré
la ministre déléguée à l'Industrie.
"Il faut que ceux qui ont des choses à dire puissent
le faire", a souligné Mme Fontaine.
Afin de veiller au pluralisme des débats, le gouvernement
a mis en place deux structures. Un comité consultatif d'une
soixantaine de membres (parlementaires, experts, associations,
représentants des opérateurs et des administrations)
a été chargé d'élaborer le programme
et de veiller à la diversité des intervenants.
Un comité des sages composé de trois personnalités réputées pour leur "indépendance d'esprit" -le sociologue Edgar Morin, Pierre Castillon, ancien directeur de la Recherche d'Elf Aquitaine, et le journaliste Marc Lesggy, présentateur de l'émission "EM6"- rédigera le rapport final. Un parlementaire en mission, Jean Besson, député UMP du Rhône, animera par ailleurs six rencontres interrégionales avec les élus locaux.
L'ensemble de ce travail servira à préparer à projet de loi d'orientation de la politique énergétique qui pourrait être présenté à "la fin de l'année", a précisé Nicole Fontaine. "Les choses ne sont pas arrêtées. Ce débat sera pour le gouvernement un éclairage important dans les choix qui seront pris", a assuré la ministre de l'Industrie.
Tel n'est pas le sentiment des cinq associations de défense de l'environnement (France Nature Environnement, Agir pour l'environnement, WWF, Greenpeace et le Réseau Sortir du Nucléaire) représentées au comité consultatif. Marina Faetanini de WWF France a informé en pleine conférence de presse Nicole Fontaine de la décision des cinq associations de quitter le comité.
Dans un communiqué, les cinq associations accusent le gouvernement de "s'enfoncer toujours plus obstinément dans l'isolement et le mépris des questions justes et légitimes posées par les citoyens de ce pays". Les écologistes dénoncent en particulier le manque de "traitement équilibré" de la question nucléaire dans le débat. Ils estiment que la liste des intervenants fait la part trop belle aux partisans du nucléaire.
Les cinq associations ont donc décidé d'organiser leurs propres colloques, intitulés "énergies, le vrai débat". Elles iront cependant porter la contradiction dans les colloques organisés par le gouvernement.
Ministère de l'Industrie 04/03
Madame Nicole Fontaine, Ministre
déléguée à l'industrie, a présenté
ce matin de manière détaillée le dispositif
du Débat national sur les énergies.
Ce Débat, initié par Mme Fontaine et qui a associé
de nombreux ministères, permettra d'informer les Français
sur les grands enjeux liés aux questions énergétiques
et surtout de les associer aux choix stratégiques qu'elles
impliquent pour notre pays dans les trente ans à venir.
Cette grande consultation nationale
sur les énergies, qui s'inscrit dans une démarche
innovante de démocratie participative, s'articule autour
de grands axes d'information et de dialogue, à travers
toute la France, afin d'encourager la participation du plus grand
nombre :
· Sept rencontres en régions ponctueront le Débat
et réuniront décideurs économiques et politiques,
experts, représentants d'associations ainsi que tous les
citoyens qui le souhaitent :
- Paris 18 mars " Quels nouveaux défis pour la politique
énergétique ? ",
- Strasbourg 3 avril " Energie et vie quotidienne, comment
consommer mieux ?
- Nice 11 avril " Energie, entreprises et transports : comment
concilier compétitivité et responsabilité
? ",
- Bordeaux 24 avril " Charbon, gaz, pétrole, atouts
et faiblesses : jusqu'à quand ?",
- Rennes 5 mai " Énergies renouvelables, alternative
ou complément ?",
- Rennes 6 mai "Nucléaire, énergie d'avenir
ou fausse solution ? ",
- Paris 23, 24 mai " Vers une politique énergétique
durable "
Chacun peut s'inscrire par
téléphone au 01 48 11 06 56 ou par le biais du site
Internet.
Le Comité des Sages, le Comité Consultatif et le
Parlementaire en mission, qui ont été associés
aux réflexions et ont travaillé à l'organisation
du Débat dès son lancement en janvier dernier, veillent
au respect du pluralisme et à l'équilibre des rencontres.
· Le site Internet,
http://www.debat-energie.gouv.fr, est conçu de façon
à être très complet, pédagogique et
interactif. Il présente les enjeux du Débat et permettra
aux internautes de s'exprimer librement à travers des "
chats " (dialogues en direct) et des forums de discussions.
· Des rencontres inter-régionales chargées
d'accompagner et de relayer le Débat auprès de l'ensemble
des élus seront organisées par Jean Besson, député
du Rhône et parlementaire en mission.
· Des " Initiatives Partenaires " encouragées
par le Gouvernement donneront une ampleur supplémentaire
au Débat national sur les énergies. Des colloques,
expositions, conférences pourront être organisés
et bénéficieront du label " Initiatives Partenaires
" dès lors qu'ils respecteront la Charte de partenariat.
· Des actions spécifiques du ministère de
la Jeunesse, de l'Éducation Nationale et de la Recherche,
souhaitées par Mme Nicole Fontaine, associeront les jeunes
à participer ce Débat. Ils doivent en effet être
informés des enjeux énergétiques qui engagent
particulièrement leur avenir.
· Une brochure de 16 pages, largement diffusée,
présentera les thèmes essentiels du Débat.
Des actions d'information à travers différents supports
viendront compléter le dispositif, dans les semaines suivantes.
Contacts presse :
Cabinet de Nicole FONTAINE
- Juliette LAFONT, Conseiller communication - Tél : 01
53 18 44 85
DIRCOM - Martine MONTIN, attachée de presse - tel : 01
53 18 89 70
PARIS, 26 fév 03 - Les Verts ont annoncé mercredi qu'ils allaient organiser une trentaine de débats sur l'énergie, parallèlement au débat officiel et à un troisième débat déjà lancé par des associations écologistes.
Les débats des Verts seront "contradictoires pour que les citoyens puissent entendre tous les arguments, ce qui ne semble pas être le cas du débat officiel", ont indiqué les responsables du parti.
Ils sont en cours de montage, notamment à Montélimar (Drôme), Mende (Lozère), Strasbourg, Palaiseau (Essonne), en Vendée et en Bretagne. Le débat officiel sur l'énergie sera lancé le 18 mars à Paris par la ministre déléguée à l'Industrie, Nicole Fontaine. Il doit s'achever les 23 et 24 mai à Paris et doit déboucher sur un projet de loi d'orientation sur l'énergie à l'automne.
Dans une lettre adressée le 13 février à Mme Fontaine, les Verts manifestent leur "entière disponibilité" pour participer aux sept tables-rondes du débat officiel.
Une politique de rechange au tout nucléaire "doit avoir sa place dans le débat officiel", relève Maryse Arditi de la Commission énergie des Verts. Pour le gouvernement, dit-elle, "les économies d'énergie c'est important mais elles n'empêcheront pas la croissance de la demande, les renouvelables comme l'éolien, c'est intéressant mais marginal, et la vraie problématique ce sont les énergies fossiles et le nucléaire".
Pour les Verts, souligne-t-elle, économies d'énergie, renouvelables et fossiles-nucléaire doivent contribuer à terme pour un tiers au bilan énergétique national. Par ailleurs, une sortie progressive du nucléaire sur 25 ans doit être discutée.
Le débat des associations écologistes
comprend six tables-rondes. Il a débuté mardi à
Paris et s'achèvera le 14 juin. Il est organisé
par sept associations qui reprochent toutes au débat officiel
d'être "déséquilibré" et
de ne pas prendre suffisamment en compte le volet environnemental,
notamment l'effet de serre et les risques du nucléaire,
déchets et prolifération notamment.
Le débat national sur les énergies
"truqué", selon les écologistes
PARIS, 6 fév 03 - Les écologistes ont qualifié jeudi de
"truqué" le débat national sur les énergies,
prévu de la mi-mars à fin mai, affirmant que les
jeux étaient déjà faits en faveur du nucléaire.
"Le message est clair: l'option nucléaire ne sera
pas remise en question, le débat portera essentiellement
sur la production de l'électricité et les énergies
renouvelables serviront avant tout de faire-valoir", déclare
un communiqué signé de sept associations (Agir pour
l'Environnement, Amis de la Terre-France, France nature environnement
(FNE), Greenpeace-France, Réseau Action Climat-France,
Sortir du Nucléaire et WWF-France). [suite]
Libération 09/01/03
Le gouvernement a lancé hier un grand débat public sur les choix énergétiques.
Un grand débat national sur les questions énergétiques. Parler de centrales nucléaires, de biomasse ou d'éolien pendant plusieurs semaines, un peu partout en France : voilà le grand dessein de Nicole Fontaine, ministre déléguée à l'Industrie. Hier, cette dernière a présenté, le mode d'emploi de sa grand-messe médiatique. Et tant pis si le débat risque de ne pas changer grand-chose à la volonté du gouvernement de relancer le programme nucléaire français. Mais, hier, Nicole Fontaine a tout de même tenu à soigner la forme : un site web a été spécialement créé pour l'occasion, et six forums thématiques seront organisés à travers la France, deux à Paris à la mi-mars et à la fin mai, et quatre en régions (Strasbourg, Rennes, Bordeaux et Nice). Le tout cornaqué par un comité des sages pour veiller au pluralisme (composé du sociologue Edgar Morin, du scientifique Pierre Castillon et du journaliste de M6, Marc Lesggy), un comité exécutif et enfin un député (Jean Besson, UMP), dépêché pour jouer la courroie de transmission auprès des élus. Cette campagne est censée influencer un projet de loi, prévu à l'automne, sur les grandes orientations de la politique énergétique française pour les trente ans à venir.
Déminer. «C'est une grande première, c'est un pari», a reconnu Nicole Fontaine. En tout cas, un exercice casse-gueule. Trop d'intervenants, c'est prendre le risque d'aboutir nulle part. Mais réserver la tribune aux seuls experts de la nucléocratie, c'est réveiller immédiatement les associations antinucléaires. Dès dimanche, le collectif Sortir du nucléaire avait d'ailleurs pris les devants en exigeant «un même temps d'expression pour le gouvernement, les entreprises comme EDF et Areva, et les opposants» à l'atome. Le gouvernement n'est pas dans cet état d'esprit. «L'un des objectifs de ces débats, c'est aussi de faire de la pédagogie. De déminer des sujets polémiques comme le nucléaire», expliquait il y a quelques semaines une source gouvernementale. En clair et dit de manière plus directe : préparer les esprits à une relance du programme nucléaire français.
Car cela ne fait plus guère de doute : le gouvernement est maintenant bien décidé à donner son accord à la construction du fameux EPR (voir: le second programme nucléaire, avec l'EPR à Penly et les élus qui se réjouissent, c'est 100 pour 100 attrape couillons), ce réacteur du futur développé par le français Areva (holding qui contrôle le fabricant de centrales Framatome). «On devrait y aller», confiait une source gouvernementale, il y a quelques semaines.
EDF en campagne. Bien sûr, hier, Nicole Fontaine n'a pas vendu la mèche. «Aucune décision d'aucune sorte n'a été prise», a-t-elle déclaré. Néanmoins, les rencontres parlementaires de l'énergie, qui ont eu lieu le 18 décembre dernier, et qui réunissaient de nombreux professionnels du secteur à l'initiative de François-Michel Gonnot, député UMP, n'ont fait que confirmer que le sujet EPR était, désormais, une affaire quasiment réglée. A écouter les participants à cette journée-débat, il ne faisait aucun doute que la France serait amenée à construire de nouvelles centrales nucléaires. De Roselyne Bachelot, la ministre de l'Ecologie, expliquant que le grand débat sur l'énergie «devra asseoir et crédibiliser les choix énergétiques, dont celui du recours au nucléaire», à Jacques Bouchard, le directeur de l'énergie nucléaire au Commissariat à l'énergie atomique, assurant que «le renouvellement du parc nucléaire, à l'horizon 2015, se fera avec une nouvelle génération de réacteurs».
Toute l'industrie nucléaire française est depuis plusieurs semaines sur le pied de guerre. Longtemps mutique sur le sujet, EDF a repris sa campagne de sensibilisation. En octobre dernier, à Lille, dans un colloque réservé aux professionnels, Xavier Lescoeur, le patron du pôle nucléaire d'EDF, déclarait : «Il est nécessaire de lancer la construction d'un démonstrateur EPR en France pour garder intactes la compétence, la technologie et la motivation, essentielles pour maintenir l'option nucléaire ouverte.» Une première. Car, jusqu'à présent, la direction générale d'EDF refusait de s'aventurer en public sur un dossier aussi polémique. Manifestement, elle se sent aujourd'hui parfaitement en confiance (lire ci-dessous).
Areva impatient. De leur côté, les équipes d'Areva font le siège de Bercy depuis des mois. «C'est épuisant», dit-on dans l'entourage de Nicole Fontaine. C'est que le groupe, présidé par Anne Lauvergon, aurait rêvé que le gouvernement fasse un signe en faveur de l'EPR avant même le début du débat public. Pour une raison simple : le leader mondial du nucléaire civil voudrait en vendre un à la Finlande, qui a lancé un appel d'offres en octobre. Ce serait évidemment plus facile si la France affichait clairement son intention de l'adopter sur son territoire. Le cabinet de Nicole Fontaine a tenu bon. «On n'allait quand même pas donner un accord avant le début du débat», dit-on à Bercy. Cela aurait fait effectivement très mauvais genre. Areva devra patienter encore quelques semaines....
Par Grégoire BISEAU et Nicolas CORI
Des atomes très crochus
A Matignon comme au sein de l'UMP, le lobby des pronucléaires est chez lui.
Cela faisait bien longtemps que le lobby des pronucléaires n'avait pas eu d'aussi bons contacts avec un gouvernement. En tout cas, avec celui de Raffarin, il se sent chez lui. D'abord, rarement le corps des Mines, grand vivier des défenseurs de l'atome, n'avait eu autant de représentants à Bercy. Outre le conseiller en charge des questions d'énergie (un grand classique), le corps peut compter sur la fidélité de François Loos (ministre délégué au Commerce), mais surtout de Francis Mer, X-Mines et ancien administrateur d'EDF. Ce dernier a même nommé comme conseiller aux affaires parlementaires Pierre Tréfouret, ancien du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), le temple des nucléocrates. Difficile de trouver une courroie de transmission plus efficace.
Le plus troublant, c'est qu'il n'existe quasiment plus de contre-pouvoir à ce vieux lobby français au sein du gouvernement et de sa majorité. Ni au ministère de l'Environnement : Roselyne Bachelot étant devenue l'une des meilleures avocates du nucléaire. Ni même au sein des députés UMP sensibilisés aux problèmes d'écologie et d'environnement. Même au sein d'Ecologie Bleue, la composante environnement de l'UMP, on tombe nez à nez avec des vrais nucléocrates. Par exemple, Françoise Dutheil, membre du Parti radical et spécialiste des questions de nucléaire au sein d'Ecologie Bleue, est carrément une ancienne ingénieure du CEA. Une vraie zélote de l'atome qui n'hésite pas à écrire une note intitulée : «Pourquoi le retraitement du combustible nucléaire est-il indispensable ?» (octobre 2002).
Depuis plusieurs semaines, Ecologie Bleue, animée par Patrice Hernu, membre de l'UMP, multiplie les consultations avec les principaux représentants de la filière nucléaire française pour alimenter le futur débat parlementaire. Et reprend à son compte l'argument environnemental brandi par l'ensemble de l'industrie : l'atome serait la seule source d'énergie réellement compétitive qui préserve la couche d'ozone. Ainsi, elle serait écologique.
Par Grégoire BISEAU
Débat sur les énergies : Mme Fontaine installe un comité des sages
08/01/03 - La ministre déléguée à l'Industrie Nicole Fontaine a indiqué mercredi en Conseil des ministres que le gouvernement s'appuierait sur "un comité des sages" pour mener le débat national sur les énergies.
Ce comité, chargé d'assurer "une démarche pluraliste", sera composé du sociologue Edgar Morin, de Pierre Castillon, fondateur et ancien président de l'Académie des technologies, et du journaliste scientifique Marc Lesggy, selon le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé.
"L'objectif de ce débat est de s'interroger sur l'évolution de la demande d'énergie et d'associer les Français à la préparation de la politique" énergétique pour les trente prochaines années, a dit M. Copé, en soulignant que ce sujet avait été "trop réservé, jusqu'à présent, à des cercles fermés".
Le débat, qui se tiendra au premier semestre 2003, alimentera le projet de loi d'orientation sur les énergies que le gouvernement déposera au Parlement au deuxième semestre.
Débat sur l'énergie: "le gouvernement frappe avant de discuter" (Greenpeace)
PARIS, 7 jan 03 - L'association écologiste Greenpeace a condamné mardi la décision du gouvernement d'autoriser une modification des activités de l'usine de la Cogema à La Hague (Manche), alors même que le grand débat sur l'énergie n'est pas amorcé.
Trois décrets et un arrêtés, parus mardi au Journal officiel, autorisent la Compagnie générale des matières nucléaires à étendre ses capacités de recyclage et le retraitement de nouveaux types de combustibles.
"Une telle décision, à quelques heures de l'annonce par la ministre déléguée à l'Industrie Nicole Fontaine du débat sur l'énergie, est un signe qui ne trompe pas", a déclaré dans un communiqué Frédéric Marillier, chargé de la campagne nucléaire à Greenpeace France. "Aujourd'hui, le gouvernement Raffarin a choisi de vider le débat de tout son sens", a-t-il ajouté.
Selon le mouvement écologiste, la décision annoncée par les ministères de l'Ecologie et de l'Industrie, loin d'avoir un caractère uniquement technique, "engage en réalité la France plus avant dans l'option du retraitement en élargissant la gamme des matières radioactives autorisées". A la veille de l'annonce du débat sur l'énergie, Greenpeace "se scandalise de ce choix qui conditionne l'aval de la filière nucléaire pour les prochaines années", dénonçant un gouvernement qui "frappe avant de discuter".
Le calendrier et le dispositif du débat national sur les énergies doivent être annoncés mercredi par la ministre déléguée à l'Industrie Nicole Fontaine.
Energies : le débat écarte toute remise en cause du nucléaire (écologistes)
07/01/03 - Le débat national sur les énergies, qui doit être lancé officiellement mercredi par le gouvernement, écarte de fait toute remise en cause du nucléaire, a estimé mardi le réseau Sortir du nucléaire.
"Comment donner du crédit à un débat qui écarte par avance toute discussion sur la sortie du nucléaire et qui trie par avance les interlocuteurs", s'interroge dans un communiqué le réseau, qui fédère quelque 650 associations écologistes et anti-nucléaires.
Il affirme que le gouvernement a déjà choisi "sur des critères mystérieux" des interlocuteurs officiels.
Le réseau rappelle que Jean-Pierre Raffarin avait indiqué dans sa déclaration de politique générale le 3 juillet que le débat serait suivi d'un projet de loi d'orientation "qui consacrera (...) une place reconnue pour le nucléaire".
Le réseau écologiste et anti-nucléaire "exige (...) le même temps d'expression pour les opposants que pour le gouvernement et les entreprises comme EDF ou Areva, et ce sur tous les médias".
Il annonce toutefois qu'il participera à ce qu'il qualifie de "pseudo-débats" organisés par le gouvernement dans les régions.
Le calendrier et le dispositif du débat
national sur les énergies doivent être annoncés
mercredi par la ministre de l'Industrie Nicole Fontaine.
L'UE ne peut se permettre de renoncer au nucléaire (commissaire
européenne)
MADRID, 5 janv 03 - "L'Union européenne (UE) ne peut se permettre le luxe (...) de renoncer à l'énergie nucléaire", affirme la commissaire européenne chargée des Transports et de l'Energie, Loyola de Palacio ("L'objectif global poursuivi par la commissaire à l'énergie, Loyola de Palacio, est de tout faire pour rendre possible la relance du nucléaire en Europe."), dans un entretien publié dimanche par le quotidien espagnol El Mundo.
"Il faut augmenter la sécurité dans les centrales nucléaires et homogénéiser les normes européennes. J'ai déjà fait des propositions dans ce sens", ajoute-t-elle, en précisant que cela sera discuté, pour la première fois, lors du Conseil des ministres de l'Energie de mai prochain.
Selon la commissaire, la relance du nucléaire est justifiée par l'engagement de réduire les émissions de gaz dans l'atmosphère et la dépendance énergétique de l'UE envers des pays tiers, débat réouvert avec la menace de guerre contre l'Irak, deuxième réserve de pétrole au monde.
A propos de la crise du pétrolier libérien Prestige, responsable d'une marée noire en Galice qui a également commencé à toucher la France, Mme de Palacio affirme avoir dénoncé l'Irlande et la France devant le Tribunal de Luxembourg pour ne pas appliquer aux navires des contrôles de sécurité suffisants.